L’Ethiopie, en proie à un conflit interne aux racines politico-ethniques

Sur les routes qui relient Gondar, en région Amhara, à la province du Tigré, se suivent des centaines de kilomètres de véhicules militaires. La situation se dégrade de plus en plus, dans la région du Tigré où des affrontements ont débuté le 4 novembre opposant le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF) aux autorités fédérales d’Ethiopie. 

Un contexte déjà tendu en Ethiopie

En novembre 2015, les Oromos, ethnie majoritaire avec plus du tiers de la population, entrent en rébellion contre le gouvernement qu’il accuse de les marginaliser. Les Amharas, qui représentent un quart de la population, font de même en août 2016. L'état d'urgence est décrété le 9 octobre 2016.

Le 2 avril 2018, Abiy Ahmed, populaire parmi les Oromos dont il est issu, devient premier ministre. Dès son discours d’investiture, il tend la main à l’Érythrée, en appelant à mettre fin à un conflit qui dure depuis l’indépendance du pays, en 1993. Il qualifie également les partis d’opposition de frères et non d’ennemis. La situation intérieure et les relations avec les pays voisins s'apaisent.

Toutefois, depuis, les tensions inter-ethniques se sont largement accrues en Ethiopie. On assiste désormais à une ébullition dans beaucoup de régions du pays. Au total, sur les 9 Etats régionaux du pays, 5 sont aujourd’hui en proie aux violences avec des millions de déplacés internes. Au moins 10 000 personnes soupçonnées d’appartenir aux partis d’opposition ont été arrêtées et emprisonnées arbitrairement entre 2019 et 2020. Les victimes qui ont témoigné auprès d’Amnesty International parlent de cas de torture et de viols.

A Lalo Asabi, dans notre programme, la situation est également complexe mais nos équipes locales mettent tout en oeuvre pour continuer leurs actions auprès des familles vulnérables tout en assurant au maximum leur sécurité.

En septembre, une élection illégale qui fâche

En septembre dernier le parti du TPLF a organisé ses propres élections, défiant alors le gouvernement fédéral qui avait reporté les élections en raison du Covid-19. Les sénateurs éthiopiens ont alors rompu les contacts entre les autorités fédérales et les leaders tigréens du TPLF. Depuis lors, le conflit qui opposait ces deux partis s’est intensifié : le 15 novembre, les forces tigréennes revendiquaient plusieurs attaques contre l’Erythrée, accusée de prêter main forte aux forces éthiopiennes. Le conflit déborde et se répand, il a déjà poussé 27 000 Erythréens à fuir vers le Soudan voisin. 

Un conflit qui risque de s’étendre à toute la Corne de l'Afrique

Les forces du Tigré sont estimées à 250 000 hommes, de quoi alimenter une guerre « longue et meurtrière », selon le groupe de prévention des conflits International Crisis Group (ICG). 
Certes le premier ministre Ethiopien, Abiy Ahmed se veut rassurant et promet de circonscrire le conflit dans la région du Tigré. Mais déjà, Amhara s’implique aux côtés des autorités fédérales. Toute la Corne de l’Afrique est menacée si ces combats ne sont pas interrompus. Le Soudan, la Somalie, l’Erythréen Djibouti, sont les voisins d’une zone sous tension et risquent aussi de voir affluer des vagues de réfugiés. 
 

L’aide humanitaire apportée par Vision du Monde auprès des plus vulnérables

Les conséquences meurtrières d’un conflit et l’instabilité matériel et émotionnel qu’il impose sont subits de plein fouet par les civils. Les enfants et leurs familles doivent être protégés et accompagnés durant cette période plus qu’instable que traverse leur pays. 

Face à ce constat, le partenariat World Vision présent en Ethiopie depuis des années priorise ses actions au quotidien pour venir en aide à cette population. Notre objectif est d’apporter un soutien à 4 millions de personnes dans les domaines suivants : abris, WASH, santé, assistance alimentaire, protection de l’enfance, école primaire. 

Grâce à la générosité de la grande famille internationale des parrains et marraines, nous avons déjà collecté 37% des fonds nécessaires à ces opérations d’urgence humanitaire mais nous continuons à avoir besoin de vous.
 

Aide humanitaire en Ethiopie