Journée Mondiale de la Santé



7 avril 2010

8,8 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année. Plus de 6 millions d’entre eux pourraient être facilement sauvés.

L’Objectif du millénaire visant à réduire la mortalité infantile de deux tiers d’ici 2015, accuse un retard important faute d’engagements forts et réels de la communauté internationale.

Du 26 au 28 avril, les ministres des affaires étrangères du G8 vont se réunir pour discuter de la santé maternelle et infantile, en préparation du Sommet des chefs d’Etat. La santé des enfants ne peut plus attendre et il est impératif que les ministres conviennent d’un plan d’action.

La France qui a revu dernièrement ses engagements à la baisse doit relever ce défi.

Pourtant, les moyens de sauver ces enfants et ces mères sont simples et à portée de main.
17 enfants de moins de 5 ans meurent chaque minute de maladies qui, pour la quasi-totalité, pourraient être soignées à moindre coût.

Par exemple, toutes les 30 secondes, un enfant meurt du paludisme dans le monde alors qu’il suffirait d’une moustiquaire à 7 € pour le protéger.

La diarrhée, une maladie si facilement soignable en France, tue quant à elle 1,5 million d’enfants tous les ans et est la 2ème cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans le monde.

Un pays très pauvre comme le Malawi a pourtant réussi à faire rapidement chuter de deux tiers la mortalité infantile, en mettant en place un Plan national pour la santé et en misant sur des interventions préventives efficaces comme la distribution de moustiquaires et la vaccination contre la rougeole.

8,8 millions d’enfants meurent chaque année, et les dirigeants du G8 n’ont toujours pas de plan d’action pour répondre à cette urgence.
En 2000, la communauté internationale s’est engagée à réduire les taux de mortalité maternelle et infantile respectivement de trois quarts et de deux tiers en quinze ans. Mais aucun de ces objectifs ne sera atteint d’ici la date butoir, en 2015, à moins que des pays donateurs, comme la France, ne reprennent ce dossier en main.

L’an dernier en Italie, les dirigeants des pays du G8 ont convenu que la mortalité materno-infantile était un des problèmes de santé mondiale les plus urgents, mais ont échoué dans la définition d’un plan d’action pour s’y attaquer.

En 2010, la santé de la mère et de l’enfant a été identifiée comme une des priorités à l’ordre du jour du Sommet des chefs d’Etat du G8 de juin prochain. Enfin un sursaut de la communauté internationale ?

Tout se jouera au Canada lors de la rencontre des ministres des affaires étrangères du G8 entre le 26 et le 28 avril.
La France revoit ses engagements à la baisse au moment où il faudrait redoubler d’efforts. Monsieur Bernard Kouchner doit impérativement définir un plan d’action avec ses homologues.

L’aide publique au développement accordée France ne priorise ni la santé, ni les pays les plus pauvres. Elle ne consacre ainsi qu’un dixième de son aide au secteur de la santé, tout en n’accordant qu’une place très limitée au renforcement des systèmes de santé et aux approches préventives, pourtant moins coûteuses et plus pérennes que les approches réactives.

Le sommet du G8 qui se déroulera au Canada en juin, sera précédé par une rencontre des ministres des affaires étrangères du G8 du 26 au 28 avril à Halifax, au Canada.

Cette rencontre est déterminante. Elle représente une des dernières occasions de définir un plan d’action avec des engagements fermes et un calendrier qui puisse être validé par leurs chefs d’Etat et de Gouvernement en juin.