Nouveau programme au Salvador

Vision du Monde place la protection des enfants au cœur de son action. Alors que le crime et la violence constituent une menace pour le développement du Salvador et nuisent grandement à sa population, l’ONG humanitaire affirme sa volonté d’agir durablement dans les contextes les plus fragiles pour offrir un avenir meilleur à chaque enfant et son entourage. Vision du Monde ouvre alors dès février 2020 un nouveau programme dans le département de La Union au Salvador, pays dans lequel le taux de pauvreté s’élève à 35% et l’analphabétisme à 11%. Le Salvador fait face à deux grands défis : le taux de criminalité qui malheureusement atteint des records et la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques provoquant alors d’importantes migrations. 

Quels sont les enjeux de développement au Salvador ?


Une Histoire marquée par la domination

Ancienne colonie espagnole, le Salvador gagne son indépendance le 15 septembre 1821 mais deviendra une République caféière jusqu’en 1932. Les Européens prennent les terres et forment une élite qui possède toutes les richesses. Ce sont alors les communistes qui lancent un mouvement de soulèvement en 1932 mené principalement par les indiens qui connaîtront alors de nombreux massacres. Les survivants se voient contraints d’abandonner leurs cultures. De nos jours il n’y a plus réellement d’ethnies ni d’indiens au Salvador. Frappé par un fort autoritarisme militaire, le Salvador connaît une guerre civile de 1980 à 1992 entre les communistes et l’extrême droite faisant ainsi 100 000 morts. Depuis, bien que le Salvador soit une république avec un régime présidentiel, il est l’un des pays les plus violents au monde et gangrené par de nombreux gangs dans lesquels les jeunes sont embrigadés très tôt.


Un pays en proie aux catastrophes naturelles

Le Salvador est le plus petit pays d’Amérique centrale et possède la plus grande densité de population au km2 de la zone. Il partage ses frontières avec le Guatemala au Nord et le Honduras à l’Est et se présente comme le seul pays d’Amérique centrale à ne pas disposer de façade maritime sur la mer des Caraïbes. Deux chaînes de montagnes traversent le pays d’Est en Ouest avec au milieu, un plateau de 600 m d’altitude. Le Salvador se situe sur la ceinture de feu du pacifique, ce qui le rend vulnérable aux séismes et aux éruptions volcaniques : on compte 21 volcans actifs sur le territoire. Le pays dispose d’un climat tropical avec une saison humide de mai à octobre. Les températures sont les mêmes tout au long de l’année, avec une moyenne de 24°C.


Des difficultés économiques

Le Salvador dont la capitale est le San Salvador compte aujourd’hui 6,3 millions d’habitants dont plus de 65% vivent en ville. La croissance économique du pays est alimentée par les secteurs de l'agriculture, l'élevage, la foresterie, la pêche, l'industrie manufacturière et des entreprises minières, ainsi que le commerce, les restaurants, et les hôtels ; qui représentent les deux tiers de la croissance observée. Cependant, ces dernières années, le Salvador a eu l'économie la plus lente d'Amérique centrale.
L’investissement privé souffre de la criminalité et de la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. À cela s’ajoutent des fragilités structurelles comme la petite taille du marché, l’inégalité de revenus, la pauvreté en ressources naturelles ainsi que la corruption. La rentabilité des petites entreprises salvadoriennes est affectée par des extorsions opérées par les gangs, ce qui diminue leur profit et leur capacité d’investissement. De plus, le taux de chômage, qui est très faible (4,5% en 2016), cache en réalité un important sous-emploi puisqu’environ 61% de la population travaille dans le secteur informel.


Les droits humains en danger

Le Salvador est considéré comme un des pays le plus violent d’Amérique centrale. On compte en moyenne dix homicides par jour. Ils sont principalement perpétrés par les maras : des gangs qui pratiquent le racket, le trafic de drogue et le proxénétisme. Ils recrutent les jeunes des quartiers défavorisés dès leur plus jeune âge, soit environ 10 ans, qui rejoignent alors ces groupes violents dans l’espoir d’une vie meilleure. Tant que l’Etat n’agira pas sur la cause principale de la violence, à savoir la pauvreté, les gangs continueront de sévir. 
Le Salvador est également l’un des pays les plus dangereux pour les femmes en raison d’un niveau élevé de violences liées au genre. Le pays fait partie des pays du monde ayant la loi anti-avortement la plus stricte. L’avortement y est interdit en toutes circonstances. Certaines femmes présentant des grossesses à risques meurent faute de pouvoir avorter, d’autres font des fausses couches et sont envoyées en prison pour homicide pendant 20 à 30 ans.

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Améliorer les conditions de vie et mettre fin aux violences au Salvador

Vision du Monde rejoint le 1er février 2020, le partenariat World Vision présent au Salvador depuis 1975 à la suite de l’Ouragan Fifi. Depuis une première présence du partenariat, 19 programmes de développement ont vu le jour dans 39 municipalités bénéficiant ainsi à 112 000 enfants et adolescents. Malgré l’intensification de l’aide humanitaire dans le pays, de nombreux défis restent à relever en matière de santé, d’alimentation, d’éducation et de protection de l’enfance. 


Améliorer la santé et la nutrition des enfants 

  • Sur 100 grossesses, 30 concernent des jeunes filles âgées entre 10 et 19 ans.
  • Plus de 13% des enfants de moins de 5 ans ont un retard de croissance
  • Plus de 12% de la population souffre de malnutrition

Permettre une éducation inclusive

  • Seulement 64 % des jeunes sont scolarisés dans le secondaire
  • En 2017, près de 45% des écoles étaient situées dans des communautés où des gangs étaient présents
  • Protéger les plus jeunes de toutes formes de violences 
  • 87% des salvadoriens pensent que la violence contre les enfants a augmenté ces 5 dernières années 
  • 95% de la population pensent que plus d’initiatives devraient être mises en place pour protéger les enfants
  • Les causes de violence les plus communes contre les enfants sont l’alcool et la drogue ainsi que le crime organisé et les gangs. 

 

Pour faire face à ces nombreuses problématiques le partenariat World Vision accompagne et vient en aide aux Salvadoriens à travers des campagnes de vaccination, la construction d’installations d’accès à l’eau potable et des formations aux bonnes pratiques nutritives. Favoriser l’accès à l’éducation est également le meilleur moyen de sortir les jeunes et leur famille de la précarité et de les éloigner des activités criminelles. Ainsi les enfants et adolescents sont accompagnés au sein de clubs de jeunes dans lesquels ils bénéficient d’un soutien pour leur scolarité, participent à des activités culturelles et acquièrent des compétences professionnelles et de savoir être. L’objectif est donc d’apporter des solutions concrètes aux adolescents déscolarisés, sans emploi et/ou analphabètes. L’éducation est un sujet central qui doit être considéré comme fondamental dès le plus jeune âge, ainsi l’ONG humanitaire prépare les enfants de 3 à 6 ans à faire leur entrée à l’école primaire pour favoriser leur adaptation. 

Le partenariat World Vision travaille main dans la main avec les leaders religieux qui exercent une réelle influence sur les communautés locales et notamment les maras. Grâce à l’approche « Les Canaux de l’Espoir », l’ONG a pu former 5 000 leaders religieux aux droits de l’enfant pour qu’ils puissent à leur tour sensibiliser les communautés et ainsi aider 70 000 enfants. 
 

Vision du Monde ouvre le programme « Caminos de Esperanza »


Le programme de développement « Caminos de Esperanza » se situe dans le département de La Union, au sud du pays, à environ 200 kilomètres de la capitale San Salvador. Ce programme lancé par Vision du Monde est le premier du partenariat World Vision à ouvrir dans cette zone géographique. Les conditions de vie des enfants et de leurs familles y sont particulièrement difficiles :  

 

  • Le taux d’analphabétisme est de 23% à la Union contre 11% au niveau national. Les problématiques de violences et notamment l’enrôlement dans les gangs sont des problématiques majeures et s’expliquent en partie par le manque d’opportunités, de formation et d’emplois stables. 
  • 30 % des familles sont très pauvres et se voient contraintes de dormir dans des cabanes ou à la rue, de faire travailler leurs enfants et sont privées de l’accès aux services de base. 
  • 47% de la population de la Union gagne moins que le salaire minimum fixé à 304$ par mois.
  • Chez les enfants âgés de 10 à 15 ans, 1 enfant sur 10 travaille, souvent auprès de ses parents. 
  • Près de 25% des jeunes affirment ne connaître aucun moyen contraceptif
  • Près de 70% des jeunes sont victimes de violences domestiques 
     
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Dès la première année de ce nouveau programme de parrainage de La Union au Salvador, Vision du Monde viendra en aide à 2 000 enfants et 200 adultes pour mettre fin durablement aux violences dont ils sont victimes et leur offrir un environnement plus sûr dans lequel ils peuvent se réaliser dignement. L’accent sera mis sur le renforcement des activités éducatives et de formations professionnelles, travailler avec les communautés sur le vivre ensemble et les former à la protection de l’enfance. L’association souhaite agir sur les causes profondes des conflits en sortant les populations de la pauvreté et en réduisant le taux de décrochage scolaire.