Christine, marraine au Myanmar, nous raconte sa première rencontre avec son filleul Ye-Ko
« Mon voyage au Myanmar (Birmanie) n'avait pas d'autre but que de rencontrer mon filleul Ye-Ko. C'est le nez collé au hublot de l'avion que j'ai atterri à Rangoon, fortement émue et impressionnée par le panorama époustouflant qui venait de se dérouler sous mes yeux avec ses vastes plaines entourées de spectaculaires chaînes de montagnes couvertes d'une jungle d'un vert profond : le pays de Ye-Ko.
Tout au long de mon séjour, pas un paysage, un village, une rue, un marché, une parcelle de terre qui ne m'évoque Ye-Ko et ses lettres : ainsi cette orchidée accrochée à son tronc d'arbre tout comme celle que Ye-Ko m'a envoyée en photo ; ces maisons de bambous si semblables à celle de Ye-Ko et de sa famille ... Et puis, parmi la foule de personnes rencontrées, là aussi, il m'a semblé parfois voir apparaître Ye-Ko sous les traits de tel garçonnet.
Pendant une quinzaine de jours, je me suis imprégnée, gorgée d'images, d'ambiances, d'atmosphères, de lumières, d'odeurs, de parfums, de goûts de ce pays et ce, jusqu'au jour du rendez-vous ! Tout à coup le trac ! Que fais-je ici à l'autre bout du monde ? Dans le but de rencontrer un jeune garçon qui, peut-être, ne partageait pas forcément la même envie de me voir ! Après tout, je ne lui ai pas vraiment demandé son avis! Et puis, peut-être y a-t'il un contretemps et que l’on n’a pas pu me joindre ... Tout un flot de réflexions et d'angoisses s'entrechoquant pêle-mêle dans ma tête lorsque retentit, dans ma chambre d'Hôtel, la sonnerie du téléphone. A l'autre bout du fil, la voix de Naw Sarblut (du bureau local de Vision du Monde) m'annonce qu'elle va venir me chercher. Je raccroche, complètement abasourdie par la concrète réalité de l'événement qui s'annonce.
Depuis le hall de l'hôtel, c'est à la fois avec impatience et anxiété que je guette l'arrivée de Naw Sarblut qui ne tarde pas et dont la gentillesse et la patience contribuent à dissiper ce trac. Arrivés à destination, une porte s'ouvre sur la frêle silhouette de Ye-Ko assis de dos avec son père. Ye-Ko se retourne avec vivacité, me reconnaît instantanément en me gratifiant d'un sourire. Un sourire merveilleux qui vous saute au visage et au cou au point qu'il restera à jamais gravé dans ma mémoire.
Ce sourire, ce visage, cette silhouette, tous ces traits sont bien ceux de Ye-Ko et de lui seul, celui des photos que j'ai également reconnu instantanément ! Instant magique que cet élan réciproque qui s'est poursuivi par des conversations joyeuses et échanges de cadeaux.
Difficile d'en dire plus tellement le souvenir de ces moments me bouleverse, tellement cette journée m'a réservé de magnifiques surprises sur la personnalité de Ye-Ko qui m'a dit « aimer le piano », comme d'avoir pu faire la connaissance du père de Ye-Ko, impressionnant de fierté; d'avoir pu mettre un visage sur KLK, initiales mystérieuses qui signent les traductions des courriers, et se sont révélées l'identité d'une jeune femme « Khaing Lwin Kyi » vraiment très dynamique et sympathique. Tout se passa si vite, mais fut tellement intense émotionnellement que, de retour à l'aéroport, j'en ai oublié tous mes papiers sur le tapis roulant de la douane. Une fois retrouvés mes esprits et mes papiers, il m'a bien fallu partir en regardant s'éloigner par le hublot de l'avion, le scintillement des pagodes et du sourire de Ye-Ko.
Depuis que je suis de retour, j'ai du mal à réaliser ce qui s'est passé. Il me faut regarder encore et encore les photos. Je contemple des heures durant le joli tableau et les orchidées que m'a offerts Ye-ko, orchidées spécifiquement en plastique afin que ne s'altèrent jamais les souvenirs d'une journée aussi extraordinaire. »
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