Quelles réponses apporter face à la sécheresse ?

Véritable enjeu de société, le manque d’eau est un problème qui touche le monde entier. De la France à la pointe sud de l’Afrique, de plus en plus de pays se déclarent chaque année en état de sécheresse. L’ONU estime que le monde a perdu 70% de ses zones humides au cours du siècle dernier. Et les effets sont déjà notables. La raréfaction de l'eau potable et la désertification des sols rendent difficile la vie quotidienne. Alimentation, éducation, agriculture, sans eau, la population ne peut vivre correctement.

Mais comment agir ? Assurer un accès à l’eau potable pour tous, installer des infrastructures, sensibiliser, via l’aide d’urgence et en soutenant les populations sur le long terme, l’ONG Vision du Monde entend prévenir les risques, protéger et restaurer les écosystèmes liés à l’eau pour un meilleur avenir. 

 

Quelles sont les causes de la sécheresse ? 

D’un point de vue météorologique, la sécheresse se caractérise par l’absence de précipitations sur un territoire et sur une longue période. Ce phénomène naturel, dû à des périodes anticycloniques prolongées, assèche les sols et les nappes phréatiques. La sécheresse peut se produire chaque année ou bien de façon plus exceptionnelle. 

Le phénomène de sécheresse diffère de ce qu’on appelle l’aridité par son caractère temporaire. Contrairement à l’aridité, qui elle est une caractéristique de la zone concernée, la sécheresse est un phénomène climatique qui n’a pas lieu d’être en temps normal et qui n’est pas propre au climat de la zone. 

Chaque pays détermine la durée à partir de laquelle l’état de sécheresse est déclaré :

  • En France, l’état de sécheresse absolue est déclaré quand aucune précipitation n’est tombée depuis deux semaines (moins de 0,2 mm/jour).
  • En Australie, une zone est déclarée en état de sécheresse dès lors que le taux de précipitations baisse de 10 % par rapport au taux de précipitations annuel. 
  • En Inde, l’état de sécheresse est déclaré quand les précipitations baissent de 75 % par rapport aux normales saisonnières.

Les sécheresses déclarées sont des sécheresses météorologiques, elles impliquent une longue période d’absence de précipitations. 

La sécheresse agricole, elle, est atteinte lorsque les sols superficiels sont asséchés sur un à deux mètres de profondeur. Ce phénomène, aggravé par les températures extrêmes dues au changement climatique, empêche les plantes de se développer correctement.

La sécheresse hydrologique, elle, concerne les lacs et rivières. Elle se produit lorsque les nappes phréatiques sont vides, indicateur d’une sécheresse de très longue durée. Cette étape se produit lorsque les pluies ont été insuffisantes en période hivernale ou saisons des pluies. L’équilibre hydrologique est alors perturbé sur le reste de l’année. 

Les activités humaines sont aussi intrinsèquement liées au manque de ressource en eau. La consommation excessive pour l’agriculture intensive, l’exploitation industrielle et l’usage quotidien pompe démesurément les ressources et aggrave la situation.

 

L’eau : source essentielle pour la vie et le développement

L’absence de précipitations, les activités humaines et une mauvaise gestion de l’eau potable augmentent les risques de se retrouver en stress hydrique. Le stress hydrique est déclaré quand les ressources en eau sont inférieures à 1 700 mètres cubes par an et par personne. D'ici 2025, 1,8 milliard de personnes seront confrontées à une pénurie d'eau absolue et les deux tiers de la planète vivront dans des conditions de stress hydrique selon l’ONU.  

Pourtant, l’eau est le vecteur principal de la vie. L’absence de cette ressource naturelle prive les populations de leurs droits fondamentaux comme le droit à l’alimentation ou le droit à l’eau potable. Lorsque les eaux souterraines sont vides, les productions agricoles s’en voient directement impactées si aucun système d’irrigation n’est mis en place.  En effet, en état de stress hydrique, impossible d’arroser les cultures ni de donner à boire aux animaux. Obtenir de l’eau potable devient difficile. Les lacs et rivières s’assèchent et les restrictions d’eau empêchent les agriculteurs de soigner leurs cultures. 

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Dans le monde, 844 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. La population souffre alors de malnutrition, de disettes, voire de famine pendant que les plus vulnérables risquent la déshydratation.  À plus grande échelle, la sécheresse aggrave également l’apparition de conflits et provoque de gros déplacements de population.

Mais le manque d’eau bouleverse aussi l’éducation des enfants. Lorsque les sources d’eau proches du domicile s’assèchent, les habitants doivent parcourir des kilomètres pour atteindre une nouvelle source. Les jeunes filles, souvent de corvée d’eau, manquent l’école pour parcourir de longues distances, parfois dangereuses. De fait, cette situation empêche également certaines femmes d’exercer une activité professionnelle qui pourrait aider à lutter contre la pauvreté des familles.

Bien que la France souffre aussi de sécheresse, les zones les plus vulnérables restent les pays tropicaux et subtropicaux, déjà touchés par un climat chaud et sec. Parmi les graves crises de ces dernières années, on compte le Sahel, le Brésil, la Corne de l’Afrique, le Mexique, l’Inde et même la Russie ou encore l’Europe du Sud-Est.

Plus récemment, c’est l’Afrique australe qui a été recensée comme souffrant d’importantes sécheresses. En Angola, plus de deux millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire à cause du manque d’eau. Parmi ces victimes, environ 25 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë. Cette sécheresse est la plus grave qu’ait connue le pays depuis plus de 35 ans.

Fin 2019, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) alertait sur la situation de l’ensemble des pays d’Afrique australe. L’organisme des Nations Unies estime que 45 millions de personnes vivant dans la région pourraient se trouver en situation de grave insécurité alimentaire dès 2020.

* Sources : La sécheresse : d’où vient-elle et comment agir ?

Que fait Vision du Monde contre la sécheresse ?

Faire face à la désertification demande d’assurer une aide humanitaire d’urgence tout en aidant les populations sur le long terme. Grâce au partenariat World Vision, Vision du Monde vise à fournir une assistance immédiate à 1 932 000 personnes pour faire face aux effets de la sécheresse en Afrique australe. En Angola, 5 148 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont déjà été soignés depuis juillet 2019 et 53 760 personnes ont bénéficié d’aide alimentaire d’urgence en Zambie. 

Mais l’aide alimentaire d’urgence ne suffit pas. Il est tout aussi indispensable de restaurer les terres et aider les agriculteurs à s’adapter face aux épisodes de sécheresse et bouleversements climatiques. 

Vision du Monde mise sur l’organisation de nouvelles pratiques agricoles. Dans la région du Saher (Angola, Zambie, Zimbabwe), et en collaboration avec les partenaires locaux, l’association humanitaire forme les communautés à l'agriculture intelligente et donne les moyens de préserver l’environnement via la distribution de semences résistantes à la sécheresse.
 

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L’ONG encourage également la pratique de la Régénération Naturelle Assistée : une technique qui aide les petits agriculteurs à améliorer la fertilité des sols via la repousse des arbres. Jusqu’ici, cette pratique a été mise en place dans plusieurs pays d’Afrique, notamment au Mali où près de 1600 agriculteurs ont pu améliorer et diversifier leurs rendements grâce à cette nouvelle gestion autonome des ressources naturelles. 

Lutter durablement contre la sécheresse et la pauvreté passe aussi par la réduction de la dépendance aux eaux de pluie grâce aux systèmes d’irrigation. Différentes infrastructures, comme des puits, sont mises en place pour permettre aux habitants d’accéder plus facilement à l’eau potable. Grâce à ses actions, l’ONG internationale donne accès à l’eau potable à une nouvelle personne toutes les 10 secondes, se positionnant ainsi comme le premier fournisseur d'eau potable au monde.

Des comités de gestion de l’eau sont ainsi créés dans les communautés afin de réguler l’utilisation de l’eau et gérer les épisodes de sécheresse le mieux possible. L’objectif ? Rendre les populations autonomes et responsables de leurs propres installations. 

Face à l’intensité du réchauffement climatique, de nombreuses sécheresses sont encore à prévoir ces prochaines années. L’aide doit continuer d’être acheminée pour soutenir les populations les plus vulnérables en termes d’accès à l’eau potable, de lutte contre l’insécurité alimentaire, et d’éducation. 

 

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