Journée mondiale contre le travail des enfants

Journée mondiale contre le travail des enfants

152 millions d'enfants dans le monde travaillent.
28 mars 2019

En 2002, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a proclamé le 12 juin comme étant la journée mondiale contre le travail des enfants. Elle vise à rappeler que ce fléau persiste partout dans le monde et qu’il est de notre devoir de le combattre. Aujourd’hui encore, ce sont 152 millions d’enfants qui sont astreints au travail des enfants. L’ONG humanitaire Vision du Monde s’engage pour éradiquer le travail des enfants sous toutes ses formes.

 

Qu’est-ce que le travail des enfants ? 

Selon l’Organisation des Nations Unies, le travail des enfants désigne « l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental. » Il fait alors référence à des travaux dangereux pour la santé et le développement physique, social ou mental des enfants, qui compromettent leur éducation, en les privant de toute scolarisation, en les contraignant à abandonner prématurément l’école ou en les obligeant à accumuler des activités scolaires et professionnelles excessivement longues et trop pénibles pour eux. 

Dans ses formes les plus extrêmes, le travail des enfants concerne les enfants réduits en esclavage, séparés de leur famille, exposés à des risques et des maladies graves et livrés à eux-mêmes dans les rues des grandes agglomérations, souvent dès leur plus jeune âge.

Que le travail des enfants soit qualifié comme tel dépend de l'âge de l'enfant, de la nature des travaux exécutés, des conditions dans lesquelles il s'exerce et de la législation du pays. La réponse varie d'un pays à l'autre et d'un secteur économique à l'autre.

La plupart des enfants astreints au travail ne sont pas rémunérés et travaillent dans des exploitations ou des entreprises familiales. Le travail des enfants est également très présent dans l’économie informelle.

 

Enfants au Bangladesh

Le travail des enfants dans le monde, où en sommes-nous ? 

2019 marque le vingtième anniversaire de l’adoption de la convention n° 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, 1999. Puisque seul un petit nombre de pays doit encore la ratifier, cette convention est proche de la ratification universelle. Cependant, le combat contre le travail des enfants est toujours d’actualité. 

Selon les estimations mondiales du travail des enfants 2017 de l’OIT, 218 millions d’enfants entre 5 et 17 ans sont occupés économiquement dans le monde. Cela englobe à la fois le travail des enfants et les formes de travail autorisées impliquant des enfants en âge légal de travailler. 152 millions sont astreints au travail des enfants, parmi lesquels 73 millions accomplissent des travaux dangereux. 

Le travail des enfants se trouve pour moitié en Afrique ; 62 millions dans la région Asie et Pacifique ; 10,7 millions dans les Amériques ; 5,5 millions en Europe et Asie centrale ; 1,1 million dans les États arabes.

Sur l’ensemble des 152 millions d’enfants victimes du travail des enfants, près de la moitié ont entre 5 et 11 ans. 28% ont entre 12 et 14 ans et 24% entre 15 et 17 ans. La prévalence du travail dangereux des enfants est la plus marquée chez les 15-17 ans. Néanmoins, jusqu’à un quart du travail dangereux des enfants est accompli par des enfants de moins de 12 ans.

Parmi les 152 millions d’enfants astreints au travail des enfants, 88 millions sont des garçons et 64 millions des filles. Les garçons représentent 58% de l’ensemble des enfants astreints au travail des enfants et 62% de tous les enfants accomplissant des travaux dangereux. Les garçons semblent être exposés à un plus grand risque de travail des enfants que les filles, mais cela est peut-être dû à une sous-déclaration du travail des filles, en particulier dans les tâches domestiques.
Le travail des enfants est principalement concentré dans l’agriculture (71%), qui englobe la pêche, la sylviculture, l’élevage de bétail et l’aquaculture, et comprend à la fois l’agriculture de subsistance et l’exploitation commerciale. 17% des enfants astreints au travail des enfants travaillent dans le secteur des services et 12% dans le secteur industriel, y compris l’extraction minière.

Travail à la mine

Vision du Monde s’engage dans la lutte contre le travail des enfants

Vision du Monde travaille au quotidien pour que chaque enfant puisse vivre pleinement sa vie, à savoir : grandir en bonne santé, avoir accès l’eau potable, manger à sa faim et aller à l’école. Le travail des enfants va à l’encontre des droits de l’enfant et de leur protection. Pour qu’un enfant puisse grandir dignement au sein de sa famille, il est nécessaire d’apporter une aide à la communauté et aux parents afin qu’ils puissent disposer d’un travail décent. La pauvreté au niveau communautaire ou familial est l’une des causes profondes du travail des enfants. Ainsi Vision du Monde travaille main dans la main avec les communautés locales pour les aider dans leur développement économique et les sensibiliser sur les droits de l’enfant. 

Au sud-est du Sénégal, dans la région de Kédougou, la pauvreté, le manque de services sociaux et le chômage forcent les enfants à aller à la mine plutôt qu’à l’école. Ces enfants travaillent pour la plupart dans l’extraction d'or. Ils sont employés pour aller dans les trous pour creuser et sont victimes d’éboulements ou de glissements de terrain. Alors qu’ils sont encore en pleine croissance, ils subissent les nuisances sonores et les vibrations, le manque d’oxygène et de lumière.

Vision du Monde intervient dans cette zone d’orpaillage pour : 

  • Organiser des forums avec les enfants des villages, les chefs d’exploitations et les membres des comités de protection locaux pour permettre aux enfants d’identifier qui, au sein de leur communauté, peut jouer un rôle dans leur protection ;
  • Sensibiliser les chefs religieux sur les droits et la protection des enfants ;
  • Mettre en place des mécanismes locaux de prévention et de promotion des droits de l’enfant comme les Comité d’Alerte, de Veille et d’Écoute ;
  • Mettre en place un observatoire de lutte contre les abus sexuels, les maltraitances et l’exploitation et sensibiliser sur l’importance de l’écoute des victimes pour qu’elles puissent se reconstruire ;
  • Renforcer les compétences et les connaissances des enfants à travers la mise en place de clubs et de cellules de protection pour faire des enfants les premiers acteurs de leur protection.

En Birmanie, Vision du Monde lutte contre le travail des enfants à Dagon Seikkan en favorisant l’accès à l’éducation. L’ONG humanitaire tient également à impliquer les parents dans le processus éducatif pour que l’école devienne un temps fort de la vie de leurs enfants. Les actions de Vision du Monde ont touché plus de 500 enfants âgés de 6 à 18 ans. Il s’agissait notamment de : 

  • Créer 3 nouvelles classes pour 90 enfants déscolarisés ;
  • Former 7 animateurs aux méthodologies de formation et les sensibiliser aux droits de l’enfant. Une de leur grande mission était aussi de sensibiliser les parents aux dangers du travail infantile et à la nécessité d’encourager leurs enfants à reprendre le chemin de l’école ;
  • Sensibiliser les parents pour qu’ils deviennent eux-mêmes porte-parole des droits de l’enfant et qu’ils luttent contre le travail infantile. 6 d’entre eux sont désormais capables de mener des actions de sensibilisation. 

La lutte contre le travail des enfants est une problématique complexe mais primordiale pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Il faut donner aux familles le pouvoir de subvenir à leur besoin sans impliquer les enfants dans l’activité économique, tout en sensibilisant le plus grand nombre sur les droits de l’enfant. Le parrainage d’enfants avec Vision du Monde permet ainsi de mettre en place des projets de développement qui éradiquent le travail des enfants de manière durable.

 

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