Hold-up au G20 : la crise de l’euro au détriment de la faim dans le monde



Lors de la conférence de presse finale du G20 à Cannes, le Président Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il comprenait la déception des ONG. Une compréhension toute relative du fait des attentes de la société civile au vu de l’agenda initial de la présidence française. L’agenda du G20 a essentiellement porté sur les questions du sauvetage de la zone euro et de la résolution de la dette grecque. Nous sommes loin de l’ambition annoncée d’un nouveau monde, et de nouvelles idées.

Un agenda pris en otage


Les turbulences financières de l’Europe ont de nouveau réduit l’agenda développement qui se voulait ambitieux. Saluons tout de même la volonté politique de Nicolas Sarkozy d’encourager la mise en place de financements innovants alloués pour partie à l’Aide publique au développement (APD), notamment la taxation sur les transactions financières (FTT). Il est cependant regrettable que ce projet n’ait pas trouvé un consentement général parmi les pays membres.

La voix sourde du G20 sur la Corne de l’Afrique

Si le communiqué final fait mention de la famine dans la Corne de L’Afrique, les engagements pour lutter contre la faim qui touche chaque jour près 200 millions d’enfants dans le monde restent faibles. Pourtant la faim n’est pas une fatalité et des crises comme celle de l’Afrique de l’Est pourraient être évitées si les pays du G20 soutenaient la mise en place de mesures concrètes pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

Rappeler à nos dirigeants leurs engagements

Si certains progrès ont été réalisés en matière de sécurité alimentaire, des mesures urgentes restent à prendre. Tout d’abord, les pays du G20 doivent respecter leurs engagements financiers : seul un quart des 22 milliards de $US qu’ils se sont engagés à allouer à la sécurité alimentaire au sommet de l’Aquila ont été versés à ce jour.

De même, si la création de l’AMIS et du Forum de Réponse rapide permettent de mieux prévenir les crises alimentaires actuelles, aucune légitimité de décision n’a été conférée à ces instances, ce qui réduit considérablement leur capacité à apporter une réponse préventive efficace.

Les pays qui composent le G20 représentent environ 2/3 de la population mondiale et plus de 80% de son activité économique. Ils représentent également 44% des enfants touchés par la malnutrition et 31% des décès infantiles de moins de 5 ans. Nous regrettons que la tragédie de la faim ne semble pas avoir attiré l’attention des dirigeants du G20.

Pour en savoir plus, téléchargez le communiqué