Tolérance zéro envers les mutilations génitales féminines

Aujourd’hui encore, on estime à plus de 200 millions le nombre de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, qui ont été victimes de mutilations génitales. En cette journée du 6 février de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines, notre association humanitaire réaffirme son engagement pour la défense des droits fondamentaux des filles et des femmes. 

Qu’est-ce que les Mutilations Génitales Féminines ?


On considère toute intervention qui altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme, pour des raisons non médicales, comme une mutilation. Cela concerne la plupart du temps des jeunes filles entre l’enfance et l’âge de 15 ans. L’excision est la forme la plus répandue.
 
Les mutilations génitales féminies ne présentent aucun avantage pour la santé, au contraire elles endommagent les tissus des organes génitaux et entravent le fonctionnement naturel de l’organisme féminin. De plus, elles sont très peu pratiquées par des professionnels de santé. Le plus souvent, les exciseuses traditionnelles utilisent des lames de rasoirs et des ciseaux sans anesthésiques. Cette pratique provoque un risque d’infection élevé et de nombreux risques obstétricaux.

Où sont-elles répandues ? 


Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sont encore aujourd’hui une réalité dans plus de 30 pays à travers le monde d’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie :

  • 89% des filles et femmes de 15 à 49 ans au Mali sont mutilées. 
  • Le Mali fait partie des cinq pays au monde où les filles et femmes sont le plus à risque d’être victimes de MGF.
  • 74% des filles et femmes de 15 à 49 ans en Ethiopie sont mutilées.  
  • 25% des filles et femmes de 15 à 49 ans au Sénégal sont mutilées.

 

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Quelles sont les croyances culturelles derrière ces mutilations ?

Au sein de nombreuses communautés, les Mutilations Génitales Féminines constituent une tradition culturelle importante qui ne doit en aucun cas être remise en cause, ni abandonnée. Il existe une réelle pression sociale qui incite à se conformer aux attentes d’une communauté. Les Mutilations Génitales Féminines sont souvent considérées comme une condition nécessaire à la bonne éducation d’une jeune fille en vue de son passage à l’âge adulte et de son mariage. Selon les croyances, cette pratique diminuerait le désir sexuel des femmes et préserverait donc la virginité. Certaines personnes associent ces pratiques à une idée de propreté hygiénique, esthétique et morale.

Comment lutter contre les Mutilations Génitales Féminines ?

L’approche communautaire de Vision du Monde et le travail avec les équipes locales sont des facteurs de réussites clés dans l’accompagnement des populations vers l’abandon de la pratique des Mutilations Génitales Féminines. A Baoulé, au Mali, l'association humanitaire a mis en place de nombreux ateliers de sensibilisation, au sujet des risques que représentent l'excision, auprès des enfants, des jeunes adultes, des chefs religieux et des chefs de village, ainsi que des enseignants d’école primaire. A Koodugu, en 2017, ce sont plus de 18 communautés maliennes qui ont été sensibilisées aux conséquences désastreuses des MGF sur la santé des jeunes femmes. Au Sénégal, les équipes de Vision du Monde agissent à Dabo dans la région de Kolda où la quasi-totalité des filles et des femmes en sont encore victimes.

Dans les pays dans lesquels Vision du Monde intervient, les exciseuses sont formées à de nouvelles activités génératrices de revenus, afin de leur faire abandonner ces pratiques ancestrales si dévastatrices pour la santé des jeunes filles. L’association implique dans son travail de sensibilisation les grands-mères, exerçant une réelle influence auprès de leurs petites filles, et parvient ainsi à faire reculer le nombre de mutilations de façon durable. Une pratique qui n’est donc pas inéluctable.  
 

Fatiah a été victime de Mutilations Génitales Féminines à l’âge de seulement 8 ans. A 38 ans, elle souffre et subit encore les conséquences néfastes de cette pratique sur son corps. Elle a donné naissance à 10 enfants dont seulement 6 ont survécu, et après avoir souffert de fistule obstétricale lors de son dernier accouchement, elle a été rejetée par sa famille et sa communauté. Elle a tout de même pu trouver de l’aide dans son village où World Vision intervenait auprès des victimes d'excision : elle a pu subir une opération réparatrice et est devenue une véritable militante contre les MGF.

"Mes filles n’ont jamais subi d’excision et jamais elles ne vivront ce que j’ai vécu. Mon expérience a tellement été traumatisante que je suis déterminée à ce que cela reste ainsi, malgré les jugements. Quand je partage mon histoire, et montre les problèmes que cela engendre sur la santé des filles et des femmes, les gens commencent quand même à comprendre et ça me donne espoir."

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