Former les parents à l'éducation bienveillante en Asie

Chaque année, 1 milliard d’enfants âgés de 2 à 17 ans subissent une forme de violence. Exploitation, coups physiques, agressions sexuelles, travail forcé, mutilations génitales féminines ou négligences de la part des parents ou de proches, les violences quotidiennes ont un réel impact sur le développement des enfants, leur santé et leur avenir.

Quand les enfants en sont victimes au sein même de leur foyer, il est plus difficile de les détecter et donc de les protéger. Il est alors essentiel de prévenir ces cas de maltraitance en sensibilisant les parents aux droits de l’enfant pour que ces violences ne soient plus tolérées.

Quelles sont les violences domestiques rencontrées par les enfants ?

Selon l’ONU, environ 300 millions des enfants âgés de 2 à 4 ans à travers le monde sont victimes d'agressions psychologiques et physiques au sein même de leur foyer. La maltraitance domestique se manifeste par des punitions violentes, mais aussi des abus sexuels, des mariages forcés, des mutilations génitales féminines, des violences psychologiques, ou encore la négligence des nourrissons, des enfants et des adolescents par les parents ou toute autre personne ayant autorité sur les enfants au domicile ou à l’école.

D’après le dernier rapport de l’Unicef sur les violences domestiques, près de six enfants sur dix âgés de 12 mois, recensés dans une trentaine de pays, sont régulièrement victimes de violences domestiques. Pour presque un quart d’entre eux, la punition consiste à se faire secouer et près d'un enfant sur dix est giflé ou frappé au visage, à la tête ou aux oreilles.

Toutes les formes de violences envers les enfants peuvent avoir de graves répercussions sur la santé de l’enfant et son développement. Les violences émotionnelles comme le dénigrement, les humiliations, les menaces, ou encore les intimidations, marquent profondément le psychisme de l’enfant et peuvent le freiner dans son développement et sa vie d’adulte. Quant aux violences physiques, celles-ci peuvent provoquer de graves blessures et des troubles du développement du cerveau et du système nerveux. Être exposé très tôt à la violence, et de manière récurrente, impacte non seulement l’avenir des enfants, mais aussi celui des générations à venir. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les enfants exposés à la violence ont une plus grande probabilité d’abandonner leur scolarité, d’avoir des difficultés pour trouver un emploi, mais ont également de nombreux risques de reproduire les violences subies sur d’autres personnes.

Quelles sont les violences que subissent les enfants en Asie ?

En Asie, la violence se traduit en grande partie par le travail forcé des garçons, mais aussi des filles, parfois exploitées sexuellement. Le travail forcé touche plus de 62 millions d’enfants sur le continent. Ces derniers, privés de scolarité et souvent maltraités au travail, ne peuvent sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

Mais de nombreux enfants asiatiques souffrent également de violences domestiques. Les mutilations génitales féminines existent encore en Indonésie, tout comme les mariages précoces qui relèvent même de la tradition dans ce pays. Au Bengladesh, dans la région de Nazirpur, 42 % des femmes de 20-24 ans ont été mariées avant leurs 18 ans.

Alors que les violences domestiques et les mauvais traitements sont exercés par les parents et les proches, il arrive également que le personnel des établissements scolaires violente les élèves. Les châtiments corporels en guise de punition sont ainsi considérés comme faisant partie de l’éducation, jusque dans les salles de classe.

enfant asiatique victime de violence

Le rôle de la pandémie dans l’augmentation des violences domestiques

La pandémie de COVID-19 n’a fait qu’accentuer les risques de violences domestiques à l’encontre des enfants. Durant les périodes de confinement et de restrictions sanitaires, les enfants n’ont pas pu échapper aux maltraitances quotidiennes endurées à la maison. Le nombre d’appel d'enfants victimes de violence et d'abus au sein du foyer a largement augmenté durant cette période.

Les filles demeurent les plus durement touchées par la crise de la COVID-19. Privées de sources de revenus, les familles les plus vulnérables marient leurs filles précocement afin d’avoir une personne en moins à nourrir au sein de la famille. La pandémie est ainsi à l’origine d’une pauvreté grandissante et donc d’une hausse importante des mariages précoces, particulièrement dans les pays d'Asie du Sud-Est.

Éloignés des bancs de l’école, les enfants sont également exposés à d’autres formes de violences comme le travail des enfants et toutes autres formes d’exploitation.

Le parrainage et l’éducation bienveillante en Asie

Grandir dans un cadre bienveillant et protecteur est un droit pour chaque enfant. Afin de lutter contre les violences faites aux enfants, Vision du Monde sensibilise les parents et accompagne les enfants en les encourageant à dénoncer les cas de violence.

L’association humanitaire mène notamment des actions de sensibilisation via des clubs lors desquels les parents peuvent échanger sur les pratiques éducatives et se former à l’éducation bienveillante. Les parents participent ainsi à des discussions sur le rôle de l’éducation, les risques liés aux mariages précoces ou au travail des enfants et sont sensibilisés aux méthodes éducatives sans violence et dans le respect des droits des enfants.

Au Cambodge, les activités de Vision du Monde se concentrent sur la protection des enfants, car les cas de violences, notamment domestiques, sont encore très nombreux. En 2020, plus de 1000 parents ont alors été formés à l’éducation bienveillante, pour ne plus avoir recours à la violence physique et offrir à leurs enfants un environnement sain et protecteur.

Au Vietnam, 7 nouveaux clubs de parents se sont ajoutés aux 5 clubs déjà existants. Via ces clubs, plus de 350 membres ont été formés à la protection des enfants et à l’éducation sans violence pour lutter contre les maltraitances à la maison.

En Birmanie, ce sont 500 parents qui ont été formés à l’éducation bienveillante pour réduire les cas de violences domestiques. Grâce à cette formation, 90% des parents ont commencé à utiliser les méthodes apprises pour éviter les châtiments corporels envers leurs enfants. Renforcer les capacités des enfants à se protéger et sensibiliser les parents aux droits de l’enfant, sont essentiels pour lutter contre les violences faites aux enfants.

Grâce aux programmes de parrainage d'enfants de l’ONG, devenez parrain ou marraine et agissez aux côtés de Vision du Monde pour permettre une éducation bienveillante pour votre filleul et sa communauté.

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