John Kisimir de Vision du Monde Haïti témoigne.


26 mars 2010

"A mon arrivée au camp de déplacés du Terrain d’Enaf, je passe devant un groupe d’enfants, jouant avec de l’eau sale.

Un grand homme se tient debout à l’entrée d’une tente, suant, tentant d’obtenir un souffle d’air frais. 4 femmes sont assises à l’extérieur, profitant du peu d’ombre que la tente leur faisait.

L’homme, Wilner, me fait un signe de la main. Il n’est que 9h du matin, mais le soleil tape déjà. Ce sera une journée très chaude.

Il me souhaite la bienvenue dans ce qu’il appelle maintenant sa maison : une tente, parmi des milliers d’autres tentes dans ce camps de déplacés. Il m’invite à m’asseoir. Quelques couvertures sont proprement pliées dans un coin. Il n’y a pas de matelas, et très peu de vêtements. Un seau bleu dans un autre coin, mai sans eau à l’intérieur. La chaleur est grimpante, il n’y a aucun air frais.

Le téléphone portable de Wilner sonne. C’est le responsable du camp qui fait passer un message. Le camion-citerne est tombé en panne sur le chemin du camp. La déception se lit sur son visage et celui des femmes, à l’extérieur.

Le camion-citerne de Vision du Monde livre de l’eau chaque matin et la dépose dans une citerne, où les habitants se la partage. La nouvelle d’une panne n’est pas une bonne nouvelle dans une ville où tant de personnes sont dans le besoin. Les chances d’obtenir de l’eau sont maigres. La journée sera dure.

«Nous ne sommes pas de la même famille, mais nous avons été réunis par cette tragédie» explique Wilner, en parlant des femmes qui vivent avec lui. Les femmes parlent doucement de la situation à propos de l’eau. Elles doivent maintenant de trouver une solution pour obtenir de l’eau, ou au moins pour en boire.

Je demande à Wilner comment il s’est retrouvé ici. « J’avais une maison et un magasin que je tenais sur la route de Delmas » raconte-t-il. « Il n’y a plus rien maintenant. Il ne reste plus qu’un tas de pierre.»

Il regarde tout autour de lui. Ses yeux s’arrêtent sur le seau vide, dans le coin de la tente.

«Je ne peux même pas boire de l’eau quand j’en ai besoin. Il y a quelques semaines, j’avais de l’eau quand je voulais, nuit et jour » dit-il.

Il est midi, l’heure du déjeuner. Les femmes sont parties déjeuner dans l’ère commune. Wilner, lui, n’a pas faim.

Soudain, 4 enfants arrivent en trombe et entourent Wilner, le poussant, lui grimpant dessus cherchant son attention.

















« Mes petits enfants » annonce-t-il.

La plus âgée, Régina, 6 ans, est l’une des petites filles que j’ai vu jouer avec de l’eau sale un plus tôt dans la journée. « Nous avons creusé sous les débris deux heures pour la sauver » dit-il, tenant la petite de 2 ans, Erline dans ses bras. Comme beaucoup d’autres enfants, les cicatrices d’Erline sont encore visibles.

Régina, elle, a survécu au séisme parce qu’elle était sur le chemin de l’école.

















« Je ne suis pas en bonne santé mais je dois faire la queue chaque matin pour obtenir de l’eau potable. Les enfants ne supportent pas la soif.» explique maintenant Wilner

Je donne aux enfants le peu d’eau que j’avais avec moi."

Vision du Monde améliore les conditions de vie au sein des camps

 
La santé des enfants est une priorité pour Vision du Monde. Les volontaires de Vision du Monde Haïti rendent visite aux familles pour leur apprendre les bonnes pratiques d’hygiène et vérifier s’il y a des enfants malades, qui auraient besoin de soins médicaux.

















Vision du monde a également installé des toilettes et des douches dans plusieurs camps.

De plus, les cliniques mobiles de Vision du Monde permettent de soigner les enfants malades, de contrôler leur croissance et les signes de malnutrition, tandis que les nouvelles mères peuvent demander une tente supplémentaire pour s’occuper de leur bébé, loin du monde.

« Vision du Monde fait beaucoup de chose pour rendre la situation supportable dans les camps. La vie va s’améliorer et j’espère que nous rentrerons tous chez nous » affirme un autre habitant du camp, Ignance Belange.

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