Quel accès aux soins pour la population mondiale ?

Le droit à la santé est un droit inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Pourtant, chaque année, ce sont plus de 5 millions d’enfants de moins de 5 ans qui meurent des suites de maladies non soignées. Des décès qui pourraient toutefois être évités. Manque d’investissement financier de la part des gouvernements, manque de centres de santé, ou de formations, de nombreuses raisons empêchent les habitants d’accéder à un système de soin de qualité, les rendant vulnérables aux épidémies et maladies chroniques. La journée internationale de la santé du 7 avril est l’occasion de faire un point sur les différents systèmes de santé qui existent à travers le monde. Sommes-nous tous égaux face aux parcours de soins ? Quelle couverture sociale pour les plus vulnérables ? Vision du Monde, via ses différentes actions, entend bien aider à faire respecter ce droit humain fondamental. 

Au Cambodge, un système de soin inégalitaire

Les conditions sanitaires au Cambodge, pays de plus de 16 millions d’habitants en Asie du sud-est, sont encore trop précaires. Affaibli par des années de crise sous le régime des Khmers rouges, le pays a dû rapidement relever un système de santé défectueux et reconstruire des infrastructures devenues vétustes. Pour supporter la charge que représente le parcours de soin, le Cambodge se partage alors entre secteur public et privé. 

Le système de santé au Cambodge

Les services de santé publique, soignant les populations les plus pauvres, sont cependant trop faiblement financés par le gouvernement. Les professionnels de santé sont mal formés, le matériel est insuffisant, et les salaires des infirmiers et médecins trop peu élevés pour les convaincre de rester dans le secteur public. Devant la piètre qualité des soins à l’hôpital, la plupart des Cambodgiens fuient les établissements de santé publics quand leurs moyens financiers le permettent. 

Alors que près de 46 % de la population vit avec moins de 3,1 dollars par jour,
70 % des dépenses de santé doivent être prises en charge par les patients. Et les traitements thérapeutiques coûtent cher : 25 dollars en moyenne par personne et par an, ce qui est l'équivalent d'un mois de salaire.

Seuls les plus aisés peuvent espérer accéder à des soins de qualité dans les hôpitaux les plus réputés du pays, cliniques et autres établissements de santé privés. Un système de soins qui bénéficie alors plus aux expatriés qu’à la population locale. 
 

Au Salvador, une promotion de la santé inexistante

Dans le plus petit pays d’Amérique centrale, le système de soins n’est pas plus admirable. El Salvador, avec 5,4 millions habitants, est un pays instable reconnu pour avoir un taux de violence et de pauvreté important. Les différentes crises que le pays a connues n’a fait qu’affaiblir son système de santé et d’assurance-maladie. Alors que le secteur privé couvre la minorité du pays la plus riche, soit près de 10 % de la population, l’Institut salvadorien de Sécurité sociale couvre un peu plus de 20 % des Salvadoriens : ceux ayant un emploi dans le secteur privé, ainsi que les fonctionnaires et leurs proches. 

Pour bénéficier d’une protection sociale appropriée, il est donc indispensable d’obtenir un emploi. Or au Salvador, le taux de chômage officiel est de 10 % et le taux d’emplois précaires dépasse les 60 %. Ainsi, 70 % de la population salvadorienne vit sans couvertures sociales, privées ou publiques. Prises en charge par l’Assistance publique, les personnes les plus vulnérables doivent se contenter d’un système médico-social bancal et incomplet. 

Les conditions sanitaires des plus vulnérables sont pourtant inquiétantes. Plus de 13% des enfants de moins de 5 ans ont un retard de croissance et plus de 12% de la population souffre de malnutrition. Sans oublier que le Salvador fait partie des pays du monde ayant la loi anti-avortement la plus restrictive. L’avortement y est formellement interdit, y compris en cas de grossesses à risques. Aucun planning familial n’est mis en place et l’accès aux informations sur la santé sexuelle, notamment sur les infections sexuellement transmissibles est limité, voire inexistant. 

Ce manque de soins fait de l’espérance de vie du pays l’une des plus basses d’Amérique latine : 68 ans pour les hommes et de 74 ans pour les femmes, soit 10 ans de moins que l'espérance de vie générale.

Au Mali, de nouvelles réformes contre les déserts médicaux

Situé en plein désert du Sahara, le Mali a connu une récente crise humanitaire et sécuritaire difficile. Marqué par les affrontements et les attentats terroristes, le pays doit désormais se relever. Une reconstruction qui passe notamment par la réforme du secteur de la santé, très instable jusqu’il y a quelques années. 

Les Maliens souffrent notamment de déserts médicaux et du manque d’investissement financier de la part du gouvernement. De nombreuses régions sont oubliées par les systèmes de santé dans lesquelles les habitants se soignent avec les moyens du bord. La malnutrition et les maladies diarrhéiques sont notamment encore très importantes parmi les enfants. À Koodugu, à l’est de la capitale malienne, la santé représente un réel enjeu puisque le taux de mortalité infantile en 2017 était de près de 5%. 
 

En 2019, le ministre de la santé malien, Samba Ousmane Sow, annonce alors toute une série de réformes sur la gratuité pour : 

  • l’accès aux soins de base des enfants de moins de cinq ans, 
  • les femmes enceintes, 
  • les personnes de plus de 70 ans,  
  • l’accès au planning familial, 
  • les dialyses 
  • les premiers soins en cas d’urgence dans toutes les structures sanitaires. 

Les nouvelles réformes prévoient également le rapprochement de services et l’augmentation de l’offre de soins pour les populations maliennes victimes de désertification médicale. 

Petit à petit, le Mali espère améliorer le système médico-social du pays, et apporter les soins nécessaires aux plus démunis.
 

Une case de santé au Mali

Les actions de Vision du Monde pour la santé des enfants

Dans les pays en développement, environ 500 millions de jours d'école sont perdus chaque année à cause des maladies. Donner accès à des soins de santé de qualité est donc indispensable à la scolarisation des enfants ; un cercle vertueux quand on sait qu’un enfant dont la mère sait lire, a deux fois plus de chances de vivre au-delà de l'âge de cinq ans, 50 % de chances de plus d'être vacciné, et deux fois plus susceptibles d’être scolarisé. 

Vision du Monde travaille avec le personnel de santé local afin de donner à la population toutes les clés nécessaires à la diffusion de bonnes pratiques, à la sensibilisation et la prise en charge des malades. En lien avec les familles, les hospitaliers et les partenaires locaux, l’ONG humanitaire mène des campagnes de prévention, de vaccination et de sensibilisation dans plusieurs pays en développement.

La santé dans l'enjeu de développement des communautés

À Koodugu au Mali, en 2016, 1 305 mères ont été formées aux bonnes pratiques de la nutrition. Des formations qui ont permis une baisse de 5% du taux de malnutrition. Grâce aux services de soins apportés par l’association, la proportion d’enfants de moins de 5 ans ayant une pneumonie et ayant été soignés est passée de 21% en 2017 à 54% en 2018. 

D’autres actions ont pu être menées grâce au parrainage d’enfants :

  • 13 nouveaux foyers de nutrition ont été construits en 2018. 
  • 82% des enfants malnutris ont pu être soignés. 
  • Plus de 7400 enfants de moins de 5 ans ont reçu un traitement contre le paludisme et plus de 1400 enfants ont reçu l’ensemble de leurs vaccins obligatoires.
  • 1 500 moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées.

La santé de la population est au cœur du développement des communautés. Selon la Constitution Organisation mondiale de la santé, « l’inégalité des divers pays en ce qui concerne l’amélioration de la santé et la lutte contre les maladies, en particulier les maladies transmissibles, est un péril pour tous ».

Grâce au parrainage d’enfants, Vision du Monde renforce les services de santé auprès de nombreuses communautés. Les programmes de développement ou d’urgence permettent aux populations touchées d’accéder aux soins médicaux avec équité pour une vie saine et un avenir serein.
 

Vous aussi favorisez l’accès des plus vulnérables aux soins de santé, parrainez un enfant et donnez-lui la chance de grandir dignement.