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Les Rohingyas : une minorité persécutée

Ils sont des centaines de milliers à avoir trouvé refuge dans les camps de la région de Cox’s Bazar, au Bangladesh.
4. janvier 2019

Depuis le 25 août 2017, plus de 720 000 migrants rohingyas fuient vers le Bangladesh pour échapper aux violences et aux diverses persécutions dont ils sont victimes. En 2017, la condition des Rohingyas s’est considérablement détériorée. Une campagne de répression disproportionnée a été lancée par l’armée birmane en réaction aux attaques des postes de police par des groupes armés rohingyas en août 2017. En 3 mois, plus de 620 000 Rohingyas ont dû fuir au Bangladesh pour échapper à cette répression violente qui vise à punir la totalité de cette minorité ethnique. Les Rohingyas sont donc poussés à la migration pour fuir les exécutions, la torture, le viol. Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés environ 12 000 personnes sont arrivées au Bangladesh au cours du premier semestre 2018. La grande majorité des réfugiés au Bangladesh sont des femmes et des enfants, dont plus de 40% ont moins de 12 ans. Dans son rapport publié le 27 août 2018, l’ONU affirme que les Rohingyas sont aujourd’hui une des minorités les plus persécutées au monde.


Qui sont les Rohingyas ? 

Les Rohingyas sont une ethnie de langue indo-européenne qui vit principalement dans l’État de Rakhine, à l’ouest de la Birmanie. Minorité musulmane rejetée par les bouddhistes, ils sont 1,3 million en Birmanie et représentent 5% de la population du pays. 
Depuis l’installation de régimes militaires en 1962, les Rohingyas ont toujours fait l’objet d’une ségrégation impitoyable et d’exactions. En 1982, une loi a spécifié que seuls les groupes ethniques présents sur le territoire avant 1823, date de la première guerre anglo-birmane qui a mené à la colonisation, peuvent obtenir la nationalité birmane. Aux yeux de la Birmanie, les Rohingyas, venus du Bengale avec le soutien du colonisateur britannique, ne font pas partie des 135 minorités répertoriées. Apatrides, ils sont interdits de voyage et ont un accès limité à l’éducation et aux soins de santé. En 2012, à la suite d’un viol supposé d’une femme bouddhiste par un Rohingya, des affrontements violents ont fait près de 200 morts, principalement des musulmans. 

Ainsi les Rohingyas, communauté musulmane qui a dû fuir la Birmanie, sont les victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’un génocide. Pour faire face à ces violences dont ils sont victimes les Rohingyas sont contraints à la migration.

 

Les camps Rohingyas au Bangladesh 

Partis pour ne pas mourir, les Rohingyas sont allés se réfugier dans la région de Cox’s Bazar, au Bangladesh. Kutupalong est aujourd’hui le camp de réfugiés le plus dense du monde avec 70 000 habitants au km2, soit trois fois plus dense que Paris. Les Rohingyas sont apatrides puisqu’ils ont été privés de leur nationalité birmane et le Bangladesh refuse de leur accorder le statut de réfugié, ils n’ont donc pas le droit de travailler. Près de la moitié des réfugiés qui vivent dans ce camp sont des enfants et pourtant les autorités bangladaises refusent que des écoles y soient installées. Selon elles ce camp doit rester un camp de réfugiés, elles ne souhaitent donc pas que les Rohingyas s’y installent de manière définitive. De plus, les enfants n’ont pas le droit d’apprendre la langue locale. 

Ces installations spontanées qui ont poussé du jour au lendemain suscitent de nombreuses préoccupations en termes d’abris adéquat, d’eau et d’hygiène. En effet, les eaux sont sales car les toilettes se déversent dedans. Les personnes vivant dans les camps y jettent également leurs ordures. Pourtant, ces eaux sont aussi utilisées pour laver la vaisselle et les vêtements. Les conditions sanitaires sont déplorables : de nombreuses personnes tombent malades à cause de la nourriture et une forte odeur est présente dans les camps. Le risque d’épidémie y est très élevé. Construits en terrasses, les abris de fortune sont sujets à des glissements de terrain et le sol argileux ne permet pas une bonne évacuation de l’eau.
Ces camps de migrants font environ la taille de deux arrondissements de Paris et ont été construits en partie sur une forêt. Chaque jour, le nombre d’arbres coupés, correspondant à l’équivalent de quatre terrains de foot complets, permet d’assurer les besoins des personnes vivant dans ces camps et notamment pour faire cuire la nourriture. 

Le problème le plus important est le défaut de toilettes en raison d’un manque de place. Les conséquences en sont désastreuses : tous les cours d’eau sont souillés par des détritus et par des excréments humains. Les eaux usées posent un problème à l’intérieur des camps mais également à l’extérieur pour les agriculteurs qui se servent de ces eaux pour cultiver leurs champs. 
 

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L’ONG humanitaire Vision du Monde agit pour la protection des enfants Rohingyas et de leurs familles

Depuis le début de cette crise humanitaire de grande ampleur, nos équipes locales viennent en aide à près de 265 000 personnes

  • 44 280 personnes peuvent renforcer leurs abris contre les intempéries ;
  • 30 535 mères et enfants bénéficient d’une assistance nutritionnelle adaptée ;
  • 150 000 personnes reçoivent des kits d’hygiène et des équipements de cuisine ;
  • 158 000 personnes bénéficient de la construction de puits et de l’installation de toilettes ;
  • 1 720 enfants suivent chaque semaine nos activités de protection dans nos « Espaces Amis des Enfants » ;
  • 22 500 personnes perçoivent un salaire pour leur travail (réparation d’abris, construction de ponts, revêtement des routes, etc.).

En 2019, l’ONG humanitaire Vision du Monde s’engage au sein du réseau World Vision à venir en aide aux enfants présents dans les camps à travers le développement de :

  • 21 centres d’éducation pour les adolescents ;
  • Compétences et activités rémunératrices auprès de 15 000 réfugiés et 3 000 foyers ;
  • Programmes d’assainissement des eaux et de ramassage d’ordures pour améliorer les conditions de vie au sein des camps ;
  • Équipements permettant la cuisine au gaz et la formation de 33 300 réfugiés et 8 000 foyers ;
  • Activités de sensibilisation contre les violences faites aux enfants, notamment les mariages précoces ;
  • Centres de protection et de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles pour 60 000 réfugiés et 5 000 foyers.
     

Vous aussi, venez en aide aux Rohingyas.