Santé de la mèrePrise en charge de la mère après la naissance de son enfant en Indonésie.
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Une femme meurt chaque minute dans le monde de complications liées à la grossesse et plusieurs millions souffrent de séquelles physiologiques ou d’infections à la suite d’un accouchement. Le risque de mourir de complications liées à la maternité est de 1 sur 16 dans les pays en développement, contre 1 sur 2 800 dans les pays développés.
Parallèlement, près de 9 millions d’enfants meurent chaque année avant l’âge de cinq ans, dont 40% dans le mois qui suit la naissance. En Afrique sub-saharienne, 1,16 million d’enfants meurent chaque année au cours des 28 premiers jours de leur vie.
Dans le monde en développement, les soins de base sont insuffisants et des millions de femmes enceintes n’y ont pas accès. Pourtant,
la survie des enfants passe par un meilleur accès aux soins et une amélioration de la santé maternelle : une étude menée par l’Unicef montre que les enfants orphelins de mère courent beaucoup plus de risques de mourir avant l’âge de deux ans que ceux dont la mère est en vie.
Améliorer l’accès aux soins des femmes enceintes et des mères
On estime qu’une femme enceinte sur quatre dans le monde ne reçoit aucun soin prénatal et plus de
40% accouchent sans aide d’un agent de santé.
L’absence de soins adéquats a pour conséquence un nombre élevé de complications lors de la grossesse, à l’origine du décès de 1400 femmes chaque jour. 99% d’entre elles vivent dans les pays en développement.
La santé des mères, du nouveau-né et des enfants doit être prise en charge à la fois dans le temps (grossesse, accouchement, période suivant la naissance) et dans l’espace (à l’échelle des centres de santé, de la communauté et du foyer). L’accès aux soins de base passe donc par un meilleur suivi de la grossesse, l’accompagnement d’un personnel qualifié lors de l’accouchement, la possibilité de se rendre rapidement dans un centre mieux équipé si des complications surviennent (réanimation…), et les soins néo-natals essentiels.
Pour les futures mères, le simple fait de consulter ou d’être examinées par un agent de santé qualifié durant la grossesse peut
éviter les accouchements prématurés et le tétanos néo-natal, presque toujours mortel. L’accès des femmes enceintes à un traitement antipaludéen permet en outre de diminuer les risques d’insuffisance pondérale à la naissance ; en effet, le paludisme serait responsable de 30% des cas de faible poids chez les nouveau-nés (IRD). Les
mutilations génitales féminines exposent en sus les mères et les bébés à des risques majeurs lors de l’accouchement, la surmortalité des mères variant de 15 à 55% selon le type de mutilations subies.
Par ailleurs, le développement de soins postnatals permet de promouvoir les pratiques sanitaires appropriées : allaitement maternel, ou le cas échéant utilisation de substitut au lait maternel, alimentation adaptée, accès à l’eau salubre, etc.
Prévenir la transmission mère-enfant du VIH

Dans les pays pauvres,
1750 enfants naissent chaque jour avec le VIH, et la moitié mourront avant l’âge de deux ans s’ils ne bénéficient pas de traitement.
Il est indispensable que les femmes enceintes atteintes du VIH-Sida soient mieux suivies afin de limiter les risques de transmission à l’enfant.
Selon l’Unicef, la probabilité qu’une femme enceinte séropositive transmette le VIH à son enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement maternel est de 35%.
Or des techniques de prévention, mises en œuvre dans les pays riches, ont permis de faire baisser le risque de transmission mère-enfant à moins de 2 %.
En France par exemple, 94% des femmes enceintes vivant avec le VIH reçoivent un traitement antirétroviral (Ministère français de la santé), contre une sur 100 en Afrique du Sud, au Burkina Faso, en Ethiopie, au Malawi et au Nigéria. En 2005, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, 11% des femmes enceintes séropositives bénéficiaient d’une prophylaxie antirétrovirale.