Jeunes filles africaines devant un tableau à l'école

Journée internationale de la fille

Pour des millions de filles dans le monde, les droits de l’enfant ne sont pas respectés.
24 septembre 2019

À l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée chaque année le 11 octobre, l’association de solidarité internationale Vision du Monde souhaite rappeler que partout dans le monde pour des millions de filles, les droits de l’enfant ne sont pas respectés. Elles sont bien souvent mises à l’écart du système scolaire et mariées trop jeunes. 

Les droits des filles dans le monde : où en sommes-nous ?

Les filles sont fortement exposées à la violence. De nombreux chiffres alarmants prouvent qu’il reste encore beaucoup à faire pour atteindre l’égalité des sexes et le respect des droits des filles. Les privations interviennent dès leur plus jeune âge et entravent ainsi les droits de l’enfant grâce auxquels elles devraient être protégées. 

  • Chaque année 12 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, cela représente 23 filles toutes les minutes. 
  • 120 millions de filles ont été victimes de violences sexuelles.
  • Une adolescente sur cinq est mariée ou en union. 

Les filles et le travail des enfants : 

  • Parmi les 152 millions d’enfants astreints au travail des enfants, 64 millions sont des filles
  • Les garçons sont plus exposés au travail des enfants que les filles, mais le travail domestique auquel les filles sont soumises est bien souvent sous-estimé. 

Les filles victimes de mariages et de grossesses précoces : 

Dans le monde, 650 millions de filles et de femmes en vie ont été mariées avant l’âge de 18 ans. On estime que d’ici 2030, plus de 150 millions de filles supplémentaires seront mariées avant leurs 18 ans.

  • Environ 16 millions de filles entre 15 et 19 ans et 2,5 millions de filles de moins de 16 ans sont mères dans les pays en développement. 
  • À travers le monde, les grossesses précoces sont plus fréquentes chez les adolescentes des communautés vulnérables touchées par la pauvreté et le manque d’éducation et d’emplois. 
  • Dans les régions en développement, 33 millions de filles âgées de 15 à 19 ans n’ont pas accès à la contraception. Par conséquent, la moitié d’entre elles subissent des grossesses imprévues. 

L’égalité des chances en péril :

  • L’accès à l’éducation des filles et des garçons est égalitaire dans moins de 40% des pays. 
  • La proportion de filles et de garçons est égale dans l’enseignement secondaire dans seulement 39% des pays. 
  • Malgré les différents progrès réalisés à l’échelle nationale et internationale, plus de la moitié des enfants exclus de l’école sont des filles. Elles sont 31 millions dans le monde à voir leur droit à l’éducation bafoué et ne jamais commencer l’école.  
  • Parmi les 774 millions d’adultes illettrés, 2/3 sont des femmes.

L’égalité filles-garçons : une condition indispensable au développement 

L’éducation des femmes permet d’accroître la productivité et de soutenir la croissance économique d’un pays. En privant les filles d’éducation, au même titre que les garçons, des pays perdent jusqu’à 1 billion de dollars par an.

Vision du Monde travaille pour l’inclusion des filles et des femmes au sein des systèmes éducatifs, des soins de santé et de l’économie locale. Il est temps de mettre fin aux inégalités garçons-filles et aux violences basées sur le genre. 

  • Un enfant né d’une mère lettrée a 50 % de plus de chance de vivre après l’âge de 5 ans. 
  • Les mères éduquées ont deux fois plus de chance d’envoyer leurs enfants à l’école. 
  • Les filles qui ont passé 8 ans à l’école ont quatre fois moins de risques d’être mariées trop jeunes.

Vision du Monde agit au quotidien pour la scolarisation des filles et leur maintien dans le système éducatif. Les mariages d’enfants entraînent souvent des grossesses précoces qui éloignent les jeunes filles de l’école et les exposent à des risques pour leur santé. Elles doivent alors s’occuper de leurs enfants et gagner leur propre revenu pour les élever. Sensibiliser les jeunes filles et les communautés aux méfaits de ces pratiques est essentiel pour réduire les inégalités entre les sexes et promouvoir l’égalité des chances. 

Vision du Monde protège les enfants contre toutes les violences qui leurs sont faites. Les filles en particulier sont victimes de mutilations génitales féminines dont les excisions, ainsi que d’abus sexuels. Ces pratiques constituent une réelle violation des droits de l’enfant et des droits des filles. L’ONG humanitaire Vision du Monde forme les communautés et les filles elles-mêmes sur leurs droits. 
 

Jeunes filles du bangladesh

Vision du Monde lutte durablement contre les mariages précoces

Zoom sur les mariages précoces au Vietnam

Le mariage précoce est ancré dans la culture de certaines communautés du Vietnam. Il n'est parfois ni arrangé, ni contraint. Dans le nord du Vietnam, 60 % des jeunes de la minorité Hmong se marient à l’âge de 15 ans. Les adolescents eux-mêmes ressentent le besoin de se marier jeunes. Vision du Monde a pour objectif de faire changer les mentalités et de sensibiliser les populations pour garder les filles à l'école et casser le cercle de la pauvreté. 

Au sein de son programme de développement de Van Chan au Vietnam, Vision du Monde agit pour faire baisser les cas de mariages précoces. L’association mène des actions de sensibilisation auprès des communautés Hmong par le biais de clubs de parents et de clubs d’enfants d’écoles secondaires. Ces clubs visent à sensibiliser parents et enfants sur l’importance de poursuivre la scolarisation et dispensent également une éducation sexuelle. Ce sont plus de 200 parents et 600 jeunes qui peuvent régulièrement échanger sur ces différents sujets. Une fois sensibilisés à ces questions ils peuvent à leur tour transmettre les messages à leur proche. 

L'histoire de Thi Xuan, mariée à 15 ans, mère à 16 ans.

Zoom sur les mariages précoces au Sénégal

Au Sénégal, 33 % des filles sont mariées avant 18 ans. 
À Diokoul, près de 16 % des enfants étaient mariés en 2017. Pour mettre fin aux mariages précoces de manière durable, Vision du Monde forme et sensibilise les enfants à la défense de leurs droits. En se réunissant au sein d’un Conseil Municipal des Enfants, les enfants peuvent faire valoir leurs droits et prendre part aux campagnes de sensibilisation contre les mariages précoces. Ainsi en 2018, 5 mariages d’enfants ont été annulés grâce aux actions de sensibilisation.

Au sein du programme de développement de Mabo, les enfants se sont impliqués dans la lutte contre les mariages d’enfants dans le cadre d’une campagne nationale « Ensemble pour un Sénégal sans mariage d’enfant ». Grâce aux nombreuses sensibilisations effectuées, les jeunes filles montrent de plus en plus d’intérêt pour les études. Une campagne régionale d’une semaine « Stop aux mariages d’enfants » a été développée. Plus de 2 000 enfants et jeunes ont participé à une marche pacifique pour dénoncer les pratiques néfastes faites aux enfants. Ils ont également participé à une émission radiophonique sur le thème des mariages et des grossesses précoces. 5 mariages d’enfants ont été annulés et 10 propositions de mariage ont été refusées par les enfants eux-mêmes. 

Briser le tabou des règles pour permettre l’éducation des filles

Les règles des filles restent malheureusement un sujet tabou alors qu’elles touchent la moitié de la population mondiale tous les mois. En Afrique, de nombreuses filles ne vont pas à l’école lorsqu’elles ont leurs règles en raison du manque de toilettes ou de toilettes non mixtes. Cela constitue un réel frein à l’éducation des filles. De plus, les produits d’hygiènes menstruelles sont difficilement accessibles dans les établissements scolaires et sont très coûteux. 

Au sein de ses programmes de développement, Vision du Monde installe ou améliore les systèmes d’assainissement pour permettre aux filles d’avoir accès à des toilettes non mixtes. À travers le réseau international World Vision, Vision du Monde, accompagne les filles pour briser le tabou des règles. En Ethiopie, par exemple, des ateliers sont mis en place pour transmettre les bonnes pratiques d’hygiène menstruelle. Des salles spécifiques sont construites pour accueillir les filles qui souhaitent se reposer pendant leurs menstruations. Des institutrices sont également présentes régulièrement pour conseiller les jeunes filles et leur expliquer les changements liés aux règles et à la puberté. La création de ces salles spécifiques permet de réduire le taux de décrochage scolaire : les filles ne manquent plus l’école pendant leurs règles. 

Les femmes des communautés fabriquent également des culottes et des serviettes hygiéniques à partir de matériaux locaux et réutilisables. Celles-ci sont vendues à prix très abordables aux filles et aux écoles. 
Briser les tabous qui existent autour des règles nécessite d’impliquer les filles comme les garçons. Ainsi toutes les deux semaines, des séances collectives de sensibilisation sont organisées auprès des enfants, filles et garçons confondus, pour expliquer le phénomène naturel des menstruations et les pratiques d’hygiène qu’elles entraînent. En impliquant les garçons dès le plus jeune âge cela permet d’éviter les moqueries et de briser durablement le tabou des règles.

Vous pouvez vous aussi protéger les filles des violences et faire respecter leurs droits grâce au parrainage d’enfants.