4 choses à savoir sur la situation des Rohingyas

Depuis août 2017, des centaines de milliers de Rohingyas ont fui la Birmanie et les violences perpétrées par l’armée contre cette ethnie musulmane minoritaire. Apatrides et réfugiés dans des camps de fortune au Bangladesh, principalement dans la région de Cox’s Bazar, les Rohingyas survivent depuis quatre ans grâce à l’aide humanitaire.

Aujourd’hui, l’instabilité politique birmane les empêche toujours d’espérer une fin de conflit et un retour en Birmanie. 

Les Rohingyas : une des minorités les plus persécutées au monde selon l’ONU

Les Rohingyas, ethnie de langue indo-européenne majoritairement musulmane, vivent principalement dans l’État de Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie. Alors que les Rohingyas, minorité musulmane qui représente seulement 5 % de la population birmane, ils n’ont jamais été acceptés par la majorité bouddhiste du pays. 

En 2012, des tensions entre Rohingyas et Rakhines, la population majoritaire bouddhiste de l’État de Rakhine, se transforment en émeutes. Des dizaines de milliers de Rohingyas se retranchent dans des camps de réfugiés, séparés du reste de la population. Apatrides, victimes de ségrégations et de discriminations, les Rohingyas sont exclus de la société birmane et privés d’accès aux soins, aux écoles ou encore au travail.

Les tensions s’aggravent en 2017 lorsque l’armée birmane lance une campagne de répression violente contre les villages rohingyas. En décembre 2017, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme évoque « des éléments de génocide » à l’encontre de la communauté Rohingya considérée alors comme une des minorités les plus persécutées au monde. Une situation encore loin d’être réglée aujourd’hui. 

Dans l’État de Rakhine, plus de 100 000 déplacés internes vivent encore dans des conditions difficiles et continuent d’être persécutés au quotidien par une majorité de la population bouddhiste birmane.

Les Rohingyas sont apatrides et ne bénéficient de la protection d’aucun État

Le gouvernement birman, mis en place durant la transition démocratique, a toujours refusé d’accorder la nationalité aux Rohingyas. Les dirigeants s’appuient notamment sur une loi instaurée sous la dictature militaire, datant de 1982, affirmant que seuls les groupes ethniques présents sur le territoire avant 1823 ont la possibilité de demander la nationalité birmane. Pour les Birmans, les Rohingyas ne font pas partie des 135 minorités répertoriées et ne peuvent donc pas prétendre à cette nationalité.

Sans nationalité, les Rohingyas ne peuvent bénéficier des mêmes droits que les citoyens birmans et se défendre contre les nombreuses violations des droits de l’homme qu’ils subissent.

Le Bangladesh accueille près de 900 000 réfugiés Rohingyas à Cox’s Bazar

Depuis les années 1990, plus d’un million de réfugiés Rohingyas ont déjà quitté la Birmanie. Le Bangladesh, pays voisin de la Birmanie, est la principale terre d’accueil des réfugiés et héberge plus de 880 000 Rohingyas dans les camps de Kutupalong et Nayapara, au sein du district de Cox’s Bazar.

Kutupalong est aujourd’hui le camp de réfugiés présentant la densité de population la plus élevée au monde avec 70 000 habitants au km² et plus de 600 000 personnes accueillies. Cette promiscuité empêche les réfugiés de vivre dans des conditions décentes. Le nombre d’infrastructures sanitaires est insuffisant et les espaces communs souvent insalubres, compliquant la lutte contre la COVID-19 et détériorant les relations avec les populations locales habitant autour du camp de Cox’s Bazar.  

L’instabilité politique en Birmanie complique la crise des Rohingyas

En février 2021, l’armée birmane prend le pouvoir et arrête de hauts dirigeants tels qu’Aung San Suu Kyi, cheffe du gouvernement de Birmanie, ainsi que le président Win Myint. Cet évènement bouleverse la transition démocratique en cours et provoque de nombreuses manifestations et actes de résistance de la part de la population contre ce nouveau régime militaire mené par le commandant Min Aung Hlaing.

Cette instabilité politique complique les négociations pour un retour des populations Rohingyas sur le territoire birman. L’installation temporaire des réfugiés sur le sol bangladais tend à perdurer et il devient urgent de trouver des solutions pour organiser la vie de ces milliers de réfugiés. Alors qu’en décembre 2020, le Bangladesh décide de relocaliser plus de 100 000 réfugiés sur l’île de Bhashan Char, régulièrement inondée, les Nations unies promettent une aide annuelle de 800 millions d’euros pour « assurer la sécurité et la dignité » des Rohingyas au Bangladesh.

Depuis le début de la crise, Vision du Monde, via le réseau international World Vision, soutient les milliers de réfugiés et déplacés internes et apporte une réponse humanitaire d’urgence aux Rohingyas réfugiés au Bangladesh, afin de nourrir et protéger les populations les plus vulnérables, notamment les enfants qui subissent de plein fouet les impacts de ce conflit. 

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