La Déclaration du Millénaire, adoptée par tous les Etats membres des Nations unies en 2000, a fixé la date butoir pour la réalisation des 8 Objectifs du Millénaire pour le développement à 2015. Alors que tous les États se sont engagés à les financer à hauteur de 150 milliards de dollars par an, 10 ans plus tard, seulement un tiers des aides a été versé.
En 2002, un engagement supplémentaire avait été pris : allouer 0,7% du revenu national brut (RNB) à l’Aide publique au développement (APD).
Malgré toutes ces promesses, les Etats eux-mêmes ont reconnu qu’ils ne parviendraient pas à honorer leurs engagements seuls et reconnaissent ainsi l’importance des financements innovants, qui s’additionneront à l’Aide publique au développement.
En 2006, à l’initiative des présidents brésilien, chilien et français, une taxe sur les billets d’avion est mise en place. C’est un dispositif d’action novateur qui a ainsi été créé : Unitaid. Son principal objectif : la baisse du prix des médicaments pour les pays pauvres. Unitaid a ainsi obtenu d’importants rabais auprès des industries pharmaceutiques (baisse de 45% à 50% du prix des antirétroviraux contre le virus du Sida notamment) et a pu mettre en place un programme global d'éradication de la transmission du virus du VIH/Sida de la mère à l'enfant en Afrique.
Cependant, le Sida continue de tuer 3 millions de victimes par an. 350 millions de personnes sont aujourd'hui infectées par le paludisme et la tuberculose tue 2 millions de personnes et fait 9 millions de nouvelles infections chaque année. Il est donc impératif que le Groupe pilote sur les financements innovants en faveur du développement (la principale enceinte internationale de discussion et de proposition en la matière) avance des propositions et travaille sur plusieurs types de financements innovants. Ces fonds, dits fonds innovants doivent être additionnels et non pas en remplacement de l’APD promise.
Grâce aux premiers mécanismes de financements innovants, 2,5 milliards de dollars ont été levés entre 2006 et 2009. Pourtant, ces nouveaux financements n’ont pas été généralisés à l’ensemble de la communauté internationale. On estime aujourd’hui par exemple qu’une taxation sur les transactions financières de l’ordre de 0,05 % pourrait permettre de générer plusieurs centaines de milliards de dollars par an.
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Cette taxe n’est pas le seul mécanisme de financement innovant. D‘autres initiatives méritent notre attention :
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l’AMC (
Advanced Market Commitments), qui sont des garanties d’achats futurs qui permettent aux industries pharmaceutiques de concentrer leurs efforts de recherche sur les maladies affectant les pays pauvres tout en ayant une garantie d’achat des médicaments ;
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l’IFFIm (
International Finance Facility for Immunisation) qui est une facilité internationale pour le financement de la vaccination mise en place en 2006 à l’initiative de la Grande-Bretagne et de la France. Les fonds levés en émettant des obligations sur les marchés financiers, sont parfaitement stables, prévisibles et directement utilisables pour des projets dans le secteur de la santé.
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Le mécanisme «
Debt2Health » propose un partenariat par lequel le pays créancier renonce à une partie de ses créances en échange d’une rétrocession par le pays bénéficiaire d’un certain montant au Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour des actions dans ce pays. 125 à 250 M$ devraient être disponibles grâce à ce mécanisme.
Plus d’informations :
Site du groupe d’experts financements innovants
Campagne Robin des Bois soutenue par WVF