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La République Démocratique du Congo frappée par Ebola

Parmi les personnes infectées par le virus 30% sont des enfants.
28. juin 2019

Le 17 juillet 2019, l’épidémie du virus Ebola en République Démocratique du Congo a été déclarée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme une « urgence de santé publique de portée internationale ». Cette annonce fait suite au décès d’une personne contaminée par le virus à Goma, une ville de près de deux millions d’habitants à la frontière avec le Rwanda et qui est la porte d’entrée vers le reste du pays et le monde. L’épidémie du virus Ebola continue de frapper de plein fouet la République Démocratique du Congo. L’OMS recense aujourd’hui plus de 2 500 cas confirmés et près de 1 700 décès. Parmi les personnes infectées par le virus 30% sont des enfants. Face à une telle épidémie, la réponse d’urgence s’intensifie pour tenter de contenir la propagation. Le Partenariat international World Vision s’associe avec de nombreuses organisations internationales et le ministère de la santé locale pour agir contre cette crise sanitaire qui affecte la République Démocratique du Congo. 


Une épidémie difficilement contrôlable


Le contexte de fragilité préexistant des communautés congolaises intensifie grandement les risques liés à cette crise. L’épidémie pourra être contenue uniquement si les structures politiques et les chefs des communautés travaillent main dans la main. Le Partenariat international World Vision intervient au nord est de la RDC et notamment dans la ville de Goma pour former les pasteurs et les imams à la sensibilisation des personnes sur les risques de contamination. Les leaders religieux sont des partenaires clés dans la lutte contre le virus Ebola car ils bénéficient de la confiance des populations et d’une aura particulière. Grâce à cette approche plus de 400 000 personnes ont été sensibilisées. Du personnel de santé a également été formé et 11 000 kits d’hygiènes ont été distribués. 


Ebola est l’une des nombreuses crises qui affectent la République Démocratique du Congo. Aujourd’hui on compte 13 millions de Congolais qui nécessitent une aide humanitaire, dont 6 millions d’enfants. Les violences ayant lieu dans le pays entravent grandement le dispositif d’urgence mis en place pour lutter contre Ebola. Il existe également en République Démocratique du Congo une vraie méfiance envers les institutions de santé. De nombreuses personnes ne se font pas soigner et décèdent à leur domicile, ce qui favorise la propagation du virus. 


L’épidémie d’Ebola s’est initialement déclarée en août 2018 dans la région du Nord Kivu. Très vite la crise sanitaire s’est confrontée à des facteurs aggravants tels que les mouvements de population, l’insécurité, la méfiance des communautés et l’extension de l’épidémie au niveau national. C’est la région d’Ituri qui a ensuite été touchée, puis le virus a traversé la frontière ougandaise. Depuis le récent cas déclaré à Goma,  624 000 enfants courent un risque de contamination. 
 

Ebola - RDC

Un premier cas d’Ebola détecté en Ouganda


Le 11 juin 2019, le ministère de la santé ougandais a confirmé un cas du virus Ebola dans la région de Kasese en Ouganda à la frontière de la République Démocratique du Congo. Il s’agit d’un petit garçon âgé de 5 ans ayant déclaré des symptômes après avoir assisté aux funérailles de son grand-père décédé du virus dans la région de Mabalako en République Démocratique du Congo. Depuis, trois cas d’Ebola ont été confirmés dans le pays dont deux décès. 27 personnes à risque ont été identifiées. Le ministère de la santé et les nombreux partenaires humanitaires ont déployé une réponse d’urgence dans la région et ont placé le pays sous surveillance.


Les frontières avec la République Démocratique du Congo sont poreuses et de nombreux réfugiés passent par ce pays pour rejoindre les pays voisins. Les craintes sont donc présentes dans le nord-ouest de l’Ouganda, à la frontière du Congo et du Soudan du Sud où les déplacements de population sont nombreux, notamment à cause du conflit sud-soudanais. Un certain nombre de réfugiés passent par la République Démocratique du Congo avant de rejoindre les camps en Ouganda. Dans le camp d’Imvepi qui accueille aujourd’hui près de 60 000 réfugiés et qui continue à recevoir 500 nouvelles personnes par jour en moyenne, la mobilisation est bien présente. Des seaux d’eau chlorée sont installés un peu partout dans le centre d’accueil. Un processus systématique a été mis en place pour les nouveaux arrivants. Il consiste en une auscultation et un questionnaire détaillé.


Il est urgent d’agir pour enrayer l’épidémie du virus Ebola qui a déjà fait des milliers de victimes depuis 2018 dans cette région d’Afrique de l’Est.