Journée Internationale des Migrants | Vision du Monde
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Journée internationale des migrants

Le 18 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des migrants, nous réaffirmons et promouvons les droits des migrants.
17. décembre 2018

En 2004, l’ONU a proclamé cette journée pour mettre en lumière la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 18 décembre 1990. C’est également un temps pour célébrer le rôle des migrants et leur contribution au développement économique, culturel et social. 

 « Les migrations ont toujours existé. Et elles continueront d’exister, à cause des changements climatiques, de l’évolution démographique, de l’instabilité, des inégalités croissantes, des marchés du travail et de la volonté de mener une vie meilleure. Il nous faut une coopération internationale qui permette d’encadrer les migrations de sorte que les bénéfices qu’elles apportent soient plus largement répartis et que les droits fondamentaux de toutes les personnes concernées soient protégés. » António Guterres, Secrétaire général de l’ONU

 

Les migrations, un phénomène incontournable qui existe depuis la nuit des temps

Juridiquement, il n’y a pas de définition du mot migrant. Toutefois, selon les Nations Unies, le terme de migrant désigne « toute personne qui a résidé dans un pays étranger pendant plus d’une année, quelles que soient les causes – volontaires ou involontaires – du mouvement, et quels que soient les moyens – régulier ou irréguliers – utilisés pour migrer ». 

Quand on pense aux migrants, on pense bien sûr aux déplacements forcés. Beaucoup sont obligés de quitter leur pays pour fuir les conflits armés, les persécutions ethniques, les catastrophes naturelles ou encore la pauvreté. Mais le terme de migrant désigne aussi les personnes qui se déplacent volontairement pour des raisons d’ordre économique ou familial. Toutes ces migrations jouent un rôle fondamental pour le développement des pays, tant pour les pays d’origine que pour les pays de destination. Il est d’ailleurs prouvé que les migrants produisent des avantages économiques, sociaux et culturels. Ils contribuent notamment à réduire la pauvreté en envoyant de l’argent à leur famille restée dans leur pays d’origine, ce qui permet d’améliorer l’accès à l’éducation et aux soins de santé, par exemple.

Les migrations existent depuis toujours. Mais, aujourd’hui, la mondialisation qui ne cesse de s’accélérer intensifie grandement ce phénomène. Nous nous déplaçons très facilement, et les progrès des dernières années et l’interconnexion des marchés du travail tendent à augmenter les migrations économiques. En 2017, on comptait plus de 258 millions de migrants de par le monde. Parmi ces migrants, certains sont forcés de fuir leur pays pour survivre, ils sont déracinés et obligés de se réfugier dans un pays qui acceptera de les protéger.

 

Quelle est la différence entre un migrant et un réfugié ?

Un migrant devient un réfugié quand il répond à certains critères établis par le droit international. La Convention relative au statut des réfugiés définit un réfugié comme une personne qui « par suite d’événements, et craignant avec raison d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut se réclamer de la protection de ce pays. »

Est réfugiée toute personne ayant fait une demande d’asile et étant reconnue comme ayant fui son pays car sa vie était en péril. Pour obtenir ce statut, le réfugié doit prouver que sa vie était effectivement menacée. Tous les demandeurs d’asile ne sont pas reconnus comme des réfugiés, mais tous les réfugiés sont d’anciens demandeurs d’asile. Ces dernières années, les réfugiés viennent de pays en proie à des guerres civiles (Syrie, Afghanistan, Irak, Libye, Soudan du Sud, etc.). Ces conflits entraînent des migrations massives, ainsi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a reconnu que les raisons de leur fuite étant évidentes, ils n’ont pas besoin d’apporter la preuve des persécutions. Ces personnes sont appelées des réfugiés prima facie. En 2017, la France a reçu plus de 100 000 demandes d’asile et en a acceptées 40 000. Ces personnes sont donc devenues des réfugiés. 

Selon le HCR – l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés –, 68,5 millions de 258 millions de migrants sont des personnes déracinées des suites de la guerre, de violences ou de persécutions. Parmi ces personnes, 25,4 millions sont réfugiées, c’est le nombre le plus élevé jamais observé.
 

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Une personne est déracinée toutes les deux secondes

Les causes principales des mouvements de réfugiés et de déplacés sont les conflits, les violences, la répression politique et toute forme de violation grave des droits de l’Homme. Le pays ayant le plus grand nombre de réfugiés dans le monde est la Syrie, avec 6,3 millions de réfugiés. 

Il n’y a jamais eu autant de personnes déplacées par des conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, la Syrie compte 12 millions de personnes déracinées (soit près de 66% de sa population), l’Afghanistan recense 2,6 millions de réfugiés, 2,4 millions de réfugiés du Soudan du Sud ont fui vers des pays voisins, 723 000 réfugiés Rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août 2017, etc.

Les migrations se font également à l’intérieur d’un pays. Fin 2017, 40 millions de personnes ont été contraintes de fuir au sein de leur propre pays. La Syrie, l’Iraq et la Colombie sont les pays où les déplacements internes sont les plus nombreux. 

 

Quelle protection pour les migrants et les réfugiés ?

Le 19 septembre 2016, à l’occasion du Sommet de l’ONU sur les réfugiés et les migrants, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté des engagements fondamentaux visant à renforcer la protection des millions de personnes déplacées de force

Dans la Déclaration de New York, les États Membres s’engagent à :

  • Protéger les droits des réfugiés et des migrants ;
  • Sauver des vies ;
  • Aider les migrants dans les pays en proie à un conflit ou les victimes d’une catastrophe naturelle ;
  • Partager la responsabilité du soutien et de l’accueil des réfugiés et des migrants ;
  • Entamer des négociations menant à une conférence internationale ;
  • Adopter un pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière. 

Dans cette Déclaration, on affirme que les réfugiés et les migrants jouissent des mêmes libertés fondamentales et droits de l’Homme universels. Pour que les droits des migrants soient respectés, tous les États doivent collaborer et être solidaires. 

Lundi 10 décembre 2018, près de 150 membres de l’ONU (dont la France) ont approuvé le Pacte mondial « pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». La ratification du pacte aura lieu le 19 décembre en assemblée générale, à New York. Ce texte – non contraignant pour les signataires – recense 23 objectifs pour améliorer la coopération entre les pays sur les migrations internationales. Les pays s’engagent à faire respecter le principe des droits de l’Homme pour tous les migrants (qu’ils soient en situation régulière ou non). Ce pacte est un signe d’espérance pour les migrants.

 

La moitié des personnes déplacées de force dans le monde a moins de 18 ans.

Le rapport mondial sur l’éducation 2019 de l’UNESCO affirme que les enfants migrants et réfugiés dans le monde pourraient remplir un demi-million de salles de classe. Selon le rapport, le nombre d’enfants migrants et réfugiés en âge d’aller à l’école a augmenté de 26 % depuis 2000. Depuis la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants adoptés en 2016, les enfants réfugiés ont manqué 1,5 milliard de jours d’école. 

La grande laissée pour compte des migrations forcées est l’enfance. Nous devons tout faire pour aider ces enfants à avoir accès à une éducation de qualité. 

Vision du Monde place l’enfant au cœur de ses actions. Notre priorité est de permettre à tous les enfants de vivre pleinement leur vie et de s’épanouir au sein de leur famille. 

Agissez à nos côtés pour les enfants déplacés d’Ethiopie et les Rohingyas de Birmanie