Crise humanitaire au Yémen : nous intervenons

Petit pays de la péninsule d’Arabie, le Yémen est en guerre civile depuis presque cinq ans. En 2019, plus de 3 millions de personnes souffraient déjà de malnutrition et plus de 380 000 cas de choléra ont été signalés. La population, déjà précaire avant le conflit, fait face à la destruction de ses infrastructures, au manque de nourriture et surtout à l’insécurité constante.  Via le partenariat World Vision, et en s’appuyant sur des structures locales, Vision du Monde entend s’engager pour enrailler cette situation, reconnue comme étant la plus grande crise humanitaire au monde.

 

Que se passe-t-il au Yémen depuis cinq ans ? 

Né en 1990, le Yémen fait partie des pays les plus pauvres du globe. Ce tout jeune pays, bordé par l’Arabie Saoudite, Oman et le golfe d’Aden, est politiquement et économiquement instable depuis sa création. Sa place stratégique sur le plan géopolitique, entraîne le pays dans une situation complexe. Il serait facile de résumer le conflit yéménite à une simple guerre de clans. Mais la situation est bien plus compliquée que quelques désaccords territoriaux. 

Partagé entre le clan chiite des houthistes (du nom de leurs chefs) et la majorité politique sunnite, le Yémen se déchire depuis toujours. En 2011, après de nombreuses manifestations étudiantes, la colère des houthistes et l’intervention des États-Unis, le Président au pouvoir Ali Abdallah Saleh cède finalement sa place à Abd Rabbo Mansour Hadi. Cet accord de transition entend calmer les tensions et lancer un nouveau départ pour le pays. 

Dans la foulée, une Constitution prévoit une nouvelle répartition du pays en six provinces, mais ne fait pas l’unanimité. Notamment refusée par les chiites houthistes, les tensions reprennent et la guerre civile éclate début 2015 entre le nouveau gouvernement Yéménite et les houthistes, soutenus par leur ancien ennemi : l’ex-Président Ali Abdallah Saleh.  

Abd Rabbo Mansour Hadi, fuit le pays en mars 2015 et se réfugie chez son allié le plus proche : l’Arabie Saoudite. Soutenue par toute une coalition de pays arabes, les États-Unis et la plupart des pays européens, la grande puissance pétrolière entend défendre le Président Abd Rabbo Mansour Hadi et son gouvernement en envoyant des frappes aériennes sur les positions rebelles des houthistes. Mais les cibles visées ne sont pas uniquement militaires. La communauté internationale accuse l’Arabie Saoudite de viser aussi les civiles lors des bombardements. 

Face à cette violence, certains acteurs comme l’ONU tentent de calmer la situation grâce aux cessez-le-feu. Cependant, la situation géopolitique de la région arabique ne facilite pas les choses. En pleines querelles internationales, l’Arabie Saoudite soupçonne l’Iran de soutenir militairement les Houthis. Mais la région est aussi connue pour héberger des combattants radicaux d’Al-Qaeda et de Daech sur son territoire. Ce micmac géopolitique envenime le conflit et empêche toute tentative de paix. D’un conflit clanique, la guerre civile est devenue une crise majeure de la scène politique régionale et internationale. 

 

Quelle situation pour la population Yéménite ?

La guerre civile au Yémen est devenue la pire catastrophe humanitaire au monde. Non seulement les Yéménites doivent se protéger des frappes aériennes et combats au sol, mais les habitants doivent également faire face aux blocus terrestres et maritimes qu’impose la coalition. Les routes se ferment les unes après les autres piégeant la population et faisant augmenter le prix de l’essence et le coût de la vie en général. Les activités économiques tournent au ralenti, la nourriture vient à manquer et les familles doivent se rationner. 

Aujourd’hui, l’ONU estime que 24 millions de personnes ont besoin d’aide internationale, soit 80 % de la population yéménite. Les bombardements affectant le Yémen détruisent les infrastructures privant les habitants de soins de santé mais aussi d’eau potable. Depuis le début de la crise, la moitié des structures de santé ont été endommagées ou fermées. La famine (plus haut stade d’insécurité alimentaire) touche désormais 63 500 personnes. Sans aide humanitaire ce chiffre attendrait les 238 000 personnes. 

Parmi toutes ces victimes, 11 millions d’enfants attendent une aide d’urgence. Près de 3 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë, provoquant la mort d'un enfant toutes les dix minutes. Des décès qui pourraient bien sûr être évités. 

En plus d'une insécurité alimentaire alarmante, le pays doit gérer une épidémie de choléra qui se propage depuis 2016. La malnutrition et le manque d'hôpitaux empêchent les Yéménites d'avoir les moyens nécessaires pour vaincre les maladies. D'autres épidémies comme la rougeole ou la diphtérie ne cessent de gagner du terrain. 

Selon le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour le Yémen, le pays « pourrait être confronté à la pire famine en 100 ans ».
 

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Quelle aide apporte Vision du Monde au Yémen ?

Vision du Monde, grâce au partenariat World Vision, entend se développer pas à pas au côté de la population. En réponse à la détérioration de la situation humanitaire, l’ONG internationale a notamment mené une évaluation complète des besoins, des capacités, des risques et des partenaires potentiels sur place afin de répondre par une intervention d'urgence adaptée à la situation. 

Le 1er novembre 2019, le premier projet d’assistance humanitaire a été lancé auprès des enfants vulnérables au Yémen. En partenariat avec l’ONG ADRA, les équipes de World Vision travaillent à la réhabilitation de 26 points d'eau qui bénéficieront à 17 500 personnes dans le sud du pays. S’appuyer sur les structures locales présentes depuis longtemps dans le pays permet d’acquérir une connaissance fine du contexte pour venir en aide aux populations de manière adaptée.

Au total, un budget de 2 millions d’euros est nécessaire pour soutenir l’aide apportée par les équipes locales de Vision du Monde et les structures partenaires. Vision du Monde privilégie notamment l’aide en faveur d’un meilleur accès à l’eau potable, l'assainissement et l'hygiène (projet WASH) afin de répondre aux besoins prioritaires de la population. Avec près de 400 000 cas de choléra en 2019, il est essentiel de reconstruire un système de santé adapté à la crise mais aussi de renforcer l’aide à l’alimentation et l'éducation afin que le Yémen ait les ressources nécessaires pour se relever. 

Vous pouvez, vous aussi, agir pour la crise humanitaire que vivent les populations au Yémen.