Des solutions durables pour lutter contre la sécheresse

15 septembre 2011


Ces dernières années, la sécheresse est devenue un phénomène récurrent dans la Corne de l’Afrique, et plus particulièrement au Kenya. Il est donc impératif de mettre en place des politiques de gestion des sécheresses, bien suivies et coordonnées entre les différents acteurs locaux.
L’absence d’un tel dispositif rendrait les populations incapables de répondre aux alertes-sécheresse et freinerait le développement de projets sur le long terme.

Les 8 et 9 septembre dernier, lors d’une conférence de presse à Nairobi sur la lutte contre les effets des sécheresses à répétition, Vision du Monde s’est associée à Oxfam, ActionAid et CEMIRIDE, pour inciter les décideurs à agir.
Vision du Monde appelle donc les gouvernements concernés à prendre leurs responsabilités en assurant un accès pour tous à l’alimentation ainsi qu’à l’eau potable. Une responsabilité majeure jusqu’à présent assurée par les donateurs, les organisations humanitaires et les entreprises africaines privées.

Aujourd’hui, face au changement climatique, il est grand temps de mettre en place des solutions durables pour en finir avec les conséquences dramatiques de la sécheresse sur les familles.

Les propositions de Vision du Monde



Pour enrayer ce phénomène, Vision du Monde préconise :
- une évolution des politiques de développement,
- un travail de prévention, de formation et de sensibilisation auprès des populations,
- la mise en place de nouvelles pratiques agricoles.


En effet, les choix budgétaires sont inadaptés, freinant considérablement le développement des pays de la Corne de l’Afrique. La situation des éleveurs vivant dans les régions les plus arides n’est pas suffisamment prise en compte.
Au Kenya par exemple, ces éleveurs génèrent 12% du PIB, représentent 50% de la main d’œuvre agricole et nourrissent 15% de la population. Or, seulement 1% du budget national leur est dédié. Par ailleurs, dans les régions isolées, on compte seulement 10% des vétérinaires alors qu’elles accueillent 75% des élevages.
Les gouvernements doivent mieux cibler leurs efforts.
Il est également nécessaire de soutenir des projets sociaux de type « food for work » (travail rémunéré en vivres) ou « food for assets » (travail en échange de biens) pour que les familles soient moins vulnérables face aux chocs économiques et aux catastrophes naturelles chroniques.

La sensibilisation des populations compte aussi parmi la série des mesures importantes.
En effet, la sécheresse est un phénomène assez lent qu’il est possible d’anticiper. La création d’un comité de gestion des sécheresses, avec des fonds d’urgence dédiés, permettra d’encadrer les familles et de donner suite aux alertes en mettant en place les mesures nécessaires. Il convient également d’intégrer à ce volet de sensibilisation la formation des communautés à la gestion des sécheresses et des moyens de préserver leur environnement, et cela, en collaboration avec les partenaires locaux.

Enfin, la mise en place de nouvelles pratiques agricoles constitue l’ultime étape de la lutte durable contre la sécheresse. Le développement de cultures résistantes aux conditions climatiques difficiles, la réduction de la dépendance aux eaux de pluie grâce à des systèmes d’irrigation, l’augmentation et la diversification des ressources alimentaires peuvent être cités comme des solutions pérennes et peu coûteuses.

Il est temps d'agir !



La sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique souligne la gravité de la situation en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’enjeu ne se limite pas à la distribution de l’aide humanitaire d’urgence aux familles, mais il s’agit surtout de renforcer leurs capacités de résistance aux sécheresses.

Vision du Monde plaide pour que les responsables politiques s’investissent réellement dans des politiques adaptées qui permettront aux communautés d’assurer leur sécurité alimentaire et de ne plus souffrir de la faim.

En savoir plus sur la mobilisation de Vision du Monde contre l'insécurité alimentaire, à l'approche du G20.