Qu’est-ce qu’être réfugié climatique ?

Chaque année, plus de 20 millions de personnes doivent quitter leur foyer pour fuir des événements climatiques extrêmes. En 2020, les conséquences du changement climatique sont ainsi la principale cause de déplacements internes des populations dans le monde, avant même les conflits. Réfugiés écologiques, climatiques, ou déplacés environnementaux, de nombreux termes désignent ces populations obligées de migrer pour des raisons environnementales.

Qu'est-ce qu'un réfugié climatique ?

Le terme de réfugié, défini par la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, désigne toute personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle, et qui craint, avec raison, d’être persécutée du fait de son appartenance communautaire, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques et ne peut ou ne veut demander la protection de ce pays ou y retourner en raison de ladite crainte.

Les personnes fuyant leur pays pour se protéger d’un danger, à différencier des migrants économiques, doivent demander le statut de réfugié au pays qui les accueille. Ces demandeurs d’asile sont alors juridiquement protégés le temps de leur demande et à l’obtention du statut de réfugié.

Les réfugiés climatiques, eux, n’ont pour le moment, aucun statut juridique légal. Alors que les motifs politiques et religieux sont largement pris en compte dans les dossiers de demandes d’asile, le motif environnemental ne permet pas d’obtenir le droit d’asile.

En effet, la Convention de Genève de 1951, statuant le cas des réfugiés, a été établi à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, afin de protéger les populations persécutées dans leur pays d’origine, notamment en raison des conséquences de la guerre. Les effets du changement climatique n’étaient alors pas une priorité ni une problématique majeure dans la société. Ce vide juridique empêche aujourd’hui de nombreux réfugiés d’être protégés et d’obtenir des droits.

Le terme « réfugié climatique », ou parfois « déplacés environnementaux », est cependant utilisé de manière symbolique pour désigner les personnes qui se déplacent, volontairement ou sous la contrainte, en raison de phénomènes météorologiques extrêmes menaçant leur vie et leur mode de vie.

Inondations, sécheresse, typhons, des millions de personnes ont déjà dû se déplacer dans le monde à cause des effets du changement climatique. Cependant, contrairement au statut de réfugié, le terme de réfugié climatique désigne aussi bien les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays que les personnes migrant à l’étranger.

Comment et pourquoi devient-on réfugié climatique ?

Les événements météorologiques extrêmes qui s’intensifient dans certaines régions du monde sont les principales raisons des déplacements de populations et donc de la situation des réfugiés climatiques. Ces événements extrêmes (tempêtes, inondations, feux de forêts, etc.) détruisent les habitations et rendent les champs incultivables.

Les victimes de ces catastrophes naturelles ne peuvent parfois plus vivre dans leur village, ni reconstruire leurs maisons. Alors que certaines personnes décident de migrer vers d’autres pays, limitrophes ou plus éloignés, la grande majorité des personnes impactées se déplacent au sein même de leur pays.

Mais les catastrophes naturelles « ponctuelles » ne sont pas les seules raisons du déplacement des populations. Des phénomènes météorologiques beaucoup plus lents qu’une tempête ou une inondation soudaine obligent de nombreuses personnes à trouver un nouveau lieu de vie. En effet, les effets de la désertification ou de la montée des eaux se mesurent sur plusieurs mois, voire plusieurs années.

Au Nord du Chili, la raréfaction des précipitations menace les éleveurs et leurs animaux depuis plus de 10 ans et poussent les populations à se déplacer petit à petit vers le sud. Des vagues migratoires difficilement quantifiables.

Au Bangladesh ou encore au Sénégal, plusieurs villages ont déjà été victimes de l’accélération de la montée des eaux due au changement climatique. Face à l’augmentation du niveau de l’océan Atlantique, des centaines d’habitants ont dû être relocalisés à l’intérieur des terres.

Ce phénomène n’est pas isolé et risque de s’intensifier dans les décennies à venir. D’après les estimations du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), le niveau des mers pourrait augmenter de 43 centimètres environ d'ici 2100 si les températures n’augmentent pas de plus de 2°C. Cette situation pourrait également provoquer le déplacement de 280 millions de personnes dans le monde.

Qui sont les réfugiés climatiques ?

Selon l'ONU, en 2020, plus de 23 millions de personnes ont dû être déplacées à cause d’événements météorologiques. L’Asie du sud et du sud-est sont parmi les régions les plus touchées par ces mouvements de population causés par une intensification des typhons, inondations et cyclones dans des pays comme l’Indonésie, les Philippines, l’Inde, ou encore le Bangladesh. Le continent africain est particulièrement touché par la sécheresse et les inondations.

Les continents européen et américain ne sont pas non plus épargnés par le dérèglement climatique. Un phénomène qui touche par exemple les États-Unis, et plus particulièrement le village de Newtok en Alaska dont la population a été obligée de déménager en raison du dégel des sols arctiques et de l'érosion. Le pays a également subi des incendies d’une rare violence. En 2020, 100 000 Californiens ont dû quitter leurs habitations lors d’importants incendies de forêt.

Très peu de déplacés environnementaux quittent leur pays. La plupart d’entre eux s’installent dans des villes ou villages proches de leur lieu d’origine, parfois tout aussi exposés aux risques de catastrophes naturelles. En 2020, le nombre de déplacés internes étaient deux fois plus important que le nombre de réfugiés ayant traversé une frontière.

famille de réfugié climatique

Quelles solutions pour les réfugiés climatiques ?

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, on compterait 143 millions de déplacés climatiques internes en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Amérique latine d’ici à 2050.

Limiter les effets du changement climatique paraît donc indispensable pour freiner l’intensification des événements climatiques destructeurs. Car même si le réchauffement climatique est un phénomène qui peut s’expliquer par des raisons naturelles, la rapidité à laquelle il s’intensifie est bien une conséquence directe des activités humaines sur terre qui dérèglent le climat de manière démesurée.

La question d’un statut juridique international protégeant les droits des réfugiés climatiques doit également être une préoccupation centrale pour faire face aux vulnérabilités provoquées par les bouleversements climatiques actuels et à venir. En janvier 2020, le Comité des droits de l'homme de l'ONU a notamment appelé les différents pays à faire preuve de plus d’ouverture quant aux migrants touchés par les effets du changement climatique demandant le droit d’asile.

Il est aussi urgent d’aider les populations à s’adapter face aux événements climatiques et à développer des activités économiques respectueuses de l’environnement. Via ses programmes de parrainage, Vision du Monde accompagne l’ensemble des populations vers un développement plus durable et soutient la mise en place de projets écologiques et économiques plus résilients face au climat.

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