Les enfants, prisonniers de la crise migratoire vénézuélienne

Cherchant à fuir l’instabilité politique, les violences ainsi que l’hyperinflation qui ravagent le pays, nombreux sont les Vénézuéliens qui se sont réfugiés dans les pays voisins. La crise sanitaire a par ailleurs détérioré des conditions de vie déjà difficiles : confinement, perte de revenus significative menant à des expulsions forcées, accès réduit aux produits et aux services essentiels tels que la santé, la protection et la sécurité alimentaire.  

La Colombie : terre d’exil pour les Vénézuéliens

Depuis la mort du président Hugo Chavez en 2013 et la crise qui s’en est suivie, plus de 5,3 millions de Vénézuéliens ont pris la route de l’exil, soit près de 20% de la population. Cette migration représente l’un des plus importants déplacements de population de l’histoire récente de l’Amérique latine et la Colombie demeure le premier pays d’accueil des Vénézuéliens.

Jusqu’au début de la crise de la Covid-19, 3 000 à 5 000 personnes en moyenne entraient quotidiennement en Colombie, pour s’y établir ou tenter de rejoindre d’autres nations voisines. Les Colombiens s’étaient ainsi presque habitués à voir des « marcheurs » sur les routes, les familles les plus pauvres traînant valises et poussettes dans l’espoir d’un avenir meilleur.

La crise sanitaire a toutefois renforcé le contrôle aux frontières, rendant les migrations plus incertaines, aléatoires et risquées.

Réfugiés vénézuéliens

Les enfants, grands sacrifiés de l’exode vénézuélien

Dans ce contexte, ce sont les enfants et les adolescents qui sont en particulier victimes de multiples violations de leurs droits : exploitation au sein de groupes criminels, travail forcé, abus sexuels et autres formes de violences physiques et psychologiques. Ces violations sont exacerbées par la crise sanitaire qui les plonge davantage dans l’extrême pauvreté et les prive de toutes formes d’éducation.

De plus, nombre de ces enfants ne sont pas enregistrés auprès du consulat vénézuélien. Sans statut, ils deviennent apatrides et vivent  une vie d’exclusion et de discrimination, se voyant souvent refuser l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à l’emploi.

Une lueur d’espoir apparaît pourtant grâce à l’annonce de la naturalisation de nombreux migrants vénézuéliens faite par le gouvernement colombien. Ce dispositif qui constitue un réel soulagement pour de nombreuses familles, représente l’une des opérations les plus massives de régularisation de migrants jamais annoncée dans le monde. Cette mesure offre l’espoir d’une migration plus sûre, qui facilitera la reconnaissance des droits fondamentaux des enfants vénézuéliens et contribuera à leur intégration dans la société. Officiellement, les enfants vénézuéliens bénéficiaient déjà du droit l’éducation et à la santé, reconnu par l’état colombien à tous les mineurs indépendamment de leur nationalité. Mais la réalité de cette population infantile diffère souvent de ces objectifs annoncés et demeure souvent très précaire. Loin de tout régler, leur naturalisation constitue toutefois un premier pas dans la bonne direction.

Vision du Monde, engagée auprès des enfants vénézuéliens

Face à cette crise aux multiples visages, Vision du Monde s’engage auprès de la population vénézuélienne sur le territoire colombien pour assurer une réponse d’urgence efficace. Le projet « Accueil d’Urgence et Protection des Populations Migrantes Vénézuéliennes » permet de prendre les migrants en charge en créant des environnements sécurisés pour les enfants et adolescents. Dans les zones frontalières, le projet met en œuvre des espaces et des activités de prévention mais aussi de détection des incidents.

Ce projet a été déployé avec succès pour répondre aux besoins d’autres municipalités, en novembre 2020 (l’une dans la municipalité de Puerto Santander et l’autre dans le secteur de la Parada dans la municipalité de Villa del Rosario) offrant des soins aux populations dans les zones concernées.

Ce projet permet donc de consolider les espaces d’accueil pour les enfants et adolescents venant du Venezuela afin de promouvoir leur bien-être ainsi que leur protection, tout maintenant le lien à l’éducation.

Les équipes locales effectuent un travail de sensibilisation des enfants, des adolescents et de leurs parents aux mécanismes de plainte et d’accès aux services de protection et d’éducation ainsi qu’au respect de leurs droits.