Retrouver sa vie d’enfant après le séisme

Dans l’un des centres pour enfants créé à Petionville par Vision du Monde Haïti, des enfants victimes du séisme dansent et jouent, profitant de ces moments de retour à la normale.

« J’étais chez moi, faisant mes devoirs après l’école, lorsque le tremblement de terre a eu lieu» raconte Jousena, 10 ans. « J’ai sauté de mon lit et j’ai essayé de m’échapper ». Maintenant, « il n’y a plus rien » dit-elle.
Jousena parle avec son petit frère de 8 ans, Alain, agrippé à sa main. « Ma maison a été détruite pendant le tremblement de terre et ma famille vit maintenant dans un camp ».

Alain est intimidé lorsqu’il raconte le moment où le séisme a frappé.
« Je me suis mis à courir lorsque j’ai entendu le tremblement de terre. J’ai vu quelque chose tombé sur ma maison. Après, quelqu’un m’a attrapé la main et m’a tiré. Je sentais mon cœur battre très fort ».
Il raconte aussi que des gens lui ont donné des habits, parce qu’il n’a pas pu récupérer ce qui était chez lui. Maintenant il a besoin de vêtements.

Des volontaires à l'écoute des besoins des enfants 

Karry Perrault, l’une des volontaires travaillant au centre pour enfants, rapporte qu’entre 100 et 140 enfants âgés de 6 à 12 ans sont déjà venus. Karry est psychologue. Elle a vu combien les enfants avaient besoin d’être suivis après le séisme et a demandé à ce qu’un centre soit créé. Vision du Monde a fournit le matériel, et envoyé plusieurs membre de ses équipes pour qu’ils  forment notamment 30 volontaires haïtiens.

La plupart des volontaires ont aussi perdu leur maison raconte Karry. Avoir un centre pour enfants au sein des camps signifie que « les parents savent que leurs enfants sont en sécurité dans un endroit où ils s’amusent. » 

« Il est difficile de répondre pleinement aux besoins des enfants» rapporte-t-elle « Ils n’ont plus de maison, plus d’école et plus rien à manger.»

Mertilus, 10 ans, a perdu son père durant le séisme et dit que la vie dans le camp est dure. « Il y a des déchets partout. ». Elle est venue au centre pour suivre des cours et mais aussi pour pouvoir chanter et danser avec les autres enfants. Elle n’a pas d’autres vêtements que ceux qu’elle porte et elle dépend des distributions quotidiennes de nourriture pour manger.

Quand les filles se lèvent et commencent, au son des tambours, à danser et à chanter joyeusement, il est difficile de croire qu’elles aient vécu une telle tragédie.

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