Qui va payer pour la crise financière?
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La crise financière et ses conséquences économiques pourraient fortement compromettre les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté et les injustices. Bien que tous les pays du monde soient touchés, les pays les plus pauvres sont particulièrement vulnérables aux changements de priorité des pays riches donateurs. Des millions de familles risquent de s’enfoncer encore plus dans la misère.
Aujourd’hui, à cause de la flambée des prix des aliments, 963 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. C’est 40 millions de plus qu’en 2007.
En encourageant pendant des décennies les pays en développement à se tourner vers la monoculture de produits destinés à l’exportation, les pays riches et les institutions financières internationales les ont rendus dépendants d’un seul produit d’exportation (le coton représente 84% des revenus d’exportation du Bénin), et donc de la demande des pays importateurs. Cette politique a aussi eu pour effet de compromettre la souveraineté alimentaire des pays, car ils ont du se détourner des cultures vivrières. Ceci explique en grande partie pourquoi les pays du Sud ne peuvent pas faire face à la crise alimentaire.
La crise financière risque d’aggraver la situation économique de ces pays. Les pays riches, déjà à l’origine des dérèglements du système économique, commencent en effet à réduire les échanges économiques, ce qui affecte considérablement les économies tributaires des exportations de matières premières.
Les ménages les plus démunis ont dû réduire la quantité et/ou la qualité de leur alimentation, des soins de santé et d’hygiène, de l’éducation des enfants... Cela provoque des dommages irréparables sur les conditions de vie de millions d’enfants et fait perdre au monde des richesses humaines et économiques. Les pays pauvres, frappés de plein fouet par les excès énergétiques et environnementaux des pays industrialisés, ne peuvent pas se permettre de payer encore une fois pour les dérives spéculatives des pays riches.
C’est une question de vie ou de mort : si les prix des aliments ne baissent pas, si l’aide et les flux commerciaux ralentissent, les personnes les plus vulnérables de la planète mourront.
Le G8 et le G20, qui regroupent les 8 ou les 20 économies les plus riches au monde, ne sont pas légitimes pour décider de l’avenir du monde. Les pays émergents (qui possèdent 50% de l’économie mondiale) mais aussi les pays en voie de développement (qui vont payer le tribut le plus lourd) doivent être invités à la table des négociations sur le nouvel ordre économique et financier mondial, car ils devront l’appliquer, de gré ou de force.
Des initiatives concertées sont nécessaires pour établir un nouveau système transparent, équitable et démocratique, ainsi que pour protéger -à court terme- les populations fragiles de l’impact de la crise, afin qu’elles ne soient pas les victimes collatérales d’un système dont elles n’ont jamais bénéficié.
Vision du Monde demande donc aux dirigeants mondiaux de prévoir des mécanismes et des financements spécifiques pour les populations vulnérables, et tout particulièrement pour les enfants touchés par la pauvreté, le Sida, les pires formes de travail et les conflits.
"Les gouvernements ne devraient pas chercher d’excuses à cause de la crise financière. La crise financière est venue, elle repartira, et on sera toujours là avec nos besoins fondamentaux." Wangari Maathai, Présidente du Green Belt movement, Prix Nobel de la Paix 2004
Le montant nécessaire pour réaliser les Objectifs du Millénaire, c’est-à-dire le minimum requis pour réduire de moitié la pauvreté dans le monde (100 milliards d’euros par an, d’après l’Onu) est une goutte d’eau à côté des trillions qui ont été donnés en garantie aux banques. À l’orée d’une crise globale dont nous n’anticipons pas encore l’ampleur de l’impact sur les économies les plus fragiles et dépendantes, les enfants des pays en développement ont plus que jamais besoin que l’on protège leurs droits fondamentaux. Demandons à nos gouvernements de tenir leurs engagements :
signez la pétition de Vision du Monde sur www.sante-enfants.org 
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A consulter également :
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le dossier Spécial "Crise alimentaire
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les activités génératrices de revenus