Journée mondiale des toilettes pour une lutte nécessaire

La Journée mondiale des toilettes du 19 novembre nous rappelle que près de 500 millions de personnes pratiquent encore la défécation à l’air libre dans le monde. Le manque d’infrastructures adaptées et certains facteurs culturels traditionnels sont les principales causes du maintien de cette pratique pourtant dangereuse pour l’ensemble de la population, surtout les enfants, et néfaste pour l’environnement.

L’absence de toilettes exposent les populations à différents dangers

Avoir des toilettes chez soi peut paraître banal mais les installations sanitaires ne sont pas une réalité pour l’ensemble de la population mondiale. Aujourd’hui encore, près de la moitié de la population, soit 3,6 milliards de personnes, n’a pas accès à des services d’assainissement hygiéniques ou « toilettes sûres », c’est-à-dire à des toilettes non communes raccordées à un réseau d’égout, ou qui traitent les excréments en toute sécurité.

L’absence d’installations sanitaires de base pose un véritable problème de sécurité dans de nombreuses régions du monde. Lorsque les populations doivent s’éloigner de leur domicile pour faire leurs besoins, celles-ci s’exposent aux risques d’attaques d’animaux sauvages ou encore d'agressions sexuelles. Les femmes et les enfants sont notamment les plus vulnérables face aux dangers. 

Déféquer à l’air libre engendre également un véritable problème sanitaire et écologique. Les excréments, une fois dans la nature, polluent les cours d’eau et favorisent le développement de bactéries responsables de graves infections comme des diarrhées ou autres maladies hydriques qui sont dangereuses, voire mortelles. Chaque jour, plus de 700 enfants de moins de cinq ans meurent de diarrhées dues à l’eau insalubre, aux services sanitaires insuffisants et à une mauvaise hygiène.

Aux Philippines, Lerma se bat pour un accès aux toilettes au sein de chaque famille

Témoignage pour des toilettes pour tous

Bénévole pour Vision du Monde et conseillère de son village, près de Sorsogon, Lerma estime qu'environ 10 % des 800 familles du village, n'ont toujours pas de toilettes à domicile. 

"Ces familles font leurs besoins sur le rivage. Les enfants grandissent en utilisant le bord de mer comme toilettes et comme zone de baignade en même temps" explique Lerma.

La conseillère sensibilise les habitants à l’importance de l’hygiène et milite depuis plusieurs années pour que chaque foyer de son village dispose de toilettes. Mais l’installation de toilettes privées n’a jamais été une priorité pour les habitants. 

Dans ce village de pêcheurs, une famille doit dépenser 5 000 pesos philippins pour avoir des toilettes. Une dépense beaucoup trop importante pour des familles pauvres : "Si vous gagnez moins de 1000 pesos philippins par semaine et avez 5 enfants, l’installation de toilettes ne sera pas votre priorité" explique Lerma. 

Pour mener son projet à bien, Lerma Granadil a d’abord fait appel à des personnes et organisations de son entourage pour l’aider à fournir 10 toilettes à 10 familles. Grâce à Vision du Monde, elle a ensuite pu fournir près de 60 toilettes à autant de familles. 

L’accès aux toilettes : un enjeu de développement pour réduire les inégalités

Alors que le sixième des 17 Objectifs de Développement Durable ODD de l’ONU entend garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable, il est essentiel d’accompagner les populations dans la mise en place de toilettes adaptées. 

L’accès régulier et sécurisé aux toilettes permet d’éviter les maladies, de protéger les populations et leur environnement et de contribuer au développement des villages. Un dollar investi dans des services sanitaires élémentaires peut rapporter jusqu’à cinq dollars grâce au recul des maladies et à une meilleure productivité. La présence de toilettes sûres contribue également au quotidien à l’égalité des sexes et à l’éducation des filles. 

Via ses programmes de parrainage, Vision du Monde soutient sans relâche les populations en construisant des toilettes et en sensibilisant les habitants aux risques sanitaires liés à la pratique de la défécation à l’air libre.


Agissez, vous aussi, pour le développement de réseaux d’assainissement en parrainant un enfant.

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