La lutte contre le mariage précoce de Fatima

Fatima a 18 ans. Elle a deux grandes passions dans la vie : la mode et le droit des femmes. Elle est très douée pour le stylisme, ce qui lui a permis d’exposer ses dessins en Turquie. Mais, ce qui est encore plus important pour elle, c’est la lutte pour les droits des femmes et des filles. Et ce, même si dans sa culture, il est extrêmement risqué de défendre l’égalité. Elle prend aujourd’hui la parole contre les mariages précoces et soutient l’importance de la scolarisation des filles. Comme beaucoup d'adolescents, elle est très active sur les réseaux sociaux tels que Facebook et Instagram. Grâce à ces plateformes, elle échange avec d’autres jeunes femmes qui sont victimes de mariage précoce ou d’abus. Elle les soutient et leur donne les outils nécessaires pour trouver de l’aide.

Malheureusement, cet engagement est né de son expérience personnelle. Elle avait tout juste 14 ans quand elle s’est mariée. Peu de temps après, elle a eu un enfant.

L'enfance douloureuse de Fatima

Dès son plus jeune âge, elle a été confrontée à de nombreuses difficultés. En tant qu’habitante d’Alep, elle a dû rapidement fuir avec sa famille le conflit meurtrier de Syrie en 2011. Elle a ainsi passé plus de la moitié de sa vie en tant que réfugiée. Son arrivée et sa vie en Jordanie ont été très compliquées et quelques années plus tard, elle a du faire face à la perte de son père qu’elle aimait tant.  

Face au désespoir de sa mère et la pauvreté, elle a été contrainte de se marier. C’était pour elle la seule solution : "Ma mère m'a demandé de me marier avec mon cousin pour qu'il puisse s’occuper de nous et subvenir à nos besoins".

Réfugiée et militante pour le droit des femmes

La vie de Fatima devint de plus en plus dure : elle est forcée de quitter l’école et ne sait pas comment agir en tant qu’épouse. Un an après son mariage, elle tente de se séparer de son mari mais ses proches ne le lui autorisent pas et insistent pour qu’elle retourne auprès de lui. Peu de temps après, Fatima tombe enceinte et donne naissance à son premier enfant. Elle commençait à perdre tout espoir.

Quelques années après la chance lui sourit enfin ! Une de ses amies lui parle d’un centre de soutien instauré par l’ONG Vision du Monde. Ce centre offre aux femmes et aux filles un soutien psychologique et des sessions d’éducation. Il aide aussi les jeunes refugiés à améliorer leurs compétences sociales et professionnelles. "J’ai visité le centre pour voir quels services y étaient proposés. Puis je me suis inscrite au club des jeunes mères. C’était une bonne expérience. J’ai appris beaucoup de choses, et j’ai pu prendre confiance en moi."

Peu de temps après, elle a même pu retourner à l’école pour continuer ses études.

Emad, une des assistantes sociales du centre, guide Fatima à travers ce programme. Elle explique que c’est Fatima elle-même qui a eu l’idée de soutenir d’autres jeunes filles pour mettre fin au mariage précoce. "Elle voulait envoyer un message aux femmes qui avait une expérience similaire à la sienne."

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Les conséquences du mariage précoce

Fatima a réalisé que les groupes sur les réseaux sociaux étaient un excellent moyen pour faire passer des messages à travers le monde entier. Elle éveille les consciences des filles sur les traditions et les coutumes du mariage. Elle explique les impacts négatifs du mariage d'enfant : la déscolarisation, les grossesses précoces...

Si Fatima dirigeait le monde ne serait-ce qu’une journée, elle en ferait un endroit plus sûr et plus paisible pour les jeunes filles et les femmes. "Je sais que je ne pourrais pas tout changer en une journée, mais je ferais deux choses : premièrement, je mettrais fin aux guerres dans le monde, puis je mettrais en place de nouvelles lois pour les femmes, comme l’abolition du mariage des jeunes filles moins de 18 ans."

Et, à ceux qui la regarde, elle adresse ce message : "Aidez-nous à mettre fin à la guerre en Syrie, aidez-nous à mettre fin aux violences faites aux femmes, spécialement en ces temps difficiles, en cette période de crise sanitaire."

Sur les 10 dernières années, Vision du Monde, via le Partenariat international World Vision, a aidé presque 6,5 millions enfants impactés par le conflit en Syrie.

Apprenez-en plus sur le travail qu’effectue Vision du Monde pour aider les enfants et leur famille déplacés par le conflit. 

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