La relance verte comme sortie de crise de la COVID-19

En plus de faire des millions de victimes, la pandémie de COVID-19 a bouleversé le système économique et social mondial et plongé de nombreuses personnes dans la pauvreté. Apporter une aide d’urgence pour répondre aux premières conséquences de la crise semble insuffisant. Il est aujourd’hui essentiel de repenser notre modèle économique, agricole et social pour mener la relance économique vers un modèle de transition écologique.

Il est de notre responsabilité collective de s’attaquer aux principales causes sous-jacentes de la pandémie : un développement économique non durable, et un mépris collectif pour la préservation de l’environnement. Face à ces nombreux défis, Vision du Monde encourage le développement d’une économie verte pour créer un monde plus inclusif et résilient dès à présent et pour les générations futures.

Le rôle du changement climatique dans la crise sanitaire, sociale et économique actuelle

Bien que les causes de l’apparition du coronavirus n’aient pas encore été révélées, de nombreux scientifiques n’hésitent pas à pointer du doigt le rôle de la destruction de l’environnement dans la propagation de nouveaux virus dans le monde. 

Pour une partie de la communauté scientifique, la déforestation massive et l’élevage intensif sont deux des causes majeures de la pandémie. En détruisant l’habitat naturel des espèces sauvages, l’Homme ne fait que rapprocher les animaux sauvages des habitations humaines. Or, il a été établi que la majorité des virus se transmet via les animaux, comme les insectes ou les mammifères. 

Selon une recherche menée par l'EcoHealth Alliance, 30 % des propagations de maladies infectieuses sont liées au changement d'affectation des terres, comme la déforestation, et 15 % aux transformation des terres agricoles. Il a par exemple été observé que le virus Ebola est particulièrement virulent dans des zones lourdement impactées par la déforestation en Afrique de l'Ouest et en l'Afrique centrale.

Mais la destruction de l’environnement et le modèle agricole intensif mondialisé ont des effets dépassant largement les conséquences de la circulation du coronavirus. Depuis des décennies, les changements climatiques provoquent guerres civiles, déplacement de population et pauvreté dans de nombreuses régions du monde :

  • En Éthiopie, l'un des pays les plus touchés par la sécheresse au monde, l'insécurité alimentaire a contraint des millions de personnes des zones rurales à migrer vers les villes à la recherche de nourriture et de travail.
  • À Sumba, en Indonésie, les effets combinés de la sécheresse, la déforestation et les pratiques agricoles destructrices comme l’agriculture sur brûlis ont considérablement dégradé les paysages et conduit à l'insécurité alimentaire et à une malnutrition importante au sein des foyers les plus vulnérables.
  • Sur les îles et atolls de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'élévation du niveau de la mer détruit les cultures de base, conduisant à l'insécurité alimentaire et à la migration des communautés vers le continent à la recherche de travail.
  • En Amazonie, déforestation, incendies et changement climatique menacent les moyens de subsistance et les cultures uniques des peuples autochtones, des sociétés et des communautés qui sauvegardent pourtant environ 80 % de la biodiversité de la planète, alors qu'elles ne représentent que 6 % de la population mondiale.

 

Bidonville et inondation

Les impacts du changement climatique, les maladies infectieuses, les chocs économiques, les pratiques agricoles destructrices de l'environnement, la perte de biodiversité et la pollution atmosphérique pèsent lourdement sur les familles et les communautés les plus vulnérables. Ces événements pourraient conduire des millions de personnes en plus vers la pauvreté si rien n’est fait dans les prochaines années. 

Changer de mode de vie pour sortir de la crise

Depuis sa création, Vision du Monde travaille aux côtés des enfants, des familles et des communautés les plus vulnérables pour surmonter la pauvreté et l’injustice sociale. Et bien que le coronavirus plonge les habitants dans une extrême pauvreté, le virus n’a fait que révéler des problématiques bien plus profondes comme la dépendance des populations à des systèmes agricoles non viables sur le long terme. 

Des modes de vie durables doivent être mis en place pour répondre aux crises actuelles mais aussi celles à venir, et développer la résilience des populations face à ce genre d’événements. 

Renforcer et étendre les programmes de protection sociale

Chaque famille doit pouvoir répondre à ses besoins primaires et vivre décemment dans le respect des droits humains. Avoir un toit, un accès aux soins et pouvoir se nourrir est essentiel à chacun. 

Vision du Monde agit notamment en fournissant aux familles un soutien financier d’urgence pour répondre à leurs besoins fondamentaux. Mais une intensification urgente des programmes de protection sociale, notamment via une couverture sanitaire et des aides financières, doit être opérée par les gouvernements pour agir durablement et protéger chaque famille et enfant. 

Renforcer la participation citoyenne dans les prises de décisions

Certaines populations subissent les décisions et choix d’une minorité de personnes, sans prendre part aux débats ni aux discussions. Chaque personne devrait pourtant réussir à donner son avis et faire entendre sa voix.

Dans ce cadre, Vision du Monde encourage la participation des villages aux prises de décisions. Via son approche Citizen Voice and Action, l’ONG développe les relations entre le gouvernement et les communautés afin que ces dernières se fassent entendre sur la nécessité d’améliorer des services essentiels comme la santé ou l’éducation. 

Développer des systèmes alimentaires durables en lien avec la nature

Assurer une sécurité alimentaire pour tous passe par la mise en place de nouveaux modèles agricoles et économiques afin que les populations aient accès à des aliments sains et nutritifs de manière durable. 

Vision du Monde travaille avec les villages de pays en développement afin de mettre en place une agriculture intelligente et respectueuse de l’environnement grâce à la Régénération Naturelle Assistée (RNA), une technique qui consiste à reboiser de grandes étendues de terre sans planter d’arbres. Cette approche aide à augmenter le rendement des terres agricoles, des forêts et des terres de pâturage avec un double avantage économique et environnemental. 

La gestion durable des terres permet ainsi d’améliorer la sécurité alimentaire, d’augmenter durablement la productivité agricole, de renforcer la résilience au changement climatique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture tout en préservant la biodiversité.

La RNA est ainsi un moyen de soutenir une reprise économique durable pour les populations tout en accompagnant la reconstruction des moyens de subsistance locaux. 

Formation à la Régénération Naturelle Assistée

Renforcer la résilience des populations

Face à des crises économiques, sociales et environnementales de plus en plus fréquentes, les communautés doivent se préparer à la gestion des risques de catastrophes. Vision du Monde accompagne les populations en les sensibilisant aux signaux et aux indicateurs des menaces d'origine humaine et renforce les capacités des communautés à comprendre et à réduire les risques.

Soutenir la réalisation des objectifs mondiaux de développement durable

Vision du Monde participe à la réalisation des objectifs mis en place par l'Accord de Paris sur les changements climatiques, les objectifs de développement durable des Nations Unies et la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, afin d’opérer un changement global et durable dans le monde. 

La Régénération Naturelle Assistée (RNA), mise en place au sein du partenariat international World Vision, a été définie par les Nations Unies comme l’une des pratiques clés contribuant à 12 des 17 objectifs de développement durable. 

Ainsi, l’association humanitaire participe au défi de restaurer, faire pousser et conserver un trillion d'arbres, un challenge lancé lors du Forum économique mondial de 2020. L’ONG humanitaire s’associe également à la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030) afin de mettre un terme à la dégradation des sols et les restaurer en accord avec les objectifs mondiaux.

Soutenir une économie verte et durable est donc le défi majeur vers lequel nous devons tendre collectivement pour une sortie de crise pérenne et offrir aux enfants, partout dans le monde, un avenir meilleur. 

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