Mékong : Vision du Monde dénonce le travail forcé des enfants
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10 juin 2011
Contrairement à certaines idées reçues, le travail forcé est la forme la plus répandue de trafic d’êtres humains. Dans la sous-région du Grand Mékong, on retrouve ce fléau dans les secteurs comme la pêche, l’industrie agro-alimentaire, et le travail à domicile. Vision du Monde dénonce ces pratiques à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants, le 12 juin 2011.
Dans son rapport intitulé « 10 Things You Need to Know About Labour Trafficking in the Greater Mekong Sub-Region », Vision du Monde indique que pour mille habitants du Mékong, 3 sont victimes d’exploitation au travail. Lorsqu’une personne est victime de l’exploitation sexuelle, 9 sont victimes d’exploitation au travail.
En effet, comme le précise le rapport :
« le travail forcé n’est généralement pas considéré comme un crime aussi important que l’exploitation sexuelle, il y a donc un important sentiment d’impunité des bourreaux. Les victimes du trafic d’êtres humains sur le marché du travail ne sont pas souvent identifiées comme telles, au contraire, elles sont arrêtées et expulsées du pays où l’exploitation a eu lieu. C’est pourquoi la majorité des victimes n’ont pas accès à de l’aide ni à la justice, et que les coupables peuvent continuer à exploiter d’autres personnes ».
Khin, 14 ans, a travaillé pendant 14 mois dans une boutique de vêtements à Ho Chi Minh et témoigne de son expérience.
« Lorsque je travaillais, c’était comme être en prison. Je ne pouvais pas sortir et je n’avais pas d’argent. Les employeurs me forçaient à travailler beaucoup, presque 14 heures par jour » a-t’il déclaré. Malheureusement, l’histoire de Khin n’est pas unique et est commune à de nombreuses filles et garçons, hommes et femmes dans toute la sous-région du Grand Mékong.
Abid Gulzar, responsable du programme de lutte contre le trafic d’êtres humains pour la région de la sous-région du Grand Mékong à Vision du Monde International, et qui a contribué à la rédaction du rapport, déclare :
« les gouvernements commencent progressivement à se saisir de la question du travail forcé, mais soyons lucides, nous sommes au XXIème siècle et l’esclavage et l’exploitation, peu importe la forme qu’ils prennent, devraient avoir disparus. Beaucoup d’entre nous par exemple mangent des poissons et des crevettes qui ont été pêchés par des victimes du travail forcé ».
Le rapport de Vision du Monde International présente aussi une liste de recommandations pour lutter contre le trafic d’êtres humains. Il invite notamment à responsabiliser les entreprises sur les conditions de recrutement et de travail de leurs salariés tout au long de la chaîne de production. Il insiste sur la nécessité pour les gouvernements de mettre en place une vraie politique de lutte contre l’exploitation, en réglementant notamment le marché du travail avec contrôles et sanctions, et en mettant en place des campagnes de prévention à l’attention des travailleurs étrangers.
Télécharger le rapport (en anglais).