Journée internationale des enfants soldats

12 février 2012



On dénombre aujourd’hui 250 000 enfants soldats en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie. Parmi les enfants soldats, on retrouve tant des jeunes garçons que de jeunes filles de moins de 18 ans. Certains sont enrôlés alors qu’ils ont à peine 7 ans. Présents dans les armées régulières et dans les groupes rebelles, les enfants soldats sont utilisés comme combattants de première ligne, brancardiers, espions, détecteurs de mines, esclaves sexuels. L’armée régulière birmane est celle qui compte le plus d’enfants soldats : ils seraient environ 70 000.
Les enfants soldats vivent majoritairement dans des zones de conflits, séparés de leurs parents et livrés à eux-mêmes. L’absence de scolarisation et les difficultés financières en font des proies faciles pour les militaires qui les contraignent à intégrer leur troupe. Les enfants sont souvent enlevés à la sortie des écoles ou lorsqu’ils se promènent dans les rues.

Une jeunesse sacrifiée, un avenir pulvérisé.


Pour faire partie d’un groupe armé, les enfants sont soumis à des épreuves plus ou moins violentes selon les pays. Les enfants sont parfois forcés à commettre des actes traumatisants comme torturer ou tuer des membres de leur famille. Les militaires s’assurent ainsi de devenir leur unique « famille ». D’autres dangers et maltraitances les attendent: maladies, malnutrition, drogue, prostitution, viol. Aujourd’hui, on déplore environ 2 millions d’enfants soldats tués lors de conflits, auxquels s’ajoutent les enfants qui en ressortent handicapés, sans foyer ou orphelins.

A la fin des conflits, les enfants qui ont échappés à la mort se retrouvent abandonnés par leur chef, et doivent reprendre le cours de leur vie, seuls, avec leurs séquelles physiques et psychologiques. Les atrocités commises au moment de leur enrôlement et pendant les combats restent dans la mémoire de leur famille et de leur communauté qui les rejettent. Livrés à eux-mêmes et sans repères, les enfants soldats doivent malgré tout penser à leur avenir. Vision du Monde créé des centres spécialisés apportant un soutien aux anciens enfants soldats et les aidant à reconstruire leur vie.

L’action de Vision du Monde pour la réhabilitation des enfants soldats.



Lors des conflits, Vision du Monde mène des actions de prévention, en développant des espaces sécurisés pour les enfants, et en informant les parents des risques d’enlèvements de leurs enfants et des abus commis par les militaires.

Après les conflits, Vision du Monde crée des centres de réhabilitation des enfants soldats. Ces centres prennent en charge les enfants : fourniture de biens de première nécessité, suivi médical et psychologique renforcé, soutien scolaire. Plus particulièrement, Vision du Monde aide les jeunes mères (souvent enceintes à la suite de viols) à prendre soin d’elles et à s’occuper de leurs enfants.
Vision du Monde aide aussi les jeunes à se réinsérer dans la société grâce à des formations professionnelles et tente de renouer le dialogue entre les enfants et leur famille.

L’association a mis en place ces programmes en Uganda, en Sierra Leone, au Liberia, en Angola. Ces centres sont encore en activité en République Démocratique du Congo et au Soudan.

En outre, Vision du Monde mène des actions de plaidoyer. Elle se mobilise notamment pour que les pays cessent de fournir des armes dans les zones de conflits où interviennent des enfants soldats.

La Convention relative aux droits de l’enfant interdit le recours aux enfants de moins de 18 ans pour les combats armés. Membre de la Coalition contre l’utilisation des enfants soldats, Vision du Monde a joué un rôle clef dans la ratification de ce traité. Seuls les Etats-Unis et la Somalie ne l’ont pas ratifié.


Cas pays : Les enfants soldats en République Démocratique du Congo


L’Afrique de l’Ouest est l’une des régions au monde les plus gravement affectées par le recrutement d’enfants soldats. Lors de la Deuxième guerre du Congo (1998-2002) certains groupes armés avaient jusqu’à 40% d’enfants dans leurs troupes. Ces nombreuses années de guerre ont engendré une vaste crise humanitaire. En raison des difficultés pour survivre et des campagnes de recrutement massif des groupes armés, de nombreux enfants ont rejoint les milices. Les filles, qui représentaient 40% des enfants ont souvent été mariées de force à des soldats adultes.

Ces enfants sont recrutés de forces dans les écoles ou dans les rues par les groupes armés, principalement par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), depuis la reprise des combats en août 2007. Les enfants deviennent des combattants ou sont utilisés pour des tâches logistiques ou comme esclaves sexuels.

Ce pays est pourtant riche de ressources naturelles : bois, or, diamants. Le tout est de savoir à quelles fins elles sont utilisées… A la fin des années 80, la vente de diamants a servi à financer une guerre civile très violente. En achetant ces diamants, beaucoup de pays développés ont donc alimenté la guerre au Congo et ont indirectement participé au destin tragique de milliers d’enfants soldats. En 2003, le « Clean Diamonds Trade Act » a été rédigé pour stopper ce commerce de diamants.

Contact presse Vision du Monde : Sigrid Darmendrail, presse@visiondumonde.fr  


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