Objectifs de développement durable, où en sommes-nous ?

La semaine européenne du développement durable qui se déroule du 21 au 25 septembre, marque le 5ème anniversaire de l’Agenda 2030 défini par les Nations Unis énonçant les 17 objectifs de développement durable. Ce grand temps fort est l’occasion de dresser le bilan du chemin parcouru jusqu’à présent et d’évoquer les progrès qui devront encore être réalisés au cours de la prochaine décennie.

Vision du Monde intervient dans les contextes fragiles et ruraux des pays en développement en accord avec les objectifs définis par la communauté internationale. Aujourd’hui plus que jamais, l’urgence est à la sensibilisation et à l’action pour construire ensemble un monde durable ! 

Qu’est-ce que l’Agenda 2030 ?

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 a été lancé en 2015 pour éliminer la pauvreté et mettre le monde sur la voie de la paix, de la prospérité et de l’égalité des chances pour tous sur une planète en bonne santé. Il s’applique aussi bien aux pays dit du Nord que ceux dit du Sud, considérant ainsi tous les pays comme étant « en voie de développement durable ». Cette feuille de route se décline en 17 objectifs de développement durable et 169 cibles (ou sous-objectifs) couvrant pratiquement toutes les questions de société.

L’Agenda 2030 est au service de la planète, des populations, de la paix, de la collaboration internationale et des partenariats locaux. Il est transversal et prend en considération tous les domaines essentiels au bon développement des populations. 
 

Vers un monde plus durable ?

Après cinq années d’actions menées en ce sens, des progrès sont déjà visibles quant à l’atteinte des objectifs de développement durable. La proportion d’enfants et de jeunes non scolarisés a diminué, l’incidence de nombreuses maladies transmissibles est en baisse, l’accès à l’eau potable gérée en toute sécurité s’est amélioré, et la représentation des femmes à des postes de responsabilité progresse. 

  • Le taux mondial de mortalité des enfants de moins de 5 ans est passé de 76 décès pour 1 000 naissances en 2000 à 42 en 2015, et à 39 en 2018. 
  • Le taux de mortalité maternelle a diminué de 38% entre 2000 et 2017. 
  • Avant la crise du coronavirus, la proportion d’enfants et de jeunes non scolarisés dans l’enseignement primaire et secondaire avait décliné de 26 % en 2000 à 19 % en 2010, puis 17 % en 2018.
  • Les engagements internationaux visant à promouvoir l’égalité des sexes ont permis des améliorations dans quelques domaines : les taux de mariage d’enfants et de mutilations génitales féminines ont diminué au cours des dernières années, alors que le taux de représentation des femmes dans le monde politique est plus élevé que jamais.
  • La proportion de la population mondiale bénéficiant de services d’approvisionnement en eau potable gérés en toute sécurité est passée de 61 % en 2000 à 71 % en 2017
     

 

Quelles réalités dans le monde ?

Alors que de nombreux progrès sont constatés, leur réalisation demeure encore trop lente. Dans le même temps, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire augmente, l’environnement continue de se détériorer à un rythme alarmant et des niveaux d’inégalités dramatiques persistent dans toutes les régions.

Petite fille dans un camps de réfugiés

Avant même la pandémie COVID-19, le monde n’était pas en bonne voie pour éliminer la pauvreté d’ici 2030. Les jeunes travailleurs ont deux fois plus de risques de vivre dans l’extrême pauvreté que les travailleurs adultes. 

Alors que 2019 a été la deuxième année la plus chaude, le réchauffement climatique met en péril l’humanité. Les changements climatiques continuent d’exacerber la fréquence et la gravité des catastrophes naturelles qui ont touché plus de 39 millions de personnes en 2018 et qui intensifient la pauvreté. Deux milliards d’hectares de terres sont dégradés affectant ainsi plus de 3 milliards de personnes. 

Près de 80 millions de personnes fuient aujourd’hui la guerre, les persécutions et les conflits – soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré !

 

Les systèmes alimentaires sont également quant à eux menacés par les conflits, les chocs climatiques, la crise des criquets pèlerins et la pandémie COVID-19.  26% de la population souffre d’insécurité alimentaire et 144 millions d’enfants accusent un retard de croissance. Cette tendance risque de se poursuivre en réponse à la crise COVID-19. On estime que cette dernière impacte durement 40 à 85% des producteurs alimentaires des régions en développement. 

La question de l’eau devient de plus en plus centrale et risque de venir perturber le développement de nombreuses populations. On estime que d’ici à 2030 la pénurie d’eau pourrait déplacer 700 millions de personnes. Aujourd’hui déjà ce sont 3 milliards de personnes qui n’ont pas d’installation de base pour se laver les mains à la maison et se protéger de la COVID-19. 

Quels impacts de la pandémie COVID-19 sur les ODD ?

Ce constat préoccupant est celui dressé avant même la pandémie liée à la COVID-19, or les conséquences de la crise sanitaire risquent d’annuler bon nombre des progrès réalisés jusqu’ici et d’accroître les vulnérabilités des populations.

Dans les pays en développement, les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes employées dans l’économie informelle, les personnes âgées, les enfants, les personnes handicapées, les peuples autochtones et les migrants, risquent d’être encore plus durement frappés.

Selon les prévisions, la pandémie risque de faire basculer 71 millions de personnes dans l’extrême pauvreté en 2020, soit la première hausse de la pauvreté mondiale de ces 10 dernières années. Beaucoup de ces personnes vivent de l’économie informelle et ont vu leurs revenus baisser de 60 % dès le premier mois de la crise. La moitié des travailleurs de la population active mondiale, soit 1,6 milliard de personnes, assurent leur subsistance et celle de leur famille par des emplois précaires et souvent dangereux dans l’économie informelle, et ont été touchés de manière significative. Les impacts de la COVID-19 accroissent également la vulnérabilité d’un milliard de personnes vivant dans des taudis dans le monde, qui souffrent déjà de logements inadéquats et ont un accès limité, voire inexistant, aux infrastructures et services de base.
 

Dans près de 70 pays, les services de vaccination des enfants ont été interrompus en mars et avril 2020. De nombreux pays ont enregistré une forte hausse des signalements de violence familiale à l’égard des femmes et des enfants. On peut s’attendre à des millions de grossesses non désirées, car des dizaines de millions de femmes n’ont pas accès aux produits et services de planification familiale.

Les fermetures scolaires quant à elles ont empêché 90 % des élèves d’aller à l’école et plus de 370 millions d’enfants ont été privés de repas scolaires ce printemps. L’absence prolongée des élèves nuit à l’apprentissage des enfants et adolescents et favorise le décrochage scolaire de bon nombre d’entre eux. La perturbation des systèmes scolaires partout dans le monde est également préjudiciable au développement social et comportemental des enfants et des jeunes. Alors que plus de familles basculent dans l’extrême pauvreté, les enfants des communautés pauvres et défavorisées risquent bien plus d’être contraints à travailler, d’être mariés précocement ou d’être victimes d’abus. Pour la première fois en 20 ans, les progrès mondiaux en matière de réduction du travail des enfants risquent de reculer.

Petite fille masquée

Les conséquences de la crise COVID-19 vont changer à jamais le sort de millions d’enfants et de jeunes dans le monde. Elles impactent de manière démesurée le Programme de développement durable à l’horizon 2030, mais ne doivent en rien le remettre en question et freiner les ambitions. Il est plus que jamais temps de maintenir le cap et de réagir en conséquence. Cette réponse solidaire ne pourra être que collective.

Vision du Monde est convaincue que l’avenir des jeunes générations se joue dès maintenant. L’association base son aide au développement sur le transfert de compétences pour assurer l’émancipation des populations. Elle prend en compte tous les domaines essentiels à la vie des enfants et les accompagne pour faire face aux enjeux de demain avec résilience. 
 

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