Témoignages Bidibidi

Témoignages du camp de Bidibidi

Dans le camp de réfugiés de Bidibidi, la jeunesse reprend espoir grâce aux formations .
7. juin 2019

Leyo, 16 ans, était loin d’imaginer qu’à son âge, elle aurait un enfant. Tout comme de nombreuses jeunes filles de Bidibidi, Leyo a été entraînée dans une relation et est tombée enceinte très jeune. 

« J’étais en 6ème année à l’école primaire de Twajiji quand je suis tombée enceinte. Je sortais alors avec un homme plus âgé. Quand ma famille a appris que j’attendais un enfant, elle m’a encouragée à me marier, malgré mon jeune âge. »

Sur les conseils de ses parents, Leyo est restée à la maison pendant la grossesse, elle devait reprendre l’école après la naissance de son enfant pour finir ses études. 

« Je veux retourner à l’école mais mon bébé n’a que 5 mois. Mes parents m’aident à l’élever car mon ancien petit-ami est parti quand il a appris que mon père avait porté plainte contre lui. »

 

Des formations pour devenir indépendant

Leyo passait son temps à la maison à prendre soin de son bébé. 

« J’avais abandonné l’école et je ne faisais que m’occuper de mon fils. Rester à la maison toute la journée n’était pas productif. Mes parents ne travaillaient pas non plus et nous n’avions pas de revenus. Mon père trouvait des petites missions de temps à autre pour gagner de l’argent, mais nous dépendions principalement de la ration de nourriture mensuelle distribuée. »

Lors des nombreuses visites du Comité de Protection de l’Enfance mis en place par les équipes locales du partenariat international World Vision, les membres du camp ont rencontré Leyo. Identifiée comme jeune fille vulnérable nécessitant un accompagnement particulier, elle a alors pu suivre une formation de couturière de 3 mois. 

« J’ai choisi la couture car c’est le genre de travail que j’ai toujours voulu faire. À l’intérieur du camp, il n’y a pas beaucoup de couturiers et je savais qu’après ma formation, je gagnerai de l’argent en créant ma petite entreprise. Je peux aussi réaliser mes propres vêtements et ceux de mon fils, cela me permet de faire des économies. » 
 

Success story

Un jeune formé au métier de charpentier recevant son diplôme.

 

Taluga, 17 ans, a abandonné l’école car sa famille ne pouvait plus payer ses frais de scolarité. La formation lui a permis de réaliser son rêve et devenir mécanicien. 

« Je suis resté à la maison à ne rien faire pendant un an. Quand on m’a proposé de prendre part aux cours de mécanique, mes rêves de toujours ont repris vie. Sans une once d’hésitation, j’ai accepté l’opportunité qui m’était offerte. »

Le jeune homme a suivi une formation de 3 mois durant laquelle il a appris à réparer les motos. Il espère pouvoir gagner sa vie à l’intérieur du camp. 

« Je suis reconnaissant d’avoir suivi cette formation car je n’ai pas seulement été formé à la réparation de motos, j’ai aussi appris la prise de parole en public et la relation client. Ce sont des compétences qui m’aideront quand j’aurai mon propre commerce. »

 

Ayozu, 18 ans, regrette d’avoir eu un petit-ami qui l’a abandonnée quand il a appris sa grossesse. Tous ses rêves se sont effondrés et elle a eu du mal à l’accepter. 

« Je suis tombée enceinte au lycée et j’ai arrêté l’école, je n’avais alors que 16 ans. Mes parents étaient très contrariés mais ils m’ont soutenue et ont pris soin de moi durant la grossesse. Mon petit-ami était reparti au Soudan du Sud et je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles. »

Ayozu a suivi une formation de coiffeuse dans l’espoir de gagner sa vie. 

« J’ai appris à tresser les cheveux selon différents styles et j’ai bon espoir que ces compétences m’aideront à gagner de l’argent pour prendre soin de mon bébé de 2 ans. »
 

Témoignages-Bidibidi

Des kits donnés aux jeunes apprentis coiffeuses afin qu’elles créent leur commerce

 

Hakim, 16 ans, est excité à l’idée de savoir que sa formation de charpentier va changer sa vie. Avec les autres membres du groupe, ils espèrent monter un atelier de menuiserie grâce aux kits offerts par l’ONG humanitaire

« Avant la formation, je restais assis et je ne faisais rien de mes mains. La formation m’a redonné confiance en moi et l’espoir d’un avenir meilleur. Certains des objets que nous avons réalisés durant la formation ont été vendus, j’ai eu la preuve qu’être menuisier était rentable. » 

 

À propos du projet 

Depuis juin 2018, nos homologues en Ouganda ont mis en place un projet appelé Bidibidi Stoppe les Violences faites aux Enfants, dans les zones 1,2,3 et dans les communautés voisines du camp de réfugiés. Ce projet a pour objectif de proposer des formations aux jeunes mères, aux victimes de violences faites aux femmes, aux enfants ayant à charge leur famille et aux enfants sans famille dans le but d’améliorer leur sécurité, leur dignité et leur bien-être. Le projet souhaite renforcer les capacités des communautés à travers les formations et le don de matériel dans le but d’éviter les violences entre les enfants. 

Grâce au projet coordonné par l’UNICEF, le HCR et le gouvernement japonais, 750 jeunes ont reçu des formations de charpentier, mécanicien, coiffeur, restaurateur et couturier.

Au sein du camp de Bidibidi, les équipes ougandaises du partenariat international World Vision dont fait partie Vision du Monde viennent en aide à 5 300 enfants vulnérables dont 1 474 sont des enfants placés en famille d’accueil, 52 adolescentes enceintes ou jeunes mamans et 3 enfants mariés de force. 

 

Ensemble, nous pouvons changer les choses. Aidez-nous à mettre un terme aux violences !