Accompagner la reconversion des femmes pratiquant l'excision

Pour lutter contre les Mutilations Génitales Féminines

Les Mutilations Génitales Féminines sont des violences sexuelles, une véritable violation des droits des filles et des femmes et une forme grave de violence à l'égard des filles exposées aux risques de complications en terme de santé morale et physique. Alors que l’on estime que plus de 68 millions de filles seront excisées en 2030, il est temps d’agir pour mettre fin à ces pratiques néfastes.
Vision du Monde travaille aux côté des chefs religieux pour sensibiliser les exciseuses et les aider à se reconvertir. 

Les Mutilations Génitales Féminines sont-elles encore pratiquées ?

Aujourd’hui, on estime à plus de 200 millions le nombre de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, qui ont été victimes de mutilations génitales. Bien qu’interdites par la loi dans une majorité de pays du monde, les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sont encore courantes dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient mais sont également pratiquées occasionnellement dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine comme en Colombie ou encore en Malaisie. 

Selon l’ONU, alors que plus de 4 millions de filles risquent de subir des mutilations sexuelles chaque année, deux millions de filles supplémentaires pourraient subir des mutilations génitales féminines au cours de la prochaine décennie en raison de la pandémie Covid-19. En effet, la fermeture des écoles et autres mesures de lutte contre la Covid-19 ont lourdement perturbé l’organisation de programmes destinés à protéger les filles contre ces pratiques néfastes qui persistent. De plus, le manque d’opportunités économiques en période de crise n’encourage pas les exciseuses à abandonner ces pratiques rémunératrices. La pauvreté grandissante pousse même certaines anciennes exciseuses à se relancer dans la pratique de ces mutilations dans l’objectif d’en percevoir un revenu. 

Comment les Mutilations Génitales Féminines sont-elles pratiquées ?

Les Mutilations Génitales Féminines désignent toutes les formes de mutilations lésant les organes génitaux féminins de manière intentionnelle et sans raisons médicales. La forme la plus connue de ces mutilations est l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme, il s’agit de l’excision. D’autres formes sont également pratiquées comme l’infibulation ou encore la clitoridectomie.

Alors que de plus en plus de professionnels de santé pratiquent ces opérations, les interventions n’en sont pas moins dangereuses et violentes pour les filles. Les mutilations génitales féminines réalisées par des exciseuses traditionnelles restent toutefois encore majoritaires. Éloignées de tout corps médical, ces dernières utilisent des outils tels que des lames de rasoirs ou des ciseaux sans anesthésier les victimes. La plupart des jeunes filles victimes de MGF subissent ces pratiques avant l’âge de 15 ans et risquent de graves problèmes de santé. Les mutilations génitales féminines abîment les tissus des organes génitaux, détériorent l’organisme des victimes, et engendrent de nombreux risques d’infections et de complications obstétricales graves. Elles peuvent également entraîner la mort par hémorragie. 

sensibiliser contre les mutilations génitales féminines

Lutter contre les mutilations génitales féminines passe notamment par l’accompagnement des exciseuses vers de nouvelles activités génératrices de revenus. Au Kenya, notre association de protection des enfants, via le Partenariat international World Vision, travaille main dans la main avec les chefs religieux afin de donner aux exciseuses les moyens d’abandonner ces pratiques néfastes, et d’obtenir un revenu grâce à la mise en place d’une activité légale et durable.

Paka, ancienne exciseuse raconte :

"J'avais l'habitude d'exciser les filles parce que c'était une pratique culturelle que la communauté valorisait. Je pensais que je faisais quelque chose de bien. Mais j'ai réalisé plus tard que je leur faisais du mal."

En échange des mutilations génitales féminines pratiquées, Paka recevait de l’argent de la part des parents des victimes. 

"Ces femmes nous respectaient parce que, selon les croyances traditionnelles, les mutilations génitales permettent aux filles de passer à l'âge adulte ou à la féminité. Cela augmente également leur valeur et les prépare au mariage, ce qui apporte de la richesse aux familles grâce à la dot." explique-t-elle.

À la suite de ces interventions, Paka et ses collègues exciseuses étaient invités à des fêtes où les bières alcoolisées traditionnelles étaient abondantes.

"J'avais l'habitude de boire beaucoup et cela a fini par affecter ma vie. Lors de ces fêtes, les gens étaient ivres, agressifs et violents ! Je vivais une vie dangereuse mais je ne savais pas comment m'arrêter", raconte Paka.

Aux côtés du pasteur Solomon, Paka a pu comprendre les conséquences de ses actes et décider de changer radicalement de vie en abandonnant la pratique des MGF et en choisissant de lutter pour les droits des enfants. Désormais, Paka vit de l'agriculture et de l'élevage, de nouvelles activités qui lui offrent des revenus décents pour faire vivre sa famille.

Le pasteur Solomon fait partie des nombreux chefs religieux formés par notre ONG de parrainage d'enfants pour travailler aux côtés des familles et améliorer le bien-être des enfants en cette période de COVID-19.

"Les enfants sont à la maison depuis la fermeture des écoles en mars en raison de la pandémie. Cela les a mis en danger face aux pratiques culturelles néfastes comme les MGF et le mariage des enfants. Mon objectif est de les garder en sécurité", dit-il.

En plus de sensibiliser la communauté aux dangers des mutilations faites aux filles et du mariage des enfants, le pasteur Solomon accompagne les enfants de son village et signale les cas d'abus aux agents de protection de l'enfance et aux forces de l'ordre.

Vous aussi, rejoignez la lutte contre les mutilations génitales féminines en parrainant une fille !