Enfant protégé

Ensemble, agissons pour la protection de l'enfance !

Toutes les 5 minutes, un enfant meurt à cause de la violence
12. mars 2019

Alors que nous fêtons les 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant en 2019, leurs droits sont encore trop souvent bafoués à travers le monde. Les chiffres qui reflètent les différentes formes de violences subies par les enfants restent alarmants. L’ONG humanitaire Vision du Monde s’engage dans la lutte contre le travail forcé, les mutilations génitales féminines, le non-accès à l’éducation et toutes violences physiques et psychologiques, pour faire de la protection de l’enfance sa priorité !

 

Faire de la protection de l’enfance une priorité

La protection de l’enfance désigne tout ce qui relève de la prévention et de la lutte contre la violence, l’exploitation et les mauvais traitements infligés aux enfants, y compris l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, la traite et le travail des enfants ainsi que les pratiques traditionnelles préjudiciables, comme les mutilations génitales féminines (dont l’excision) et les mariages précoces.

Il s’agit donc de l’ensemble des mesures prises pour prévenir et répondre aux sévices, aux négligences, à l’exploitation et à toutes formes de violence à l’encontre des enfants.

Partout dans le monde les enfants sont encore victimes d’abus, de négligence, d’exploitation et de trafics. C’est pourquoi il est important d’agir pour leur protection. Cela constitue une condition indispensable à leur épanouissement et au bien-être de leur famille et de leur communauté. Les droits des enfants sont des droits fondamentaux inhérents à la dignité humaine. À ce titre, ils se doivent d’être protégés et défendus.

La non ou mauvaise protection des enfants participe au cercle vicieux de la pauvreté : 

  • Le travail des enfants empêche l’éradication de l’extrême pauvreté ;
  • Les mariages précoces conduisent à l’abandon scolaire des filles et empêchent l’égalité des sexes ;
  • Les mutilations génitales féminines nuisent à la santé des femmes.

En plus d’agir au quotidien pour la protection de l’enfance, l’ONG humanitaire, Vision du Monde porte une attention particulière aux enfants les plus vulnérables. Il s’agit des enfants dont l’avenir et la qualité de vie sont affectés par une privation et une violation de leurs droits. Ces enfants vivent souvent dans des situations difficiles, où les relations sont caractérisées par la violence, les abus, la négligence, l’exploitation, l’exclusion et la discrimination.

  • 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont victimes du travail des enfants selon l’Organisation Internationale du Travail
  • On estime aujourd’hui à 200 millions le nombre de femmes et de filles toujours en vie qui ont subi des mutilations génitales féminines.
  • En 2017, 58 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne prenaient pas le chemin des classes. 
  • En 2016, environ 230 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans dans le monde ne possédaient pas de certificat de naissance.
  • En 2016, seulement 3% des enfants éthiopiens de moins de 5 ans étaient enregistrés à la naissance.

Stop aux violences faites aux enfants

 

Les actions de Vision du Monde pour la protection de l’enfance

Vision du Monde agit en amont pour prévenir les différentes formes d’exploitations, d’abus, de négligences et de violences faites aux enfants en sensibilisant les communautés locales. L’ONG humanitaire plaide pour des mécanismes de protection sociale et des services de protection de l’enfance. Elle vise à rendre les enfants autonomes pour qu’ils deviennent acteurs de leur propre protection.

Pour cela Vision du Monde :

  • Renforce les capacités des acteurs clés tels que les enfants, les familles, les communautés, l’Etat et la communauté internationale, ainsi que les capacités des partenaires ;
  • Renforce la coopération entre les acteurs formels et informels ;
  • S’attaque aux racines de la violence envers les filles et les garçons.

L’association protège les enfants vulnérables en les aidant à sortir de certaines situations, en renforçant les changements de comportement et en réduisant le risque que l’enfant vive dans un environnement dangereux. Vision du Monde soutient les enfants ayant survécu à l’exploitation, l’abus, la négligence et toute forme de violence. 

Mère et son fils

 

Zoom sur le projet de Vision du Monde et de l’Union Européenne au Sénégal

Le projet de renforcement des systèmes de protection de l’enfant au Sénégal contre l’exploitation, les abus sexuels et la maltraitance a été lancé en 2016 et s’est terminé en janvier 2019. Dans 4 régions du pays – Dakar, Thiès, Diourbel et Kédougou –, il a permis de venir en aide à 311 enfants de 10 à 18 ans victimes d’abus sexuels, de maltraitance et d’exploitation. 

Alexandra Fouilloux, chargée de programmes au sein de Vision du Monde, apporte son éclairage sur le projet.

Vision du Monde : De quel constat ce projet est-il né ? 
Alexandra Fouilloux : Selon l’Unicef, un enfant sur deux vit sous le seuil de pauvreté et un enfant sur quatre âgé de 5 à 17 ans travaille, dont 40% dans des conditions dangereuses. De plus, il est difficile d’établir l’ampleur de la maltraitance et des abus sexuels dont sont victimes les enfants car le tabou entourant ces situations est très répandu. Dans le cadre des observatoires de lutte contre la maltraitance et les abus sexuels que le CEGID (Centre de Guidance Familial et Infantile) a mis en place, 400 cas d’abus sexuels ont été recensés sur des filles âgées entre 7 et 14 ans. Or la détection et le signalement des cas ainsi que la répression des auteurs sont encore très limités.

V.M. : Quels sont les facteurs de réussite d’un tel projet de protection de l’enfance ? 
A.F. : La mise en place de structures de protection de l’enfance et la constitution d’un réseau fédérant les partenaires locaux agissant pour le droit des enfants sont essentielles afin que les populations sachent vers qui se tourner. Les observatoires du CEGID sont un bel exemple de structures accueillant et prenant en charge ces enfants victimes d’abus sexuels mais ils étaient méconnus des communautés au début du projet. Il faut également lever le tabou qui entoure les abus sexuels en sensibilisant les populations sur ces questions.

V.M. : Pourquoi est-ce important d’inclure les enfants dans leur propre protection ? 
A.F. : Les enfants sont les mieux placés pour faire évoluer les choses, notamment les mentalités sur ces sujets. Ils constituent la future génération et doivent être sensibilisés dès le plus jeune âge aux droits de l’enfant afin de savoir comment réagir et aider leurs camarades.

V.M. : Quelles grandes évolutions ont été constatées dans l’implication des enfants au cours du projet ?
A.F. : Grâce à la prise en charge psychosociale des enfants victimes proposée par le CEGID, ces derniers ont pu surmonter leur traumatisme et reprendre une vie « normale », notamment en retournant à l’école. De plus, les cellules scolaires de protection de l’enfance ont permis aux enfants d’échanger sur ces questions entre eux et de sensibiliser un grand nombre d’enfants à ces problématiques.

V.M. : Quel chemin reste-t-il à parcourir pour s’assurer de la protection de tous les enfants ? 
A.F. : Il faut que le gouvernement soutienne les initiatives locales en faveur de la protection de l’enfant en aidant (appui technique et financier) les structures locales de protection de l’enfant dans leur travail. Cela passe par un plaidoyer à tous les niveaux : local et national.

V.M. : De manière plus générale, comment pouvons-nous agir collectivement pour la protection de l’enfance ? 
A.F. : Il faut inciter et mobiliser les pouvoirs publics afin qu’ils développent plus de moyens et d’initiatives en faveur de la protection de l’enfant, à travers la société civile. La protection de l’enfant n’est pas seulement une approche transversale mais une approche à part entière.