Les droits des filles menacés par les changements climatiques en Afrique australe

En 2019, un rapport du GIEC, Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, affirmait que les températures augmentaient deux fois plus vite en Afrique australe qu’ailleurs dans le monde. 

Épisodes de sécheresse, cyclones et pluies torrentielles n’ont en effet pas épargné l’Afrique australe ces dernières années. Mais alors que cette région du monde est déjà très fragile, les conséquences du changement climatique sont désastreuses pour l’ensemble de la population, et notamment les enfants, beaucoup plus vulnérables aux effets de la pauvreté provoquée par ces événements climatiques extrêmes. 

En Afrique australe, les effets du changement climatique s’intensifient

L’Afrique est de loin le continent le plus affecté par le changement climatique et la pointe sud du continent n’est pas épargnée. L’Afrique australe a connu en 2019, l’un de ces plus importants épisodes de sécheresse perturbant l’ensemble des récoltes.

Depuis quelques années, des pays comme l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Zambie ou encore le Mozambique souffrent régulièrement de ces épisodes de sécheresse mais aussi de pluies torrentielles et cyclones plus intenses que jamais, emportant tout sur leur passage et laissant derrière eux de nombreux sinistrés et faisant d’importants dégâts. 

Le cyclone tropical Idai, en 2019, a notamment marqué l’ensemble de la population de l’Afrique australe, faisant près de 1 200 victimes et des centaines de milliers de déplacés. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des cyclones tropicaux les plus violents et destructeurs qui ait été enregistré dans l’hémisphère sud.

Depuis peu, l’Afrique australe connaît également des invasions de criquets migrateurs envahissant la majorité des surfaces agricoles. En été, des millions de criquets ravagent ainsi les champs de culture et pâturages et dévorent toutes les pousses vertes, empêchant les agriculteurs de récolter le fruit de leur travail et d’assurer un moyen de subsistance pour leurs familles. 

Dérèglements climatiques : des événements qui fragilisent les familles

Les effets du changement climatique observés en Afrique australe ont de graves répercussions sur l’ensemble de la population. Alors qu’une majorité d’habitants vit essentiellement de l’agriculture, il est de plus en plus compliqué de sauver les récoltes et d’en tirer un revenu. 

Des milliers de familles sont au bord de la famine et certaines subissent encore les dégâts causés par les inondations et le cyclone Idai. Selon l’ONU, les phénomènes climatiques extrêmes couplés aux difficultés économiques menacent 45 millions de personnes de famine en Afrique australe. Actuellement, plus de 8 millions d’habitants sont en situation d’insécurité alimentaire au Zimbabwe.   

En plus des événements climatiques extrêmes de ces dernières années, la hausse des températures et les sécheresses baissent significativement la production céréalière. Certaines céréales comme le riz ou le maïs ne supportent pas les grosses chaleurs et ne seront bientôt plus adaptées au climat, privant de nombreuses familles d’une partie de leurs ressources.

Sans récoltes, les familles ne peuvent se nourrir, ni profiter des revenus issus de la vente de leurs produits pour subvenir à leurs besoins. Ils rencontrent alors d’importantes difficultés pour financer la scolarité de leurs enfants. Sans actions concrètes pour mettre un terme à ce cercle vicieux, des millions de personnes risquent d’être plongées dans un état d’extrême pauvreté. 

Les effets du changement climatique impactent les droits des filles

Les changements climatiques ont un impact néfaste sur la protection de l'enfance, et particulièrement celle des filles. Lorsque les familles perdent leurs récoltes et leurs revenus, les filles sont souvent les premières à quitter les bancs de l’école afin de trouver un travail et aider la famille financièrement. Éloignées du système scolaire, elles sont davantage exposées aux violences physiques et psychologiques et voit leurs conditions de vie se dégrader. De nombreuses jeunes filles sont ainsi sacrifiées, sans espoir de pouvoir un jour décider pleinement de leur avenir. 

Cavo, jeune Angolaise de 15 ans, travaille au marché et lave des vêtements pour aider sa mère et sa grand-mère handicapées. La jeune fille ne gagne pas suffisamment d’argent via ces deux activités et doit également se prostituer pour vivre :

"Je suis gênée de faire ce travail, mais il n'y a pas d'autre moyen de survivre à la sécheresse et à la famine. S’il n’y avait pas de sécheresse, je ne ferais pas ça. Je ferais un autre travail, comme les autres filles, ou bien j’étudierais comme les autres enfants. Mais je continue pour aider ma mère et ma grand-mère. Sans moi, elles ne mangeraient pas."

Cavo, 15 ans, Angola

En situation de crises climatiques extrêmes, la faim provoquée par la perte des récoltes expose de nombreuses jeunes filles aux violences physiques, risques d’exploitation et à la violation de leurs droits. Le nombre de mariages d’enfants, et plus particulièrement de filles avec des hommes plus âgés, augmente lorsque les familles n’ont plus de revenus et peinent à subvenir à leurs besoins. Marier une fille permet dans certains cas de toucher la dot mais aussi de réduire le nombre d’enfants à nourrir au sein du foyer. 

Les changements climatiques pénalisent les filles au quotidien. Alors que la corvée d’eau est principalement imputée aux femmes dans les pays en développement, les puits à proximité des villages sont parfois pollués par la montée des eaux, par les tempêtes, ou bien vidés par les sécheresses. 

Les filles doivent alors parcourir de très longues distances pour rejoindre les sources d’eau disponibles, les exposant toujours plus aux risques de violences et d’abus sur le chemin. Cette tâche, réalisée au petit matin, empêche de nombreuses jeunes filles de se rendre à l’école. 

Protéger les filles, et les enfants de manière générale, doit être une priorité lorsque des catastrophes environnementales se produisent. Vision du Monde, association de protection des enfants, agit aux côtés des populations les plus vulnérables pour réduire l’impact des changements climatiques sur les enfants et les soutenir face aux catastrophes naturelles de plus en plus intenses. 

Parrainer une fille pour les protéger des conséquences du réchauffement climatique.

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