Ici, les filles voient leurs droits respectés, là-bas, elles sont mutilées

A l’occasion de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, Vision du Monde, association de solidarité internationale qui vient en aide aux enfants les plus vulnérables, alerte sur la violation des droits fondamentaux des filles et des femmes que constitue l’excision.

Ici, dans nos pays, cette pratique semble inconcevable, et pourtant, là-bas, elle est une réalité. Chaque année, partout dans le monde, des millions de jeunes filles sont encore victimes de cette pratique ancestrale.

Interview de Camille Romain des Boscs sur TV5 Monde.

Qu’est-ce que les mutilations génitales féminines ?

On considère toute intervention qui altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme, pour des raisons non médicales, comme une mutilation. Cela concerne la plupart du temps des jeunes filles entre l’enfance et l’âge de 15 ans. L’excision est la forme la plus répandue.
 
Les mutilations génitales féminines ne présentent aucun avantage pour la santé, au contraire elles endommagent les tissus des organes génitaux et entravent le fonctionnement naturel de l’organisme féminin. De plus, elles sont très peu pratiquées par des professionnels de santé. Le plus souvent, les exciseuses traditionnelles utilisent des lames de rasoirs et des ciseaux sans anesthésiques. Cette pratique provoque un risque d’infection élevé et de nombreux risques obstétricaux.

mutilations génitales féminines mgf

Binta, victime d'excision à l'âge de 10 ans

« Quand j’avais 10 ans, on m’a emmenée dans un lieu “secret” avec des filles de mon âge. Je me souviens avoir crié de toutes mes forces et puis plus rien. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais allongée dans mon sang après trois heures d’hémorragie. Ma mère était contente lorsque j’ai repris mes esprits ; elle et les femmes âgées autour de moi pensaient que ma vie était sauve et que tout redeviendrait à la normale.

Au contraire, plus rien n’était comme avant. Je n’ai pas pu marcher pendant 4 jours à cause de la douleur et des saignements. J’ai dû prendre un traitement pour aider la cicatrisation. Depuis, je porte cette blessure secrètement. J’endure la douleur, les démangeaisons, les brûlures, et les autres gênes en silence. Depuis ce jour, ma vie a radicalement changé. Je vis dans un cauchemar depuis 17 ans dont je ne suis pas sûre de sortir un jour. Entre la douleur morale et physique, je dois avouer que je ne sais plus laquelle me fait le plus souffrir. J’espère qu’une chose : qu’un jour cette pratique traditionnelle cesse et que plus aucune fille ne traverse ce que j’ai vécu. »

binta victime de MG

Vision du Monde et la lutte contre les mutilations génitales féminines

Vision du Monde travaille main dans la main avec les communautés de ses programmes de développement au Mali, en Ethiopie et au Sénégal, pour mettre fin aux mutilations génitales féminines. Les MGF (Mutilations Génitales Féminines) sont des traditions profondément ancrées et y mettre un terme nécessite de sensibiliser les enfants, les jeunes adultes, les chefs religieux, les chefs de village et les enseignants. L’approche communautaire de Vision du Monde et le travail avec les équipes locales sont des facteurs clés de réussite dans l’accompagnement des populations vers l’abandon de la pratique des MGF.

L’association forme les exciseuses à de nouvelles activités génératrices de revenus, afin de les accompagner vers l’abandon de cette pratique si dévastatrice pour la santé des jeunes filles. Face à la pandémie, soutenir l’activité économique des familles via des groupes d’épargne est, par exemple, un moyen efficace de lutter durablement contre toutes formes d’abus dont les filles peuvent être victimes.

Depuis le début de la pandémie, via le Partenariat international World Vision, Vision du Monde déploie son aide d’urgence pour faire face aux conséquences indirectes de la crise et notamment à la hausse des violences faites aux filles et aux garçons. L’ONG a déjà soutenu plus d’un million d’enfants grâce à ses programmes de protection de l’enfance, et continue de former et d’informer toutes les personnes susceptibles d’identifier et d’alerter sur les pratiques allant à l’encontre du respect des droits de l’enfant.

Ici, vous pouvez aider en parrainant un enfant.

Là-bas, nous pourrons agir en mettant un terme à cette pratique.