Questions-Réponses sur le logement en Haïti
23 mars 2010
Combien de personnes sont encore sans-abri suite au séisme de janvier dernier?
Il y a eu des mouvements massifs de population et de nombreux déplacements après le séisme. Encore aujourd’hui, de nouveaux campements s’établissent et d’autres disparaissent. On estime cependant qu’1,3 million de personnes seraient sans-abris. Le gouvernement, en partenariat avec les Nations Unies et les ONG, a déjà répertorié plus de 600 000 personnes dans 420 camps différents autour de la capitale, Port-au-Prince. De même, de nombreuses personnes vivent sur des petits terrains privés, non loin des ruines de leur maison. La plupart d’entre eux vivent sous des bâches ou des tentes, tandis que d’autres ont trouvé du matériel pour se reconstruire un toit. D’autres encore continuent de vivre chez leurs amis ou dans leur famille.
Quelle est la situation dans les camps?
Certains camps sont peuplés de quelques familles, d’autres de plus de 500.
Lorsque ces camps ont été établis, il n’y avait aucune infrastructure. Les distributions de tentes, de bâches, de kits de cuisine et de couvertures ont été aussi importantes que les distributions alimentaires. Cependant, ces camps sont surpeuplés et les installations sanitaires restent une préoccupation majeure. Ainsi que l’éducation : la réouverture des écoles prendra beaucoup de temps, la plupart des enfants n’y retourneront probablement pas avant septembre.
Il y a également des risques pour la santé des personnes déplacées, vivant dans ces logements précaires. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux maladies respiratoires, à la toux et à la fièvre.
Quelle aide a été apportée?
De nombreuses ONG travaillent ensemble sur les distributions ainsi que sur d’autres interventions. Vision du Monde a apporté des objets essentiels pour contribuer à l’aide d’urgence, comme des couvertures, des moustiquaires, des kits de cuisine, des tentes et des bâches. Vision du Monde a également pris en charge la construction de citernes d’eau, de latrines et de cliniques mobiles dans 127 camps, afin de rendre la vie plus supportable.
De plus, puisque les mères n’ont nulle part ailleurs où aller, des enfants naissent chaque jour dans ces camps. Vision du Monde distribue des kits de naissance aux femmes enceintes, contenant des bâches, des gants et des lames stériles, afin d’améliorer les conditions sanitaires des accouchements.
Vision du Monde distribue également des kits d’hygiène, des couches et offre des centres où les mères peuvent venir se reposer avec leur bébé.
A long terme, les distributions ne sont pas l’objectif de Vision du Monde. Dès que possible, des projets agricoles seront mis en place, ainsi que des activités génératrices de revenus, afin d’aider les familles à subvenir elles-mêmes à leurs besoins.
Que peut-on dire à propos de la sécurité dans les camps ?
Une étude récente menée par Vision du Monde Haïti a montré que les familles s’inquiétaient pour leur sécurité dans les camps. C’est une raison supplémentaire pour trouver rapidement des solutions de relogement pour toutes les personnes déplacées.
En matière de protection, Vision du Monde fait des enfants une priorité. Pour l’instant, et jusqu’à ce que l’école reprenne, Vision du Monde offre des centres pour les enfants, où ils peuvent jouer et apprendre en sécurité tous les jours.
Les constructions respectent des normes de sécurité. Ainsi, lorsque des latrines sont construites, des murs sont également construits pour protéger l’intimité des habitants du camp, et des lumières sont installées pour qu’une utilisation de nuit soit possible, en toute sécurité.
Avez-vous encore besoin d’aide ?
Oui, en particulier pour permettre des distributions supplémentaires de tentes et les bâches, ainsi que pour reconstruire les bâtiments et obtenir du matériel de construction.
Qu’en est-il de l’aide alimentaire?
Vision du monde est le premier partenaire du Programme Alimentaire Mondial à Haïti et a permis de distribuer de la nourriture à plus d’1,1 million de personnes. Bien que les distributions générales soient amenées à diminuer progressivement, nous allons continuer à soutenir les familles les plus vulnérables, en leur apportant la nourriture dont elles ont besoin pour garder leurs enfants en bonne santé, jusqu’à ce qu’elles aient retrouvé de quoi subvenir à leurs besoins elles-mêmes.
Pourquoi rien de plus n’a été fait ?
Beaucoup de choses ont déjà été faites. Le gouvernement haïtien et la communauté internationale ont pour objectif de reloger l’ensemble des déplacés avant la saison des pluies, soit d’ici le 1er mai. Reloger plus d’un million de personnes n’est pas chose aisée, mais le relogement est mis en place.
L’ampleur du séisme a laissé d’énormes défis à un gouvernement qui souffre déjà de nombreuses victimes parmi son personnel. Chaque départ de camp devra se faire pour un logement meilleur. 200 000 structures sont encore en attente d’évaluation des risques, avant que les gens ne puissent y retourner. Des centaines d’hectares doivent être déblayés et nettoyés avant la reconstruction.
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