Le Mozambique face à de multiples fléaux
31 mars 2010
Suite aux recommandations de Vision du Monde Mozambique et du Ministère de la Santé du Mozambique, l’état d’alerte a été déclaré au Mozambique, afin de répondre à l’insécurité alimentaire, aux inondations et à l’épidémie de choléra, qui affectent ce pays.
En effet, l’insécurité alimentaire est un problème majeur, puisqu’on estime que 460 000 personnes, dans 63 districts, auraient besoin d’une aide d’urgence, suite à la perte de leurs récoltes ou à des récoltes limitées. Les familles dans le besoin sont essentiellement des petits agriculteurs, disposant de peu de revenus et de réserves alimentaires limitées. Déjà touchées par la pauvreté, ces familles ont dû affronter au moins une des crises (alimentaire, inondation, cholera).
En dépit des fortes pluies qui se sont abattues en février sur plusieurs parties du Mozambique, les conditions climatiques d’octobre 2009 à mars 2010 n’ont pas été favorables à la production agricole plus particulièrement dans le sud du pays et dans certains districts de la région centrale. Dès lors, même si les pluies de février ont été plus longues que prévu, de nombreuses communautés dont les productions agricoles dépendant des conditions de mars à avril, n’auront que peu ou pas de récoltes. Certains agriculteurs de la région de Zambeze et de Tete ont semé pour la deuxième ou troisième fois, mais les inondations récentes ont également détruits les deux-tiers de ces plantations. Le ministère de l’agriculture estime ainsi que 30% de la production plantée pour la récolte principale a été perdue. La préparation pour la deuxième saison agricole a commencé, mais celle-ci ne pourra, au mieux, que compenser 10 à 15 % des pertes.
Les prix des biens alimentaires de bases ont donc augmentés de manière significative, devenant inaccessibles pour les familles les plus démunies.
D’autre part, les inondations sont un autre facteur majeur d’inquiétude. Des milliers de personnes ont été déplacées et ont maintenant de grandes difficultés à avoir accès aux denrées alimentaires ou à l’eau potable. Les digues de plusieurs rivières (Licungo, Pongue, Buzi, Zambèze) ont cédé entrainant des destructions considérables. Le 9 mars 2010, le gouvernement du Mozambique a déclaré une alerte rouge (le plus haut niveau d’alerte suite à une catastrophe) et mis en place tous les systèmes pour limiter le nombre de morts et les pertes de revenus dans les zones affectées. Bien que les inondations se soient globalement stabilisées, et que l’alerte soit redescendue au niveau orange, il est clair qu’une aide d’urgence sera nécessaire, afin de permettre un retour à la normale pour les populations.
L’épidémie de choléra qui se répand progressivement dans tout le pays est également très préoccupante. Les chiffres officiels rapportent que, du 1er janvier au 20 mars, plus de 2880 personnes ont été touchées par la maladie, causant la mort de 41 personnes. A l’heure actuelle, 5 des 11 provinces du pays ont été sérieusement touchées par l’épidémie.
Vision du Monde Mozambique travaille sur place, en partenariat avec le gouvernement et les autres organisations humanitaires. Cependant, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l’action de Vision du Monde Mozambique, notamment dans les domaines de l’eau, des installations sanitaires et de l’agriculture.
Vision du monde continue également de mener des actions d’urgence dans les pays voisins, également dans le besoin (Lesotho, Swaziland, Zimbabwe).