Bidibidi en Ouganda

Bidibidi en Ouganda : le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde

Le camp de Bidibidi en Ouganda abrite désormais plus de 220 000 réfugiés.
6. juin 2019

La guerre civile sud-soudanaise

Le Soudan du Sud est le plus jeune pays du monde, après avoir fait sécession de la République du Soudan le 9 juillet 2011. Mais depuis décembre 2013, ce petit pays de 13 millions d’habitants est plongé dans l’une des pires guerres civiles entre le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar – un conflit ethnique des plus violents. Si l’Ouganda accueille un million de Sud-Soudanais, les réfugiés ont également trouvé refuge en Éthiopie, au Kenya, en République démocratique du Congo (RDC) et en République centrafricaine.

En 2017, la crise sud-soudanaise avait déraciné plus de 4 millions de personnes, dont 2,1 millions ont été forcées de fuir vers les pays voisins en abandonnant tout derrière eux. Au Soudan du Sud, 1,9 million sont des déplacés internes. 63% des réfugiés ont moins de 18 ans. Plus de 65 000 enfants ont traversé la frontière seuls, séparés de leurs parents et de leurs proches. 

86% des réfugiés vivant dans le camp de Bidibidi sont des femmes et des enfants. Elles ont marché avec leurs enfants pendant des jours, la peur et la faim au ventre. Elles ont quitté leurs maisons après l’attaque des soldats de l’armée régulière ou des milices qui nettoient les villages.

Souvent dépouillées et violées sur le chemin, ces femmes arrivent brisées à la frontière ougandaise. Elles sont accueillies par le Haut-Commissariat aux Réfugiés qui les prend en charge.


L'Ouganda, terre d'accueil des réfugiés

L’Ouganda accueille désormais plus d’un million de réfugiés et demandeurs d’asile sud-soudanais, tous réfugiés dans les districts de Kiryandono, Adjumani, Lamwo, Moyo, Yumbe et Arua. Ce pays est aujourd’hui considéré comme un modèle en matière d’accueil et d’intégration des réfugiés. Chaque réfugié qui franchit la frontière se voit donner un lopin de terre pour s’installer et cultiver. Les personnes réfugiées en Ouganda ont également accès aux infrastructures mis en place pour le gouvernement au même titre que les ougandais. Les réfugiés ont alors le droit de circuler librement, d’avoir un accès à un emploi, à l’éducation, à la santé ainsi que de créer une entreprise. 


Le gouvernement ougandais impose que 30% de l’aide internationale destinée aux personnes réfugiées dans son pays bénéficient aux ougandais eux-mêmes. Cela a donc permis par exemple de développer considérablement les zones de brousse de la région de West Nile dans laquelle Ougandais et réfugiés sud-soudanais cohabitent et ont désormais accès aux réseaux de télécommunication, à de nouveaux points d’eau potable ainsi qu’à de nouvelles activités génératrices de revenus. 
 

Camp de Bidibidi

Vision du Monde répond à la crise des réfugiés 

À travers le partenariat international World Vision, Vision du Monde répond à cette crise dans la région de West Nile en Ouganda depuis 2014 en fournissant aux 800 000 réfugiés dès leur arrivée :

  • Une assistance alimentaire
  • Des abris pour la nuit 
  • Des kits d’hygiène et un accès aux installations sanitaires
  • Des familles d’accueil pour les enfants non accompagnés, ainsi qu’une assistance particulière

Cette aide se caractérise également par des programmes de protection des enfants. Il s’agit notamment de mettre en place : 

  • Des espaces amis des enfants accueillant des enfants de tous âges dans un environnement sécurisé et inclusif. Les enfants peuvent alors bénéficier d’un soutien psychologique, apprendre, jouer et retrouver un moment d’insouciance.
  • Des ateliers de construction de la paix
  • Un travail de sensibilisation contre les mariages précoces
  • Des programmes d’éducation

L’arrivée massive des réfugiés dans la région de West Nile a provoqué l’accélération de problèmes environnementaux. Le feu de bois constitue la seule source d’énergie pour les personnes réfugiées. Elles vont alors chercher du bois plusieurs fois par semaine dans les alentours des camps dans lesquels elles vivent, ce qui participent grandement à la déforestation de la région. Vision du Monde a à cœur d’intégrer la dimension écologique au sein de son aide d’urgence et des projets mis en place afin qu’ils soient le plus durables possible. La mise en place de cuisinières à faible consommation permet aux réfugiés de cuisiner en utilisant moins de bois. Il suffit alors de deux bouts de bois pour cuisiner tout un repas. La cuisinière garde la chaleur et permet de mettre plusieurs casseroles sur le feu en même temps. En plus d’être une solution plus écologique, ce projet a une vraie dimension sociale car il permet aux femmes de s’émanciper. Ce sont elles qui vont chercher le bois dans la brousse et qui y passent en moyenne plusieurs demi-journée par semaine. Grâce à ces cuisinières à faible consommation d’énergie, elles peuvent y aller moins souvent et avoir plus de temps pour elles.  

Isaac - camp d'Imvepi

Isaac a été formé pour construire des cuisinières à faible consommation d’énergie. Il est aujourd’hui lui-même devenu formateur auprès des autres réfugiés du camp d’Imvepi. Depuis février ce projet à permis de mettre en place plus de 80 cuisinières comme celle-ci.

Joyce - camp d'Imvepi

Joyce a été formée par Isaac pour construire sa propre cuisinière. Elle a quant à elle opté pour une évacuation de la fumée par des petites ouvertures dans le mur.

cuisinière écologique

Une cuisinière à faible consommation d'énergie dans le camp d' Imvepi

Vision du Monde vient en aide aux enfants séparés de leurs proches. Les enfants réfugiés nécessitent une protection particulière car ils sont souvent victimes de la disparition de leur famille, d’une détresse psychologique, d’abus et d’exploitation tels que le travail des enfants et les violences sexuelles. Le manque d’accès à l’éducation expose les adolescentes et les jeunes aux mariages et aux grossesses précoces, aux drogues et à la prostitution. C’est pour cette raison que Vision du Monde intègre l’éducation au cœur de ses programmes de protection des enfants.

  • Près de 54 000 enfants bénéficient d’un soutien psychologique au sein de 37 espaces amis des enfants  
  • Près de 14 000 enfants âgés de 3 à 6 ans bénéficient des activités de développement de la petite enfance
  • Près de 3 000 enfants participent aux ateliers de construction de la paix
  • 111 assistants sociaux accompagnent plus de 16 000 enfants à travers des visites régulières et une attention particulière portée aux enfants victimes de violences sexuelles ou associés à des groupes armés
  • Plus de 16 000 adolescentes ont été identifiées comme en proie aux mariages précoces et sont suivies par des travailleurs sociaux
  • 8 espaces amis des enfants sont intégrés aux programmes d’apprentissage pour venir en aide aux adolescents ayant abandonné l’école
  • Dans le camp de Bidibidi, 750 mères adolescentes bénéficient de formations aux compétences professionnelles.
formations

Parce qu'une enfance sans innocence n'est pas une enfance, Vision du Monde s'engage pour venir en aide et protéger les plus vulnérables. 

La résilience par le chant, un projet en collaboration avec Voix Sans Frontières 

À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l’ONG Vision du Monde et l’ONG Voix Sans Frontières collaborent pour organiser un grand concert dans le camp de Bidibidi. Les femmes et les enfants vivant dans le camp seront les héros de ce concert. Créer des chorales, pour réenchanter la vie de ces enfants rescapés, retrouver le plaisir de chanter ensemble et découvrir les techniques vocales du chant a cappella sont les objectifs du concert. Il s’agit d’un travail de résilience par la voix pour tenter de surmonter le choc traumatique des violences subies lors de l’exil et du déracinement. 
 

Résilience par la voix

La résilience par le chant à Bidibidi

Vision du Monde et Voix Sans Frontières