Urgence Mali : renforcement de nos actions humanitaires

Point sur le conflit au Mali et réponse humanitaire de Vision du Monde

Comprendre la situation au Mali : en bref

 

Le conflit et l’insécurité alimentaire ont amené 241 448 personnes au déplacement interne d’après le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA, 6 février 2013). La majorité des personnes déplacées sont des femmes et des enfants car les hommes sont difficilement autorisés à rejoindre le Sud du pays. 

 

166 425 réfugiés ont été enregistrés dans les pays voisins. D’après l’OCHA, le 4 février, on comptait 21 986 réfugiés maliens au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger. Au 31 janvier, le nombre de nouveaux déplacés internes accueillis dans les régions de Ségou, Mopti et Bamako était estimé à 14 242 personnes. De plus, 6000 personnes venant du Nord du Mali seraient bloquées à la frontière algérienne à Tin Zaoutin et ce nombre ne cesserait d’augmenter. Plusieurs incidents liés aux mines et aux explosifs de guerre ont été rapportés. La route Mopti-Gao reste fermée au Nord de Douentza.

 

L’accès aux familles s’étant quelque peu amélioré, l’aide humanitaire s’intensifie dans les régions centrales du pays. Dans le Nord, l’aide reste encore limitée, mais plusieurs partenaires utilisent actuellement le fleuve du Niger pour venir en aide à la région de Tombouctou. L'armée française prévoit de se retirer du Mali dans les prochaines semaines. Avec si peu de troupes pour sécuriser une zone faisant plus du double de la France, Paris a lancé un appel pour un déploiement rapide de la force militaire africaine soutenue par l’ONU, mais cela a été ralenti à cause d’un manque de transport et d’équipement.

 

Vision du Monde est extrêmement préoccupée par le sort des filles et des jeunes femmes dans le Nord du Mali. Le nombre de  témoignages de jeunes femmes battues, agressées sexuellement et mariées de force par les groupes d’opposition armés ne cesse d’augmenter.

 

Historique du conflit dans un contexte de crise alimentaire

 

En Janvier 2012, une rébellion menée par le mouvement séparatiste touareg et le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a éclaté dans le Nord du Mali. Le MNLA, mouvement laïc, s’est allié à plusieurs groupes armés islamistes en vue d’un coup d’Etat militaire à Bamako le 22 mars 2012. Sous la pression internationale, les putschistes ont rapidement cédé le pouvoir mais certains ont continué d’interférer dans les décisions du nouveau gouvernement civil.  Alors que la capitale faisait face à une instabilité politique, les rebelles ont capturé, en quelques jours, trois régions du Nord : Kidal, Gao et Tombouctou (une zone principalement déserte un peu plus large que la France). Ils ont ensuite annoncé la fin des hostilités et ont proclamé l’indépendance de l’Azawad, qui fut rejetée par le comité international. La situation le long de la ligne de démarcation nord-sud est restée calme jusqu’à la fin de l’année 2012 quand les groupes islamistes ont pris le pouvoir sur le MNLA. L’objectif de ces groupes n’était pas d’obtenir l’indépendance du Nord du Mali mais d’imposer une loi islamique stricte dans le pays.

 

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de créer une force africaine (AFISMA) pour aider les autorités maliennes à restaurer l'intégrité territoriale du pays. Le conseil de sécurité de l’ONU a autorisé cette force le 20 décembre 2012, avec un mandat additionnel afin d’assurer la sécurité de l’aide humanitaire et la protection des personnes déplacées. Peu de temps après, les groupes rebelles ont lancé une offensive au Sud du pays et ont pris le contrôle de la ville de Konna le 10 janvier 2013. Le gouvernement malien a ensuite immédiatement demandé une assistance militaire de la part de le France qui s’est rapidement mise en place. 

 

Le conflit actuel a commencé alors que le Sahel faisait déjà face à une crise alimentaire et nutritionnelle. La guerre a davantage aggravé la situation de millions de personnes souffrant déjà de pauvreté chronique.  Malgré de bonnes récoltes en 2012, des millions de Maliens continuent de souffrir et le conflit actuel entraine de nouveaux besoins humanitaires.

 

L'accès humanitaire s'améliore

 

L’accès humanitaire continue de s’améliorer dans les régions centrales mais reste très limité dans le Nord du pays. Des partenaires ont réussi à effectuer des évaluations dans les régions de Mopti et Ségou (les villes de Konna et Douentza inclues) et dans la région de Kidal qui se trouve au Nord du Mali. Ces évaluations révèlent d’importants nouveaux besoins, particulièrement parmi les personnes récemment déplacées et leurs hôtes mais ne montrent pas de détérioration majeure relative au conflit. L’aide humanitaire continue de se déployer dans le sud du pays.

 

Dans le Nord, l’aide a repris mais continue d’être limitée, surtout à cause des difficultés à sécuriser les routes pour les passages commerciaux ou humanitaires. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et d’autres partenaires transportent les convois humanitaires de Mopti à Tombouctou le long du fleuve Le Niger. Des plans sont également en cours pour commencer les expéditions d’aide transfrontalières du Niger vers le nord du Mali. La frontière entre l'Algérie reste officiellement fermée, réduisant de manière significative le trafic commercial dans la région de Kidal.

 

Les enfants sont toujours en danger 

 

Les organisations défendant les droits de l’Homme ont rapporté de nombreuses exécutions sommaires et de graves violations des droits de l’Homme. Les rapports indiquent que de nombreuses ethnies arabes, touaregs et peulhs ont fui sous crainte de représailles dans les zones où les Maliens ont récemment repris le contrôle. 

 

De plus, des enfants soldats sont recrutés et des jeunes filles sévèrement « punies » pour ne pas avoir respecté la charia. Vision du Monde demande aux gouvernements de mettre en place des moyens pour assurer la protection des enfants et qu’un dispositif permettant la sensibilisation du personnel militaire à la protection des enfants soit mis en place, à la fois pour l’armée malienne mais également pour les forces extérieures.

 

Vision du Monde agit au Mali pour aider les personnes déplacées et aider les enfants

 

Vision du Monde au Mali a apporté une aide alimentaire aux personnes déplacées et a fourni une aide humanitaire à 129 295 personnes durant la crise alimentaire et nutritionnelle de 2012. Vision du Monde au Mali a également engagé la distribution de produits non alimentaires et la protection des personnes déplacées à Bamako et Ségou. Néanmoins, avec l’arrivée de nouvelles personnes déplacées et face au manque d’assistance pour les anciens déplacés, l’organisation prévoit de renforcer son aide, notamment dans les domaines de l’alimentation, de l’hygiène, de la protection et du logement. 

 

Vision du Monde au Mali cible 30 000 personnes déplacées (nouveaux arrivés et anciens) avec différentes formes d’assistance. Les régions les plus ciblées sont celles de Segou, Sikasso et Bamako.

 

Vision du Monde au Mali travaille en partenariat avec l’OCHA et l’ONU qui supervisent une coordination sectorielle et participe activement aux réunions concernant la nutrition, les produits non alimentaires, les logements, la protection, les activités d’hygiène et d’assainissement, la sécurité et la logistique. Suite aux récents événements, la coordination au niveau de Bamako s’est intensifiée.

 

Vision du Monde au Mali prépare actuellement la distribution des biens suivants :

-Des kits non alimentaires pour les femmes et les hommes comprenant des éléments de base  (vêtements, hygiène et literie)

-Des kits d’hygiène pour femmes et hommes

-Des ustensiles de cuisine comprenant des bidons, des lampes à énergie solaire

-Des Bâches pour les familles qui ont besoin d’un abri

-Des citernes de 1000 litres d'eau pour permettre un stockage des surplus d'eau dans les communautés ou camps de déplacés internes

-Deux camions-citernes et de l'équipement de forage 

-Du matériel et des fournitures pour les Espaces de protection des enfants et les fournitures scolaires.

 

Vous pouvez nous aider à apporter de l'aide concrète aux personnes déplacées et à protéger les enfants contre les abus du conflit

 

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