La situation au Liban
Le Liban en chiffres
- Taux de mortalité infantile : 21,82/1000
- Espérance de vie : 70 ans pour les hommes, 75 ans pour les femmes
- Croissance en 2008 : 1,03% (4% en 2006)
- PNB (2008) : 21.38 milliards de $
- PNB/ hbt : 5 690$
- Système économique : laissez-faire commercial et économie de marché
- Dette publique : 160% du PIB (la moitié des recettes budgétaires de l'Etat sont consacrées à son remboursement)
- Principale activité commerciale : les services (dont la banque et le tourisme)
Géographie, Démographie, Société
Le Liban partage ses frontières à l'Est et au Nord avec la Syrie, au Sud avec Israël ; la façade occidentale longe la Méditerranée. Constitué à partir d'un bastion montagneux,
riche en eau, trait d'union entre l'hinterland arabe et l'Occident euro-méditerranéen, le Liban bénéficie d'un positionnement enviable, qui lui vaut des retombées sur les plans économique, culturel et diplomatique.
Le pays compte près de 5 millions d'habitants en avril 2008, dont 1,5 million vivent dans la capitale, Beyrouth. La langue officielle est l'arabe ; la moitié de la population libanaise parle aussi le français. Arméniens et Kurdes sont les deux minorités ethnolinguistiques.
La société libanaise est pluriconfessionnelle :
plus de 17 communautés religieuses coexistent. Les principaux groupes religieux sont chrétiens (catholiques, orthodoxes...) et musulmans (plus de 60% de la population, répartis entre chiites, sunnites, druzes, alaouites...). On compte en outre, en 2007, plus de 300 000 réfugiés et demandeurs d'asile (World Refugee Survey 2008), dont 270 000 Palestiniens (issus des populations fuyant Israël en 1948) et 50 000 Irakiens (fuyant les violences de leur pays depuis 2004).
Régime politique et Politique extérieure
Le Liban est une démocratie parlementaire, reflétant les clivages confessionnels et le poids des "grandes familles". Le Liban dans sa configuration géographique et son système politique actuels résulte du
Mandat français, instauré au lendemain de la 1e Guerre Mondiale. La République est instituée en 1924.
L'indépendance est proclamée le 22 novembre 1943.
La politique extérieure découle de la situation géographique du Liban, de la composition de sa population et de sa confiance dans le libre-échange ; exposé à l'influence de la Syrie, le Liban ne reconnaît pas l'existence d'Israël à l'image de la plupart des Etats arabes.
La
diaspora libanaise est très présente, sur les cinq continents : 10 à 15 millions de personnes d'origine libanaise vivent ainsi en dehors des frontières du Liban.
Le Liban dans l'Histoire
Malheureusement, la stabilité du Liban a été mise à l'épreuve de nombreuses fois par le passé. Dans l'histoire récente, le Liban a subi une montée de tensions politiques et religieuses à la fin des années 50 (crise libanaise de 1958) qui a servi de base à la
guerre civile de 1975-1990. Un autre élément déclencheur de la guerre civile libanaise a été ce que certains appellent le « problème palestinien ». A la fin des années 60, des problèmes de corruption au sein de la vie politique libanaise, ajoutés à des désaccords de fond sur des thèmes de politique extérieure et de traitement de la résistance palestinienne ont fait grimpé la tension, déjà intense, et ont radicalisé certains groupes militants. Deux clans se forment alors : les pro-arabes, composés essentiellement de palestiniens, et les libanistes.
Dans le même temps, les
camps de réfugiés palestiniens, installés à la frontière libanaise avec Israël, forment des combattants. La Guerre des Six Jours et l'occupation par Israël de la Cisjordanie et de Gaza en 1967 exacerbent les revendications palestiniennes. La répression jordanienne contre les Feyadins en septembre 1970 (« Septembre Noir ») achève d'enliser la cause palestinienne. L'armée libanaise tente en 1969 de reprendre le contrôle des camps mais ses efforts s'avèrent trop faibles. Un accord est alors signé avec Yasser Arafat, le leader de la résistance palestinienne, qui consacre l'extraterritorialité de ces camps. Cette décision, secrète, va à l'encontre des principes de souveraineté et transforme le Liban en marionnette des pays arabes alentours. Les Palestiniens créent dès lors un véritable Etat dans l'Etat. En réaction, Israël lance des attaques dans le Sud du Liban allant même jusqu'à viser Beyrouth : la population libanaise subit cette violence de plein fouet.
La guerre civile proprement dite s'enclenche en avril 1975 après des massacres entre chrétiens et musulmans palestiniens à l'intérieur même du territoire libanais. La capitale est divisée le long de la fameuse ligne verte qui séparait le Beyrouth musulman du Beyrouth chrétien. Cet
Etat de fait dura pendant les 17 années qui suivirent. La Syrie s'impliqua dans le conflit pour repartager les terres libanaises, car elle n'avait jamais accepté que le Liban soit considéré comme un Etat à part entière. La France et les Etats-Unis tentèrent plusieurs fois d'empêcher les batailles OLP/Tsahal, et les forces armées de l'ONU, le FINUL, participèrent au conflit pour défendre la population civile. L'URSS, dans le contexte de Guerre Froide, tenta de prendre part à la guerre pour imposer certains de ses intérêts. De nombreux pays arabes, tel que l'Algérie, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, prirent part aux négociations de paix en 1989 et aboutirent à un cessez-le-feu,
l'Accord de Taif.
Les conséquences aujourd'hui
La guerre civile ravagea le pays entre 1975 et 1990. Heureusement, le Liban réussit à se reconstruire rapidement, faisant considérablement évoluer son Indice de développement humain en quelques années. Malgré cela, la dette publique est importante et les retombées sociales de la guerre civile sont immenses : revenu moyen faible, chômage, le déplacement de personnes tout au long du conflit qui aboutit à une squattérisation des lieux publics (hôpitaux, écoles, …).
En 2006, le niveau de stabilité du pays était relativement élevé et le nombre de touristes avait augmenté en flèche. Malheureusement, la
guerre Israélo-libanaise de juillet 2006 a réduit tous ces efforts à néant. Avec 1 191 morts, dont 30% d'enfants de moins de 12 ans, 974 184 déplacés et 200 000 réfugiés, ce conflit a ruiné la phase de reconstruction et de renouveau économique du Liban. Les dommages causés aux infrastructures sont énormes et l'économie a ralenti : la croissance de 2006 a d'ailleurs été nulle. Le coût de la guerre et de la reconstruction a endetté le pays à long terme.
Même si aujourd'hui le climat politique semble s'être un peu calmé, il subsiste encore de nombreux
déséquilibres, notamment économiques, entre chrétiens et musulmans, ces derniers représentant de la main d'œuvre pas chère pour les entrepreneurs libanais. Les inégalités sociales, nombreuses, présentent un double caractère régional et confessionnel. La communauté chiite est la plus pauvre, tandis que les orthodoxes représentent la majorité dans la part la plus riche de la population libanaise. Le Liban refuse la laïcité ce qui renforce certains
clivages communautaires, surtout que de nombreuses entreprises et administrations marchent au clientélisme.
Les institutions gouvernementales libanaises ont été affaiblies par les divisions politiques complexes et les problèmes de gouvernance. Les revenus sont très inégaux. Les groupes vulnérables de la population, tels que les réfugiés palestiniens, subissent un
taux de pauvreté élevé. Il y a
plus de 400 000 réfugiés palestiniens recensés au Liban, dont 215 000 vivent dans des camps.
Le
tourisme, une des sources financières les plus importantes pour le Liban est très sensible à l'instabilité politique. De même, l'investissement est limité par l'instabilité, la corruption et les complexités administratives du pays.
Le rétablissement du pays après la guerre civile a été largement financé par les
emprunts et le poids de la dette atteint presque 200% du GDP, faisant de la dette libanaise une des plus élevées dans le monde. Le service de la dette a couté près de 40% des dépenses publiques entre 2001 et 2005. La communauté internationale a apporté une
assistance humanitaire massive, ainsi qu'une aide pour la reconstruction économique du Liban, à hauteur de 940 millions de $.
La situation humanitaire
Depuis le cessez-le-feu plusieurs fois violé par l'aviation israélienne, la reprise des attentats et des assassinats politiques, les affrontements entre armée libanaise et milices islamistes installées dans le camp de réfugiés palestiniens témoignent toujours de l'entremêlement des situations humanitaires et politique.
La
situation politique reste précaire du fait des tensions interconfessionnelles sans cesse renouvelées dans et en dehors du jeu démocratique.
L'accès humanitaire avait été restreint voire nul à certains moments du conflit de 2006 au Sud Liban. Encore aujourd'hui, la
situation humanitaire est complexe et préoccupante et le HCR (Haut Comité aux Réfugiés), Amnesty International et le CICR (Comité International de la Croix Rouge) ont demandé à plusieurs reprises aux milices palestiniennes et israéliennes de laisser le personnel humanitaire faire son travail d'aide aux réfugiés (appel du CICR en juillet 2008). Les règles humanitaires peinent souvent à être respectées et certains réfugiés souffrent de la précarité de leur situation.