Protéger les enfants contre les violences quotidiennes

En 2020, des millions d’enfants demeurent victimes de violences quotidiennes. Qu’il s’agisse de violences physiques et sexuelles, de pauvreté, de conflits armés, ou d’exploitation, les violences envers un mineur doivent être condamnées sous toutes leurs formes. Il est urgent de combattre ces situations de maltraitance et de faire respecter les droits de l’enfant définis par la Convention Internationale des droits de l’Enfant il y a 30 ans.

Quelles sont les violences faites aux enfants ?

Aujourd’hui, 263 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés dans le monde. Mais bien au-delà du manque d’établissements scolaires, ce sont bien les violences envers les enfants qui empêchent un grand nombre d’entre eux de bénéficier d’une scolarité normale et de vivre leur vie en toute sécurité.

Les discriminations, le travail, les conflits, les mariages forcés, et autres violences que subissent de nombreux enfants sont de véritables violations de leurs droits qui entravent leur développement physique et psychologique.

Les enfants-soldats

Sur les cinq continents, des filles et des garçons mineurs sont recrutés par des groupes armés pour combattre à leurs côtés. Armés, mais aussi « porteurs, espions, cuisiniers ou exploités sexuellement » selon l’ONU, ces enfants maltraités représentent pas moins de 300 000 mineurs dans le monde. Parfois forcés, il arrive également que les jeunes choisissent de plein gré de rejoindre des gangs et autres groupes armés dans l’espoir d’une vie meilleure. 

Les mutilations génitales féminines

Dans certains pays d’Asie, d’Afrique, ou du Moyen-Orient, les violences envers les jeunes filles sont une réalité dans de nombreuses communautés.

À l’heure actuelle, 200 millions de femmes et de filles toujours en vie ont subi des mutilations génitales féminines. Les excisions dégradent pourtant considérablement la santé des jeunes femmes. Les exciseurs traditionnels utilisent des outils comme des lames de rasoirs sans anesthésiques pouvant alors entraîner des infections, de graves hémorragies, des problèmes urinaires ou encore des complications à l’accouchement. 

Réalisées par convention sociale, coutumes, ou autres raisons sociaux-culturelles, ces mutilations génitales violent pourtant les droits des jeunes filles et mettent leur vie en danger.

Les mariages forcés

Les mariages forcés représentent également une menace pour le développement des jeunes filles. Bien que certaines décident elles-mêmes de se marier de manière précoce pour sortir d’une situation précaire, de nombreuses jeunes filles doivent également subir des mariages imposées par leur famille. Chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées de force. Une fois mariées, ces jeunes filles quittent l’école et tombent enceinte, abandonnant toute idée d’opportunités professionnelles. 

Le travail des enfants

Le travail des enfants touche 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans selon l’Organisation Internationale du Travail. 

Ces activités, agricoles, industrielles ou de services, rendent les enfants vulnérables à toutes sortes de violences (blessures, épuisement, etc). Les jeunes travailleurs doivent supporter des conditions souvent extrêmes pour gagner quelques centimes par jour. Pourtant, ces emplois représentent le seul espoir pour ces enfants qui essayent de survivre et d’aider leurs familles. Privés d’éducation, il est ensuite très difficile pour les enfants en danger, victimes de maltraitances, de choisir un meilleur avenir. 

Les camps de réfugiés

En 2018, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) comptait plus de 25 millions de réfugiés dans le monde, dont la moitié étaient des mineurs. Après avoir fui des conflits, des catastrophes naturelles ou des épurations ethniques, ces enfants doivent vivre dans des conditions extrêmement difficiles. En détention, ou dans des installations de fortune, la majorité des enfants n’ont pas accès aux services essentiels. L’insalubrité et la malnutrition peuvent alors provoquer de graves problèmes de santé (diarrhées aiguës, paludisme, infections respiratoires, etc).

Les violences domestiques

Partout dans le monde, de nombreux enfants subissent des violences physiques et psychiques au sein du cercle familial. Insultes, dénigrement, menaces, coups physiques, ces violences occasionnelles ou répétées ont un réel impact sur le développement des enfants.

Comment faire respecter les droits de l’enfant ?

Jeune fille du Bangladesh mutilée

Selon la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), mise en place en 1989 par l’Assemblée générale des Nations unies, chaque enfant a le droit à un logement, une éducation, des conditions de vie décentes, et le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation. 

Dès les années 90, cette convention instaure alors les bases du respect des droits de l’enfant en veillant à ce que ces droits fondamentaux soient respectés par l’ensemble des États signataires.

Dans les faits, des millions d’enfants ne jouissent pas de tous ces droits. En cause ? L’extrême pauvreté dans laquelle vivent 385 millions d’enfants selon la Banque mondiale et l’Unicef. 

La situation précaire de certains foyers oblige les familles à envoyer leurs enfants au travail pour survivre et subvenir aux besoins essentiels de la vie quotidienne. Face au manque de nourriture, l’éducation n’est alors plus une priorité. Dans l’espoir d’une meilleure situation, les enfants trouvent un travail, rejoignent des groupes armés ou se marient. Sans éducation, il devient alors compliqué de briser le cercle de la pauvreté. 

Combattre la pauvreté paraît donc être le meilleur moyen de protéger les enfants contre les violences quotidiennes. L’éradication de la pauvreté est notamment l’un des Objectifs de développement durable des Nations Unies. En aidant les communautés à se développer dans leur globalité, tant sur le plan économique que sanitaire et social, les enfants pourront mener une vie sereine et aller à l’école pour se construire un avenir.

L’école pour tous les enfants est notamment fondamentale pour que chaque enfant puisse devenir acteur de ses droits et les faire respecter. En l’absence d’éducation, de nombreux enfants ne parviendront pas à sortir de la pauvreté. Mais comment envoyer les enfants à l’école quand les parents n’ont pas les moyens de les
nourrir ? 

Apporter des revenus aux familles pour éviter le travail des enfants est donc tout aussi important afin d’éviter la maltraitance des enfants. En aidant les communautés à développer des activités économiquement viables et durables, les enfants ne seront plus obligés de subvenir aux besoins de leur famille ou de se marier pour espérer une meilleure situation. 

Le respect des droits de l’enfant passe également par de meilleures conditions hygiéniques et nutritives. Chaque jour, 1 000 enfants de moins de 5 ans meurent d’une diarrhée attribuée au manque d’hygiène et d’assainissement de l’eau. De plus, le manque d’accès à l’eau potable oblige de nombreux enfants à manquer l’école pour aller chercher l’eau. Pour éviter les maladies et la malnutrition, et encourager la scolarisation des enfants, l’accès à l’eau potable doit être au cœur des programmes de développement. 

Enfin, un travail de sensibilisation doit être apporté auprès des populations qui pratiquent encore les mutilations génitales féminines. Les violences envers les jeunes filles affaiblissent grandement leur santé. Alors que certaines communautés pensent que médicaliser la pratique de l’excision est une solution, il est urgent d’agir pour diminuer et stopper ce genre de pratiques. 

Le parrainage pour la protection des enfants

La prévention et la lutte contre les violences, l’exploitation et les mauvais traitements doit être un travail quotidien pour assurer la protection de l'enfance. 

Vision du Monde accompagne les communautés pour les sensibiliser aux respects des droits de l’enfant. Via son approche holistique de l’aide au développement, l’association favorise le respect des droits de l’enfant grâce à l’accès à l’eau potable, la santé, l’alimentation, l’éducation, la protection des enfants ainsi que le développement économique.

A travers ses programmes de parrainage, l’ONG internationale a déjà mis de nombreux projets en place pour lutter contre les violences quotidiennes et faire respecter les droits des enfants. 

Cette aide au développement passe notamment par :

  • L'aide à la scolarisation, la lutte conte l’échec et l’abandon scolaire.
  • La prise en charge des enfants victimes d'exploitation et leur réinsertion sociale.
  • Des programmes de prévention, de sortie du travail et de réhabilitation.
  • L'aide aux activités génératrices de revenus et microcrédit au sein des communautés.   
  • Le soutien aux hôpitaux en charge de chirurgie réparatrice et grossesses compliquées. 
  • Le travail de sensibilisation, d’information et de formation des communautés aux dangers des mutilations génitales féminines et l’aide à la reconversion professionnelle des exciseuses.
  • Les formations aux questions d’hygiène et de santé et l’installation et la maintenance des puits. 

 

Enfant qui sourit

Au sein de ses 17 programmes de parrainage à travers 15 pays, Vision du Monde met en place des clubs d’enfants et d’adolescents pour les sensibiliser sur leurs droits. Ces jeunes s’emparent eux-mêmes des problématiques de violences dont ils peuvent être victimes et portent les messages de plaidoyer. Ils sensibilisent à leur tour leur entourage et les adultes aux pratiques qu’ils jugent néfastes telles que les mariages précoces par exemple.

Ainsi, grâce au parrainage, à Diokoul au Sénégal, un Conseil Municipal des Enfants a été mis en place. Ces derniers s’investissent dans des activités pédagogiques sur le respect des droits de l’enfant. À travers le théâtre, les enfants ont pu mettre en lumière le sujet de la protection des enfants en réalisant des scènes quotidiennes dont ils sont les principaux acteurs. 

Devenir parrain ou marraine, c’est agir au quotidien pour l’avenir d’un enfant et de toute sa communauté.