Comprendre les mutilations génitales féminines pour mieux lutter

Chaque année, le 6 février est consacré à la lutte contre les mutilations génitales féminines. En 2020, les Nations Unies estimaient que plus de 4 millions de filles risquaient de subir des mutilations génitales féminines au cours de l’année. Pratiquées contre leur gré, ces interventions n’ont pourtant aucun intérêt médical et reposent souvent sur des croyances ou des traditions profondément ancrées au sein des communautés. Vision du Monde lutte contre cette violation des droits fondamentaux des filles et des femmes.

Mutilations génitales féminines : la pression sociale en cause

Les mutilations génitales féminines désignent toutes interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Elles sont encore pratiquées dans une trentaine de pays, principalement en Afrique et en Asie. Parmi toutes les formes de mutilations génitales féminines qui existent, l’excision est la plus répandue. De nos jours, plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, ont été victimes d’excision selon l’Organisation Mondiale de la Santé. 

La plupart des communautés pratiquant les mutilations sexuelles féminines, quelle qu’en soit la forme, évoquent des raisons sanitaires, traditionnelles, ou encore liées aux croyances. 

Un rite de passage vers la féminité

Dans une majorité de cas, les mutilations génitales féminines sont associées à un rite de passage de l’enfance à l’âge adulte pour les femmes. Les mères et grands-mères, étant déjà passées par ce rite, imposent à leur tour cette pratique à leurs filles. 

Neutraliser la sexualité féminine

Dans certaines communautés, les mutilations génitales sont aussi un moyen de garantir la virginité des jeunes filles jusqu’au mariage en réfrénant leur sexualité. Selon certaines croyances, ces mutilations atténueraient le désir sexuel des femmes. 

Marier les jeunes filles

Les mutilations génitales féminines sont un passage obligé avant le mariage pour certaines communautés. Ces pratiques sont alors considérées comme faisant partie de l’éducation des jeunes femmes. 

L’excision est aussi souvent associée à l’idée de l’esthétique idéale d’une femme et de son hygiène intime. Une fille qui n’est pas excisée est plus difficile à marier. Pour éviter tout déshonneur, les familles suivent les normes et obligent leurs filles à subir ces mutilations. 

Les croyances

Alors qu’aucune religion ne prêche l’excision ou toute autre forme de mutilation, ces pratiques sont le fruit de croyances profondément ancrées dans certaines communautés. Elles n’ont pourtant rien de religieux et se basent essentiellement sur des normes sociales et communautaires. 

Quelle que soit la raison principale qui pousse les familles à passer à l’acte, la pression sociale en est le dénominateur commun. Ces pratiques, dites traditionnelles, sont si ancrées au sein des communautés que les personnes qui ne suivent pas ces normes risquent de se faire exclure du cercle familial ou de l’ensemble du village. Une pression très présente qui pousse les familles à préférer les mutilations à l’exclusion sociale.

Mutilations génitales féminines : des pratiques contre les droits des filles

Matériel d'une exciseuse

Les mutilations génitales féminines violent les droits de l'enfant et particulièrement ceux des filles et des femmes qui subissent une forme grave de violence et de discrimination. 

Les mutilations génitales ont des conséquences directes sur la santé physique et psychique des jeunes filles victimes de ces pratiques. Majoritairement âgées de moins de 15 ans, ces jeunes filles subissent des douleurs intenses et un choc psychologique important.

Les risques pour leur santé sont d’autant plus grands que la plupart des excisions et autres mutilations ne sont pas réalisées par des professionnels de santé. À la suite d’interventions comme l’excision, des complications peuvent apparaître telles que des hémorragies, des difficultés à uriner, ou encore des infections pouvant entraîner la mort.

Bien qu’elles soient majoritaires, les excisions ne sont pas les seules formes de mutilations génitales féminines qui existent. Selon les estimations, 90% des mutilations génitales féminines sont des clitoridectomies ou des excisions. La clitoridectomie est une ablation partielle ou totale du clitoris ou, dans certains cas plus rares, seulement du prépuce. L’excision, elle, est une ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres.

Les 10% des autres mutilations pratiquées correspondent à la forme la plus dangereuse des mutilations : l’infibulation. Cette pratique consiste à rétrécir l’orifice vaginal à l’aide de points de suture ou en passant un anneau à travers les petites lèvres de la vulve. Les jeunes femmes subissent parfois une seconde intervention avant le mariage pour retirer cet anneau.

D’autres interventions non caractérisées peuvent être imposées aux jeunes filles comme la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation, des pratiques toutes aussi néfastes pour les organes génitaux féminins et la santé des victimes.

Quelles solutions pour stopper les excisions et autres mutilations génitales ?

En raison du fort ancrage traditionnel des mutilations génitales féminines, la lutte contre ces pratiques doit se faire en travaillant avec les communautés elles-mêmes, et ce, sur plusieurs générations. Selon une étude de l’OMS, les mutilations génitales féminines ont rarement été abandonnées quand les programmes visant à les stopper ont été portés par des personnes extérieures à la communauté. Ces programmes étaient alors perçus comme une critique et une attaque envers les valeurs communautaires. 

Afin de lutter de manière efficace contre ces violences physiques et psychologiques, les équipes locales de Vision du Monde travaillent main dans la main avec les familles des villages dont les grands-mères, les exciseuses, ainsi qu’avec les chefs religieux et les chefs de village. 

Un travail de sensibilisation est mené dans l’ensemble des pays touchés par ces pratiques dans lesquels Vision du Monde intervient, notamment sur le continent africain où les mutilations génitales demeurent prépondérantes. Les équipes issues des communautés locales, échangent avec les adultes et les enfants sur les risques et les conséquences de ces mutilations sur la santé des jeunes filles. 

Pour réussir à faire reculer ce genre de pratiques, il est aussi crucial de soutenir l’éducation des jeunes filles et lutter contre les inégalités entre les sexes. Selon l’UNICEF, plus le niveau d’instruction de la mère est élevé, moins il y a de risques que sa fille subisse une mutilation génitale. 

Les changements de comportements passent aussi par un accompagnement économique afin d’amener les exciseuses à se reconvertir. Ainsi, Vision du Monde forme ces femmes à de nouvelles activités génératrices de revenus pour lutter durablement contre les excisions et autres formes de mutilations. 

 

Protéger les jeunes filles

Devenir parrain ou marraine et parrainer une fille est une façon de soutenir la lutte contre les mutilations et plaider en faveur du respect des droits des filles. 

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