Japon: l'aide d'urgence

Vision du Monde Japon distribue des biens de première nécessité aux survivants de Minamisanriku, l’un des villages les plus touchés.
21 mars 2011

Minamisanriku, petite ville côtière au nord-est du Japon, au nord de Sendai, a été très durement touchée par le séisme et le tsunami qui a suivi 25 minutes après. En effet, presque aucune habitation ou infrastructure n’est debout. Sur les quelques 20 000 habitants que comptait la ville, 9 600 se trouvent désormais répartis sur 40 centres d’hébergements mis à disposition, les autres sont tous portés disparus depuis le tsunami, soit un habitant sur deux.

Les équipes de Vision du Monde Japon ont récemment organisé la distribution de 4 500 couvertures et 4 800 bouteilles d’eau. Vision du Monde Japon a aussi distribué des produits d’hygiène dans différents centres d’hébergement en partenariat avec les autorités locales, en ciblant en priorité les femmes, les enfants en bas âge et les personnes âgées. L’association au Japon a ainsi récemment reçu 130 000 couches pour bébés qu’elle a commencé à distribuer dans différentes zones du nord-est, et espère aussi pouvoir distribuer dans les prochains jours, des vêtements chauds, des lampes, des bougies, et des couvertures supplémentaires.

Nobuhiko Katayama, le directeur national de Vision du Monde Japon a été à la rencontre des réfugiés de Minamisanriku et a recueilli leurs témoignages.
Mme Saijo, mère de Kouka, petite fille d’1 an et 4 mois, lui a confié « Nous les adultes, nous pouvons nous débrouiller pendant quelques jours sans vêtements propres ni repas, mais c’est extrêmement difficile pour les enfants en bas âge de rester sans lait et sans couches. C’est pourquoi je suis vraiment heureuse que des gens aient pensé à distribuer des couches dans ce centre d’hébergement. Je vous en remercie beaucoup. J’ai perdu ma maison, mes biens, tout ce que j’avais, mais cela me fait chaud au coeur de voir ce que tant de gens font pour nous ».

M. Nobuhiko Katayama, a aussi rencontré le maire de la ville, M. Sato qui rappelle: « Nous avons vraiment besoin de l’aide humanitaire car il s’agit d’une petite ville, nos ressources et nos capacité sont limitées, d’autant que la ville a été très touchée. Les médias parlent généralement d’une catastrophe pendant les 2 premiers mois, mais après, il y a le risque d’être oublié, alors qu’il faut plusieurs années pour se remettre d’une telle catastrophe. J’espère que vous continuerez à nous aider, s’il vous plaît ne nous oubliez pas ! »

La situation au nord et dans le reste du pays :


Une tempête de neige sévit actuellement dans le nord-est du pays avec des températures qui chutent à -5°c en moyenne d’après nos équipes sur place. Cela met en danger la vie des personnes déplacées qui vivent bien souvent dans des hébergements temporaires très précaires, parfois de simples tentes. C’est pourquoi il est urgent de continuer à distribuer des couvertures et d’autres biens de première nécessité.

Comme Bien souvent lors d’une catastrophe naturelle, les infrastructures (notamment les transports) sont très endommagées, rendant l’acheminement de l’aide et les secours dans les zones éloignées très difficile.

D’après le gouvernement japonais, il y aurait plus de 850 000 foyers privés d’électricité dans le nord du pays et 1,5 millions de foyers privés d’eau courante, ce qui est dramatique vu la vague de froid qui s’annonce.

Depuis la catastrophe, ce sont plus de 20 000 morts et disparus qui ont été recensés par les autorités, soit la pire catastrophe du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, d’après le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU, on recense 367 141 personnes vivant dans 2 300 centres d’évacuation transformés désormais pour la plupart en centres d’hébergement temporaire.