Haïti: Des milliers de personnes réfugiées

La petite île de La Gonâve, située près de la côte Ouest de l’île principale d’Haïti, subit maintenant l’une des conséquences du séisme du 12 janvier : des milliers de personnes sont venues y trouver refuge, suite à la destruction de l’île principale.

Plus de 40 000 personnes ont fui l’île principale d’Haïti depuis le séisme, venant utiliser les ressources déjà limitées de la région de La Gonâve. La majorité des nouveaux arrivants ont cherché refuge auprès d’amis ou de famille.

« La population totale de La Gonâve est d’environ 100 000 personnes, une arrivée de 40 000 personnes à donc un fort impact» explique Kimcy Blaise, coordinateur de la région de La Gonave pour Vision du Monde.

 

Hausse du prix du riz

 

« Le prix du riz a augmenté de 60% depuis le séisme » rapporte Kimcy. «Il n’y a pas de haricots sur les marchés. Les fournisseurs locaux ont beaucoup de difficultés à obtenir des produits de Port-au-Prince parce que de nombreux entrepôts dans la capitale ont été détruits, il n’y a que très peu de réserves. »

Vision du Monde assure des distributions de blé, de haricots et d’huile de cuisine. Elle a pu aider un total de 30 000 personnes et projette d’en aider encore 40 000, soit 6000 famille. Vision du Monde a également fournit des réserves supplémentaires à sept cliniques qu’elle tient sur l’île et le gouvernement local a embauché 5 médecins pour répondre à la demande médicale croissante.

 

Début de la reconstruction

  

Bien que l’impact du séisme à La Gonave n’ait pas été aussi grave que sur l’île principale, plus de 8600 maisons ont été endommagées et plus de 100 totalement détruites. Le séisme a également endommagé 28 des 60 écoles de l’île. 


Vision du Monde met en place des programmes permettant aux familles de toucher de l’argent ou de la nourriture en aidant à la reconstruction. Ces programmes vont ainsi aider les habitants de l’île, mais également les déplacés, et permettront d’améliorer les infrastructures sur place, tout en stimulant l’économie locale. La reconstruction des citernes détruites est également une priorité.

 

Yvette reçoit la nourriture dont elle a tant besoin

 

Parmi les personnes ayant trouvé refuge ici, Yvette, 36 ans, mère de 4 enfants est venue avec eux à La Gonâve pour vivre chez ses parents, après la destruction de leur maison. Ils vivent maintenant à 11 dans une maison pour 4 personnes.

« Nous n’avions nulle part où vivre à Port-au-Prince. C’est un miracle que nous soyons en vie » dit Yvette. « Nous avons tout perdu et je dois prendre soin de mes enfants »

Après le séisme, la famille s’est d’abord installée dans un camp, mais les conditions de vie y étaient trop difficiles.
« Il faisait froid dans le camp. Lorsqu’il y avait des répliques, les gens criaient et pleuraient de peur. Je ne veux pas retourner à Port-au-Prince, j’ai trop peur » ajoute Yvette.

La fille d’Yvette, Samaah, 14ans, est heureuse de s’être éloignée des horreurs de Port-au-Prince. « J’avais peur lorsqu’on était dans le camp. Je pensai que le séisme reviendrait. Nous avons senti de nouvelles secousses. Je suis heureuse de vivre ici maintenant. »

 

Forte hausse du nombre d’inscriptions à l’école

 

Le mari d’Yvette était professeur à Port-au-Prince et l’école dans laquelle il enseignait a également été détruite. Avec le grand nombre d’enfant déplacés arrivés sur l’ile Yvette espère que son mari trouvera du travail comme enseignant.

La famille espère que les enfants pourront aller à l’école ici, lorsque celles-ci rouvriront, dans deux semaines.

Les écoles qui n’ont pas été détruites connaissent une augmentation sans précédent des inscriptions, suite à l’augmentation de la population.

Cependant, « les enfants ne peuvent pas aller à l’école dans des bâtiments endommagés. Ce n’est pas sûr » explique Kimcy. « Vision du Monde organise actuellement des activités pour les enfants, leur fournira de quoi aller à l’école et les aidera à avoir accès aux écoles publiques »

Vision du Monde Haïti travaille à La Gonâve depuis maintenant 15 ans et aide 12 000 enfants et leur famille grâce au programme de parrainage. Avant le séisme, il y avait déjà 13% de personnes chroniquement malnutries.