Commémoration du génocide rwandais

Vision du Monde commémore le génocide rwandais

Le 7 avril 2019 marque la commémoration du génocide perpétré au Rwanda
19. mars 2019

Le 7 avril 2019 marque la 25ème commémoration du génocide perpétré au Rwanda. En 1994, pendant trois mois, l’État rwandais a ordonné un acte de violence impardonnable : le massacre de masse à l’encontre des Tutsis. Se rappeler ce triste anniversaire est l’occasion d’honorer la mémoire de ceux qui ont péri et de montrer qu’une réconciliation est possible. Il est important que ce crime à l’encontre des droits de l’homme et des droits de l’enfant ne se produise plus, au Rwanda et partout dans le monde. 

 

Qu’est-ce qu’un génocide ? 

La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide des Nations Unies du 9 décembre 1948 déclare que le génocide est un crime du droit des gens (ensemble des lois régissant les rapports des États et des peuples entre eux). Elle condamne ce crime, qu’il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre. Les peines prévues sont imprescriptibles et non assujetties à des limites de temps et de lieu. Il n’y a pas d’immunité pour une telle violation de droits de l’homme, les personnes ayant commis un génocide sont punies, qu’elles soient membres des gouvernants, des fonctionnaires ou des citoyens. 

Selon la Convention, « le génocide s’entend d’un certain nombre d’actes commis dans l’intention de détruire, intégralement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. » 

Ainsi sont qualifiés de génocides : 
-    les meurtres de membres d’un groupe ;
-    l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres d’un groupe ;
-    la soumission intentionnelle d’un groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
-    l’application des mesures visant à entraver les naissances au sein d’un groupe ;
-    le transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe. 

Contrairement à d’autres instruments de protection des droits de l’homme, la Convention ne crée pas d’organe de suivi ou de comité d’experts. Toute partie peut donc saisir les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies afin qu’ils prennent les mesures appropriées. 

À ce jour, quatre génocides ont été reconnus : le génocide arménien de 1915, le génocide des Juifs lors de la Seconde guerre mondiale, le génocide de Srebrenica (Bosnie-Herzégovine) et le génocide rwandais

Une famille rwandaise

Pourquoi y a-t-il eu un génocide au Rwanda ?

Dès le début du XXe siècle, le Rwanda, sous domination allemande, désigne la tribu tutsie comme supérieure à celles des Hutus. Les Tutsis sont alors considérés comme une ethnie plus intelligente et plus proche des européens. À la fin de la première guerre mondiale, le Rwanda devient une colonie belge, la situation entre Tutsis et Hutus ne change pas pour autant. La minorité tutsie a accès à l’éducation et occupe des postes à hautes responsabilités. Les Hutus, ethnie majoritaire du pays, quant à eux doivent cultiver la terre et restent cantonnés aux classes socio-économiques inférieures. Cette situation engendre une montée de la violence entre les deux ethnies. Les Hutus cherchant à s’affirmer face au pouvoir tutsi, l’animosité entre Tutsis et Hutus ne cesse de croître.

En juillet 1962, le pays proclame son indépendance, la monarchie est abolie et le pays devient République du Rwanda. Les Hutus prennent le pouvoir et forment le gouvernement rwandais. De nombreux Tutsis, victimes de répression, sont alors forcés à l’exil. Ils tentent à de maintes reprises de revenir au Rwanda, mais à chaque tentative, la répression est sanglante jusqu’en 1990, date à laquelle une guerre civile éclate. 

De 1990 à 1993, la guerre civile rwandaise oppose le gouvernement rwandais constitué de Hutus au Front patriotique rwandais (en faveur du retour des Tutsis exilés dans leur pays). En 1994, les accords d’Arusha mettent fin à la guerre civile, mais le 6 avril, le président rwandais est assassiné. Cet assassinat signe le début du génocide rwandais du peuple tutsi et de toute personne s’y opposant, tragédie d’une ampleur inouïe violant les droits humains et les droits de l’enfant.

Les Nations Unies estiment que 800 000 personnes, pour la plupart des Tutsis, ont été massacrés durant le génocide rwandais. Perpétré en 100 jours, le génocide au Rwanda est le génocide le plus rapide de l’histoire. 

Une grand-mère et son petit-fils

Les droits de l’enfant : premières victimes du génocide rwandais

Méticuleusement organisé par les extrémistes hutus, le génocide rwandais a été d’une brutalité exceptionnelle. Depuis plusieurs années déjà, le pays recensait de perpétuelles violations des droits humains menant au génocide de 1994. 

25 ans après, la vie des enfants rwandais demeure profondément marquée par les effets dévastateurs de cette cruauté. Les droits de l’enfant ont été bafoués durant ces 3 mois :  300 000 enfants ont été tués, 95 000 sont devenus orphelins suite au génocide rwandais, presque tous les enfants présents ont été témoins d’horreurs inqualifiables, des milliers d’enfants ont été victimes de sévices et de viols, des milliers d’autres ont été engagés de force dans des opérations militaires et contraints de commettre des actes violents. Ces enfants, aujourd’hui adultes, ont été privés de bon nombre de leurs droits et ont subi des épreuves provoquant de lourds traumatismes. 

« Si nous voulons sauver des vies, nous ne devons pas nous bercer de mots. Nous devons avoir le courage de nous départir de notre indifférence et trouver la volonté d’agir. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons honorer les victimes du génocide et tous ceux qui y ont survécu et faire en sorte que ce qui s’est produit au Rwanda ne se reproduise jamais, là ou ailleurs. »

António Guterres, secrétaire général de l'ONU

 

À travers des actions en faveur d’une Enfance Sans Violence, Vision du Monde s’engage pour protéger les plus vulnérables, pour que les droits de l’enfant soient respectés, pour que des atrocités tel que le génocide rwandais ne se reproduisent plus. La Déclaration universelle des droits de l’homme fêtera ses 71 ans cette année, à cette occasion, il est important de rappeler que nous devons agir pour que la dignité humaine et celle des enfants soient respectées.