Chili

Logements temporaires

Cinq mois après, les habitants sont toujours dans des logements de transition.



5 août 2010

Le tremblement de terre d’une amplitude de 8,8 sur l’échelle de Richter, qui a secoué le sud du Chili le 28 février dernier, a laissé de nombreuses maisons endommagées et inhabitables comme Lota et sa ville voisine Coronel. Le tsunami qui lui succéda n’a fait qu’aggraver la situation en dévastant des pans entiers de villes côtières telles que Dichato. On estime à 200 000 familles vivant actuellement dans des logements de transition.

Des abris de fortune



A la suite du séisme, près de 80 familles de la ville de Lota vivent actuellement dans des logements de transition. Et cette situation perdure, puisque certaines d’entre-elles y vivent depuis quatre mois. Le besoin reste toujours très important malgré l’installation de 400 abris provisoires à Lota et 100 autres à Coronel par Vision du Monde.

Pour faciliter l'installation des abris provisoires, Vision du Monde a fait appel à la solidarité des habitants de la communauté pour construire des abris à plusieurs centaines de famille.

Une précarité grandissante



« Environ 50 personnes viennent, chaque jour, mettre leur nom sur la liste des logements de transition. Beaucoup de personnes ont encore besoin d’un logement de transition, mais en ce moment nous ne pouvons faire autrement. Nous avons distribué tous les abris que nous possédions déjà. C’est vraiment très difficile.», déclare Patricia Rubilar, membre de l’équipe de Vision du Monde à Lota.

Les habitants se sont bien organisés. Ils ont agencé les campements en laissant un espace pour des allées et d’éventuels abris de transition supplémentaires. Cependant, « il n'y a pas d'eau potable dans les camps et aucun systèmes de chauffage. Certaines familles ont mis en place des cuisinières chauffées au bois dans les abris de transition pour lutter contre le froid, mais cela crée un risque d'incendie important, les problèmes de ventilation et de maladies respiratoires », a déclaré Alejandra, une habitante du campement.

Des conditions de vie difficiles



«Nos plus grandes difficultés sont le manque d'eau propre. N'ayant pas assez d'eau ou de façons limitées, on ne sait jamais quand la ville va nous en apporter. Parfois, nous ne pouvons même pas cuisiner ou nous laver » témoigne Victor, père de trois enfants, qui, avec deux constructeurs, achevait la construction d’un logement de transition pour sa famille à l’aide de Vision du Monde.

Le temps humide et froid a détérioré la qualité de vie des habitants. Les habitants, contraints de vivre dans les camps, font face à des températures glaciales. Les pluies entravent la construction de nouveaux logements de transition. Les passerelles se sont transformées en boue et les chemins deviennent très rapidement glissants, empêchant ainsi les équipes de poursuivre les travaux. Les abris provisoires distribués par Vision du Monde présentent une meilleure isolation que les autres, protégeant mieux du froid et de la pluie.

Des mesures hygiéniques urgentes



Il reste très difficile pour les sinistrés de s'adapter à leurs nouvelles conditions de vie. La plupart des abris provisoires n'ont ni eau courante ni électricité, et les toilettes portatives limitent la dégradation de l’hygiène dans les campements. Pour y remédier, Vision du Monde travaille en partenariat avec d’autres organisations afin de fournir de manière permanente de l’électricité et des salles de bains et douches publiques présentant des normes plus hygiéniques que les toilettes portatives.

Vision du Monde travaille activement sur les problèmes d'hygiène en donnant une formation aux familles afin d’adapter leurs habitudes aux nouvelles conditions de vie sur le camp, et notamment par la distribution de 12 000 kits d’hygiène. Ces mesures permettent de limiter la propagation de maladies liées à l’insalubrité.

L’appui de Vision du Monde en Chili a été rendu possible grâce au soutien de sponsors et des dons spéciaux. Mais, il est évident qu'il reste encore beaucoup de travail à faire.