COVID-19 : quels sont les risques de famine ?

Face à la crise du COVID-19, de nombreuses familles déjà vulnérables se sont retrouvées d’autant plus fragilisées. Les impacts économiques de la pandémie se font déjà ressentir, et pourraient être encore plus dramatiques sans actions internationales pour soutenir les plus démunis. Des millions de personnes ont perdu leurs revenus et leurs emplois en raison du confinement et des mesures de distanciations sociales.

On estime que les cas de malnutrition pourraient augmenter de 40 %. Or dans les contextes fragiles, la malnutrition et les retards de croissance chez les moins de 5 ans sont déjà des préoccupations quotidiennes. La pandémie pourrait alors faire basculer ces pays en proie aux conflits, aux difficultés économiques et aux changements climatiques, dans un état de famine.

Famines : quelles réalités dans le monde ?

Le terme malnutrition est utilisé pour parler de mauvaises habitudes alimentaires (carences, sous-nutrition et surpoids). La famine, quant à elle, désigne le manque de nourriture touchant l’ensemble d’une population sur une période plus ou moins longue. Ainsi, lorsqu’une pénurie alimentaire est généralisée elle peut donner lieu à une famine.

Face au COVID-19, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) a déclaré que nous étions au bord d’une pandémie de la faim. En effet, dans le monde 135 millions de personnes sont déjà proches de la famine. Avec la crise sanitaire ce sont 130 millions de personnes supplémentaires qui pourraient être au bord de la famine d’ici la fin 2020.

COVID-19 et la famine

Cette insécurité alimentaire grandissante n’est pas le fruit d’une baisse de la production mais bien un problème d’accès aux denrées alimentaires. Les mesures de distanciations sociales et de confinement sont venues mettre à mal les revenus de millions de personnes. Elles risquent de plonger 66 millions d’enfants supplémentaires dans l’extrême pauvreté. Sans revenus ces familles ne peuvent plus se nourrir. Selon l’ONU, près de 370 millions d’enfants à travers 143 pays, n’ont pas eu accès au repas dont ils bénéficiaient à l’école, fragilisant alors davantage leur équilibre alimentaire.

Certains pays sont d’autant plus frappés par l’impact économique du COVID-19 en raison notamment de leur dépendance aux marchés internationaux. Alors que les échanges sont extrêmement perturbés, des pays exportateurs comme le Brésil par exemple, se retrouvent en grande difficulté. C’est le cas également de l’Egypte et de l’Algérie dont la production est essentiellement basée sur la monoculture.

Certaines régions du monde sont quant à elles déjà plongées dans un état de famine en raison des conflits qui sévissent. Il s’agit notamment du Yémen, du Soudan du Sud et de l’Afghanistan, pour qui les conséquences de l’épidémie de Coronavirus viennent aggraver la situation. La République Démocratique du Congo en proie à d’importants conflits pourrait basculer vers la famine, tout comme Haïti, le Pakistan et le Zimbabwe qui font face à une situation économique et environnementale préoccupante.

L’inquiétude est grandissante en Afrique de l’Ouest et notamment au Burkina Faso et au Niger. Alors que les conflits éclatent, l’aide humanitaire peine à accéder à certaines régions plongées dans une instabilité sécuritaire permanente. Alors que 70 à 80% de la population d’Afrique de l’Ouest vit de l’agriculture, la transhumance du bétail est impossible face à la fermeture des frontières et du confinement.

Quelles sont les conséquences sociales de la faim ?

Face à la faim dans le monde, des générations entières risquent d’être sacrifiées. 110 millions d’enfants souffrent de la faim en raison de la pandémie. Le manque de nourriture met en danger la santé des enfants. Ils sont alors en état de malnutrition sévère et présentent d’importants retards de croissance.

Le COVID-19 risque d’annuler les progrès réalisés ces dix dernières années en matière de lutte contre la pauvreté, la malnutrition et la mortalité infantile dans les contextes fragiles et ruraux. Face à la pandémie, les cas de mortalité infantile pourraient augmenter de plus d’un million.

Dans les pays en développement, une grande partie des ménages vit de l’économie informelle. La pandémie les a alors plongé dans une extrême pauvreté. Leurs sources de revenus ont été grandement fragilisées.

La pandémie et le covid : risque de famine ?
Distribution de denrées alimentaires crise sanitaire covid
Enfants africains mangent à leur faim

Dans les situations les plus complexes, les parents se voient souvent contraints de marier leurs enfants précocement et de les faire travailler pour accéder aux moyens de subsistance. Ces phénomènes se multiplient face à la pandémie. 8 millions d’enfants ont été contraints au travail et à la mendicité. L’ONU, estime que dans les prochaines années, 13 millions de mariages d’enfants supplémentaires risquent d’avoir lieu en réponse à l’insécurité alimentaire des familles et à la pauvreté dans lesquelles elles sont plongées.

Une fois victimes du travail des enfants et des mariages précoces, les enfants décrochent des systèmes scolaires et risquent de ne plus jamais retrouver les bancs de l’école. En plus d’avoir des conséquences directes sur la santé des enfants, la faim a des conséquences irréversibles sur leur émancipation et la sortie d’un chemin qui leur est bien trop souvent déjà tracé.

Lutter contre la faim dans le monde et limiter l’impact de la crise COVID-19 sur les enfants les plus vulnérables est au cœur des actions de Vision du Monde.

Parrainer un enfant, c’est agir sur tous les domaines essentiels pour briser le cercle vicieux de la pauvreté.