jeune fille enceinte touchee par la crise de la covid19
juillet 07, 2021

Les filles durement touchées par la COVID-19

Alors que la COVID-19 a entraîné la fermeture d’écoles dans 194 pays, affectant près de 90% des apprenants, les filles sont les plus durement touchées par les conséquences de la crise. Plus de 5 millions d’entre elles risquent de ne pas retrouver les bancs de l’école. Victimes de discriminations et de violences genrées, elles voient leurs droits d’autant plus bafoués par la pandémie dans laquelle le monde est plongé.

La déscolarisation des filles : une conséquence du mariage précoce

Bien plus qu’un lieu d’apprentissage, l’école est pour bon nombre d’enfants et particulièrement les filles, un lieu dans lequel elles se sentent protégées de toutes formes d’abus. Or sa fermeture a exposé garçons et filles aux violences domestiques et genrées. Les filles déjà fortement ciblées par les inégalités, ont vu leurs conditions de vie se dégrader : précarité, abus, exploitations, violences et mariages précoces.

Alors que 258 millions d’enfants sont déscolarisés dans le monde, les filles demeurent les plus exclus des systèmes scolaires. La pandémie COVID-19 ne vient que renforcer cette tendance. Plongées dans une extrême précarité, les familles vivant au sein des contextes fragiles considèrent bien souvent le mariage précoce comme unique issue vers une vie meilleure pour leurs filles. Bien loin de se douter qu’il ne fera que les plonger davantage dans le cercle vicieux de la pauvreté.

En effet, les grossesses précoces qui s’en suivent les éloignent davantage des bancs de l’école. Dans certains pays d’Afrique subsaharienne, la loi interdit aux filles enceintes et aux jeunes mères d’être présentes en classe. Dans son rapport COVID-19 Aftershocks : access denied, le Partenariat international World Vision estime que ce sont au moins 1 million d’entre elles qui risquent de se retrouver privées d’éducation en raison de grossesses précoces survenues pendant la pandémie COVID-19. En Afrique de l’Ouest et Central, 10 à 30% des abandons scolaires chez les filles sont liés aux mariages et aux grossesses précoces. Lors des mesures de confinement, les services essentiels ont été stoppés ou submergés, ne garantissant pas ainsi un accès universel aux méthodes contraceptives ou à la protection des filles contre les violences sexuelles.

Une violence exacerbée envers les filles

Les contextes de crise ne font que renforcer la violation des droits des filles. Dans les contextes fragiles en proie aux conflits, le viol est bien souvent utilisé comme arme de guerre. Mais les violences faites aux filles ne se concentrent pas uniquement dans ces contextes, et les violences sexuelles ont été exacerbées lors des mesures de confinement. L’impunité ressentie par certains en raison de la quasi-absence des instances de protection n’a fait que démultiplier les cas d’abus.

On estime que la pandémie COVID-19 a engendré au moins 31 millions de cas supplémentaires de violences genrées. La hausse des abus et des formes d’’exploitation des filles a été provoquée par l’extrême précarité dans laquelle s’est retrouvée un grand nombre de la population. Toutes ces situations dramatiques et traumatisantes pour les jeunes filles engendrent bien souvent des grossesses précoces et non désirées.

La stigmatisation des filles dans le monde peut être exacerbée au sein des cultures conservatrices, faisant naître un sentiment de honte chez celles qui en réalité ne sont que victimes et ont vu leurs droits bafoués. Les parents et la famille des filles tombées enceintes trop jeunes dissuadent souvent leur enfant de retourner à l’école par crainte de la stigmatisation de la part des autres élèves et des professeurs et pour protéger ainsi leur réputation.

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