Crises économiques : raison de la malnutrition dans le monde

Selon les derniers chiffres de l’ONU, plus de 155 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans le monde. Alors que les conflits et les conditions météorologiques extrêmes sont en partie responsables de la faim dans le monde, elles ne sont pas les seules causes des crises alimentaires que subissent les populations. Les chocs économiques, parfois liés à la pandémie de COVID-19, précipitent également des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire aiguë.

Crises économiques dans le monde : le Venezuela et le Liban en première ligne

Dévaluation, pertes d’emplois, inflation…, les crises économiques sont multifactorielles et touchent aujourd’hui une large part de la population, notamment depuis l’apparition de la COVID-19.

Au Venezuela, la population subit les conséquences d’une grave crise économique depuis 2013. Enrichis pendant des années par les nombreuses ressources de pétrole, le pays a finalement dû faire face à la chute du cours du baril. Cette dernière a plongé les populations dans une grave crise à la fois économique, politique, sociale, et également humanitaire depuis la mort de l’ancien président socialiste, Hugo Chavez.

L’hyperinflation et la chute du PIB ont provoqué l’exode de plus de 4 millions de Vénézuéliens et empêchent les populations restées sur place de se nourrir correctement.

Au Liban, autre pays à subir une grave crise économique, 77% des familles manquent de nourriture selon le dernier rapport de l'Unicef. Déjà fragilisée avant l’explosion dans le port de Beyrouth en août 2020, l'économie libanaise n'a pas supporté ce drame national, ni l’arrivée de l’épidémie de COVID-19. La crise sanitaire a largement contribué à l’effondrement économique qui a entraîné avec lui les banques et les économies des Libanais.

Pertes d’emplois : première cause de la malnutrition

stock alimentaire pour une famille au liban

Au Liban comme au Venezuela, l’effondrement économique a touché de nombreuses entreprises qui n’ont pas eu d’autres choix que de licencier leurs employés. Au chômage, les habitants voient leurs pouvoir d’achat et leurs ressources économiques diminuer, les poussant ainsi à limiter leurs achats, même de première nécessité.

Les petits commerces et entrepreneurs ont également été largement affectés par la pandémie mondiale. Sans emploi, les familles survivent de petits boulots informels et souvent dangereux qui dégradent leurs conditions de vie. Certains se privent même de repas ou font travailler leurs enfants pour pouvoir s’en sortir.

Au Liban, selon l’UNICEF, plus de la moitié des familles ayant au moins un enfant ont sauté un repas en septembre 2021, contre près de 37 % quelques mois auparavant. Plus de 30 % des familles interrogées ont également dû réduire les dépenses liées à l’éducation de leurs enfants.

Aujourd’hui, 80 % de la population vit dans la pauvreté au Liban et plus de 3 millions d’enfants ont besoin d’une aide d’urgence au Venezuela.

La dépréciation monétaire appauvrit les populations

En pleine crise économique, la valeur de la monnaie nationale baisse drastiquement sur le marché des changes. Les conséquences de cette dépréciation sont désastreuses pour les habitants. Non seulement les populations voient leurs économies et salaires perdre de la valeur, mais la dépréciation s’accompagne souvent d’une hausse importante des prix dans le pays.

Au Liban, la livre libanaise s’est effondrée en quelques années. Alors qu’un dollar valait près de 1 500 livres en 2019, il en vaut désormais plus de 28 000 sur le marché noir. Selon la Banque mondiale, le PIB par habitant du pays a chuté de 40% entre 2018 et 2020, faisant de la crise libanaise actuelle l’une des plus importantes crises économiques qu’ait connu le pays depuis plus de 200 ans !

Au Venezuela, les salaires des habitants ne suffisent plus à se nourrir correctement. Malgré des efforts du gouvernement pour rehausser le salaire minimum face à l’hyperinflation, la population vénézuélienne doit se contenter d’un salaire mensuel minimum équivalent à moins de 3 euros par mois quand le kilo de viande coûte plus de 3 euros.

Augmentation du prix des denrées alimentaires

Alors que la dépréciation de la monnaie fragilise les habitants, les prix des denrées alimentaires ne cessent d’augmenter, pénalisant une nouvelle fois les populations les plus vulnérables. Selon la Banque Mondiale, les prix des produits agricoles ont augmenté de 25 % entre janvier 2020 et janvier 2021. Le blé et le maïs sont particulièrement impactés par cette hausse des prix en partie due aux crises économiques ainsi qu’au contexte de pandémie mondiale actuel.

Les pays importateurs doivent alors payer le prix fort sur le marché mondial et le répercuter sur des populations déjà affaiblies par une situation économique désastreuse. Les produits de base deviennent inaccessibles pour les populations qui doivent alors recourir au troc ou dépendre de l’aide humanitaire pour se nourrir.

 

La faim dans le monde n’est pourtant pas une fatalité. Grâce au parrainage d'enfants, Vision du Monde agit auprès des populations les plus vulnérables afin de leur donner les moyens de se construire un avenir stable et durable et de leur fournir une sécurité alimentaire.

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