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Les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant

Le 20 novembre 2019 nous célébrons les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).
7 août 2019

Le 20 novembre 2019 nous célébrons les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant. (CIDE). Elle a été adoptée à l’unanimité par les Etats membres des Nations Unies en 1989. Elle constitue le premier traité international juridiquement contraignant concernant les droits de l’enfant. Seuls les Etats-Unis ne l’ont pas ratifiée à ce jour. La CIDE est donc le texte le plus ratifié au monde.

Qu’est-ce que définit la CIDE ?

Aux yeux de la CIDE, est considéré comme enfant tout être humain âgé de moins de 18 ans. La convention en définit donc ses droits fondamentaux et veille à ce que tous les pays coopèrent pour mieux protéger les enfants, assurer leur sécurité et leur bien-être. Les enfants doivent faire partie des considérations primordiales des états. Les droits de l’enfant sont définis tout au long des 54 articles qui composent la CIDE. Un comité d’experts au niveau national suit l’application des 40 droits dont disposent les enfants.

Il est du devoir des ONG d’aide à l’enfance dont fait partie Vision du Monde de veiller à la bonne application de cette convention par les états signataires en France et partout dans le monde.

Retrouvez notre article sur la définition de la CIDE

30 ans après la signature de la CIDE, où en sont les droits de l’enfant ?

Le 30ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies semble être un moment opportun pour dresser un bilan des progrès réalisés en faveur des droits de l’enfant et de leur protection.

Au cours des 30 dernières années, la CIDE a révolutionné la situation des enfants tout autour du monde. De nouvelles lois et politiques ont apporté un cadre pour l’action. De nombreux facteurs ont contribué à un monde dans lequel les enfants sont en meilleure santé, et de mieux en mieux éduqués, parmi lesquels :

  • L’augmentation des investissements publics en faveur des services et interventions qui profitent aux enfants
  • Un meilleur suivi des progrès réalisés
  • Un engagement plus poussé de la société civile
  • Une réduction généralisée de la pauvreté

Les efforts visant à respecter les droits de l’enfant peuvent désormais s’appuyer sur un ensemble beaucoup plus complet d’objectifs convenus au niveau mondial. Les objectifs de développement durable des Nations Unies, fixés pour l’année 2030, reflètent nombre de promesses faites par les gouvernements lorsqu’ils ont ratifié la CIDE :

  • Protéger les enfants contre toutes les formes de violence
  • Promouvoir l’égalité des sexes
  • Lutter contre les autres formes de discrimination
  • Eradiquer le travail et l’exploitation des enfants

Ces objectifs sont applicables à tous les pays, quel que soit leur niveau de revenu. La prochaine étape est d’appliquer ces objectifs aux plans et budgets gouvernementaux et de créer des mécanismes plus efficaces pour les suivre et en rendre compte. Les enfants quant à eux devraient être impliqués dans le processus de décision et être en capacité d’influencer les décisions qui concernent leur vie.

Le nouvel agenda mondial comporte une disposition supplémentaire capitale : la promesse de « ne laisser personne de côté ». Les 30 dernières années ont honoré beaucoup des promesses de la CIDE, et au cours du processus, les vies d’innombrables enfants ont été améliorées. Mais pour plusieurs millions d’entre eux, cette promesse n’a pas été tenue. Ces enfants ne sont pas victimes de malchance, mais font les frais de négligence, d’inaction et de discrimination. Une nouvelle ère faite d’engagement, d’action et de justice est nécessaire pour concrétiser la vision de la CIDE.

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Des violences faites aux enfants qui persistent à travers le monde :

La violence envers les enfants est sans doute le domaine de la CIDE qui présente l’écart le plus grand entre les aspirations et la réalisation. La violence apparait aujourd’hui comme le problème le plus urgent à résoudre. Il s’agit de mettre fin au harcèlement, à l’exploitation économique, au mariage d’enfants, au trafic d’enfants, aux châtiments corporels, aux mutilations génitales féminines dont  l’excision, au recrutement d’enfants soldats et aux violences scolaires. Les chiffres mondiaux restent alarmants :

  • 152 millions d’enfants travaillent
  • Chaque année 12 millions de filles se marient avant l’âge de 18 ans et 1 fille sur 9 est mariée avant l’âge de 15 ans dans les pays en voie de développement.
  • Près de 4 millions d’enfants réfugiés ne sont pas scolarisés.
  • Depuis 2000, un cinquième des naissances dans le monde ne sont toujours pas enregistrées, ce qui affecte 146 millions d’enfants.
  • Au niveau mondial, 76 % des enfants de moins de 14 ans ont déjà subi des punitions physiques à la maison.
  • 15 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont déjà subi une relation sexuelle forcée au cours de leur vie.
  • On estime à plus de 200 millions le nombre de jeunes filles et de femmes toujours en vie, qui ont été victimes de mutilations génitales féminines.
  • On estime à 300 000 le nombre d’enfants soldats à travers le monde

Faire face aux nouveaux défis d’un monde en mutation :

Aujourd’hui pour tenir les promesses formulées dans la CIDE il faut à la fois respecter les principes immuables exposés dans ce texte mais également tenir compte du monde en mutation dans lequel nous vivons. Trente ans après, la CIDE n’a rien perdu de son urgence ni de sa pertinence.

Les enfants sont surreprésentés parmi les pauvres, un cinquième des enfants de moins de 5 ans des pays en voie de développement vivent dans des foyers extrêmement pauvres. Ces enfants courent un risque accru de malnutrition, de maladie, de décrochage scolaire et de travail dans des conditions dangereuses ou qui relèvent de l’exploitation. Progressivement, l’extrême pauvreté se concentre vers les états fragiles ou affectés par un conflit. Alors qu’en 2008, ils comptaient pour 14 % de la pauvreté mondiale, ce chiffre est passé à 23 % en 2015. D’ici 2030, on estime que leur proportion dépassera les 50 %. Cette hausse est le reflet d’une augmentation permanente du nombre d’enfants vivant dans des zones impactées par des conflits : en 2017, 1 enfant sur 5 dans le monde était touché, près du double par rapport à 1989. Les enfants du Moyen-Orient présentent le risque le plus élevé d’exposition aux conflits, avec 2 enfants sur 5 qui vivent dans les 50 km autour d’un lieu de conflit.

Les impacts indirects des conflits sur les enfants sont encore plus importants. Selon des estimations, 100 000 bébés meurent chaque année de causes liées aux conflits, notamment de la famine, de l’effondrement des systèmes de santé et du manque d’approvisionnement en eau.

Le changement climatique aggrave de manière accrue les crises, aux déplacements et aux conflits.  Dans beaucoup de cas, les enfants sont les premiers et les plus affectés par les catastrophes naturelles liées au climat et par l’impact du changement climatique sur la production alimentaire, les maladies et l’accès à l’eau. Plus de 99 % des décès déjà attribuables aux changements liés au climat ont lieu dans les pays en voie de développement, les enfants représentant plus de 80 % de ces décès. Plus d’un demi-milliard d’enfants vivent dans des zones qui ont un risque d’inondations extrêmement élevé ; 115 millions sont menacés à un niveau élevé ou extrêmement élevé par les cyclones tropicaux ; et près de 160 millions sont exposés à des degrés élevés ou extrêmement élevés de sévérité de sécheresse.

Le changement climatique pose probablement le plus grand défi pour le respect des droits de l’enfant et menace d’anéantir la plupart des progrès accomplis au cours des dernières décennies pour améliorer la vie des enfants.

30 ans après la signature de la CIDE, il est indispensable de prendre la mesure des progrès réalisés même dans les pays les plus pauvres et aux ressources limitées, tout comme de réaffirmer les engagements pris à l’égard des droits de l’enfant pour mettre fin aux violences. Vision du Monde s’engage au quotidien dans les contextes les plus difficiles pour protéger durablement les enfants. En soutenant nos actions, vous pouvez vous aussi agir contre les violences faites aux enfants.